‹ Œuvres philosophiques de Samuel ClarkeChapitre 94 sur 154 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

vue, mérite que tous les déistes qui se piquent de réfléchir, de raisonner, d'agir conséquemment, et d’une manière qui réponde à leurs principes, sé rangent sous sa discipline et l'embrassent, puisque le moins qu’on en puisse dire, c’est qu’elle est le plus beau système de morale, la meilleure secte de philosophie qui ait jamais paru dans le monde, et qu’elle est tout à fait probable en elle-même, indépendamment des témoignages externes qui prouvent son origine céleste.

XI. Que les motifs que la religion chrétienne emploie pour nous porter à la pratique de ces devoirs, sont tout à fait dignes de la sagesse infinie de Dieu, et répondent parfaitement bien aux espérances naturelles de l’homme.

XIT. Que la manière et les circonstances particulières avec lesquelles la religion chrétienne enseigne ces devoirs et propose ces motifs, s'accordent exactement avec les lumières de la onion et avec celles de la pure nature ; et qu’elles servent même à perfectionner ces lumières.

XIIL. Que toutes les doctrines que la religion chrétienne, considérée dans la pureté et la simplicité de son origine, nous ordonne de croire et qu’elle nous propose, ou comme des doctrines entièrement nécessaires au salut, ou comme ayant une liaison intime avec celles qui sont nécessaires; que ces doctrines, dis-je (dont quelques-unes ne nous sont connues que par la révélation, quoique la raison acquiesce sans peine à la révélation qui en est faite), ont toutes, pour but principal, de réformer le genre humain, influent puissamment sur la correction des mœurs, et composent ensemble un système de foi infiniment plus suivi et plus raisonnable que tout ce que les philosophes anciens les plus sensés et les incrédules ivodernes les plus fins, ont jamais pu inventer avec toute leur subtilité et toute leur science.

XIV. Que cette révélation, en faveur de laquelle les lumières de la droite raison se déclarent hautement, et dont la beauté et l'excellence intérieure est telle qu’elle se concilie l'amour et le respect de toutes les personnes raisonna-

bles qui agissent par un principe de conscience : que cette révélation, dis-je, est appuyée, outre cela, sur un grand nombre de signes et de miracles incontestables, que celui qui en est l’auteur, a faits en public pour confirmer la divinité de sa mission ; sur l’accomplissement exact et des prophéties anciennes qui l’avaient annoncé, et de celles par’ lesquelles il a lui-même prédit les événements qui devaient arriver après lui; et sur le témoignage de ses sectateurs, témoignage le plus croyable dans toutes ses circonstances, le plus certain, et le plus convaincant qui-ait jamais été rendu à aucun fait dans le monde. Toutes choses qui prouvent directement et positivement, que la religion chrétienne vient immédiatement de Dieu lui-même.

XV. Que ceux, que les preuves mises en avant, pour établir la vérité et la certitude de la religion chrétienne, ne sont pas capables de convaincre et de porter à mener une vie régulière, sont des gens que rien ne peut toucher, et qui ne changeraient pas de conduite, quand bien même un mort sortirait du tombeau pour travailler à leur conversion.

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