CHAPITRE VIT
© VIe Pror. Que V'Être qui existe par Us-nième doit é être infini et présent PUR
L'idée de 'infinité ç ou de limmensité, aussi bien que celle de l'éternité, est si étroitement liée avec l’idée de l'existence par soi-même, que qui pose l’une pose nécessairement l’autre ;. car puisqu'il est absolument nécessaire qu’il y ait un infini indépendamment et par lui-même (et peut-il y en
avoir d'autre, à moins qu’on ne suppose un effet plus par-
fait que sa cause ?), puisque, dis-je, il doit y avoir un tel
-infini, il s’ensuit qu’il faut nécessairement qu’il existe par lui-même, et sil existe naturellement par lui-même, il
faut ‘réciproquement qu’il soit infini. J'ai déjà fait voir qu’exister par soi-même, c’est éxister.en vertu d’une néces-
«concevoir l’immensité de Dieu comme un point, que de n’imaginer « Son éternité, comme un instant.— Conçoive qui pourra, comment des « choses qu’on. doit nécessairement supposer Coexistantes à d’autres, qui « se succèdent, peuvent exister sans succession. ( Voyez les Sermons de « l’archevéque Tillotson, vol. VII, Serm. XIII. )
« Dieu, disent quelques autres, voit et connaît les choses futures, par « la présentialité et la coexistence de toutes choses dans l'éternité; car, «disent-ils, les choses futures existent réellement. à l’égard de Dieu et « lui sont actuellement présentes, non pas à la vérité ir mensura propria, « mais in mensura aliena. Vous trouverez à chaque pas des exemples « de ce jargon et de ces phrases impertinentes dans les livres des scolas- « tiques. Je ne leur envie point l’intelligence de ces termes. Dans mon « idée ce sont des mots qui ne signifient rien, inventés par des gens « remplis d’une trop hauté opinion d'eux-mêmes ; et répétés dans la suite « par un grand nombre d’autres qui, de peur de passer pour ignorants, « ont fait semblant de les entendre. Ce qui me paraît le plus admirable, « c’est qu'après s’être donné à eux-mêmes bien de la peine pour inventer « ces grands mots, et avoir mis les autres à la gène pour les entendre, ils «aient eu l’ impudence de donner à ce jargon le beau nom S'xpReAEn «des-choses. » Tillotson, vol, VI, Serm, VI. %