PREMIÈRE PARTIE. XXXVij
peut rien ajouter à Tatt^întion que \ous a\ez, vuus et le R. P. Lelongy pour rendre notre ouvrage le plus accompli qui se puisse. Ce que vous m*envoyoz sur la grande aflairc do la Chine n'y sera pas inutile, quoique je sois bien résolu do ne pas trop m'étendre là-dessus. Mais , vous le savez, on no peut guère parler juste sur une affaire sans en avoir exactement lu le pour et le contre. D^ailleurs, jo suis bien aiso do faire entrer dans notre histoire tous les grands cvéncmenta qui peuvent y avoir quelque rapport ; sans cela , les faits no seraient pas assez intéressants. C*est pourquoi je commenco par exposer Tétat où se trouvait lu philosophie de M. Descartes , qui a changé la face de la république des lettres , lorsque le P. Malebranche parut dans le monde. Je parle du jansénisme, du thomisme et du molinisme, à Toccasion de la dispute av«c M. Arnauld. Les contestations du quiétisme y entrent ensuite naturellement. J'ai cru que rafîaire de la Chine y devait aussi avoir sa place ; vous en voyez sans douto la raison. Non pas que j'aie dessein de parler à fond des cérémonies chinoises , ce serait un pur écart ; mais je ne puis me dispenser, ce me semble , d'en dire un mot en ])assant , pour m' arrêter un peu plus au système des Chinois sur la divinité , aux divers noms qu'ils y donnent , etc. ; car il me parait que, sans cela, il n'est pas possible de bien entendre ni l'entretien du P. Malebranche avec le philosophe chinois, ni sa dispute avec les journalistes de Trévoux. En un mot , un historien ne saurait être trop habile ; surtout il doit être exact, non -seulement dans les faits, mais encore dans les termes dont il use pour les exprimer. Cette exactitude précise demande une science plus étendue qu'on ne pense. Au reste , si je viens à trop m'étendre , vous serez toujours les maîtres, vous et le P. Lelong, de me resserrer tant qu'il vous plaira. Je serai docile, car je connais votre bon goût. Celui de M. Saurin , que vous avez engagé à revoir la Vie du P. Malebranche lorsqu'elle sera en état, m'est aussi fort
connu »
mviij IKTRODUGTION.
AU MÊME. -Du 31 décembre 4748.
« Pour étrcDues , je vous dirai que je finis hier l'histoire de la première guerre du P. Malebranche contre nos journalistes au sujet de son Entretien d'un philosophe chrétien et (Tttn philosophe chinois. Après quelques entre-deux , nous viendrons bientôt à la seconde, excitée par le P. de Tournemine à Toccasion du livre de M. de Cambray sur Texistence de Dieu; mais, pour en parler exactement, j'aurais besoin do quelques éclaircissements sur les mémoires du P. Leiong. Voici sur quoi :
« 4**. Y a-t-il une préface à la première édition du livre de M. de Cambray * ?
« SI'. La préface de la seconde est-elle tout entière du P. de Toumémine? Elle contient, ce me semble , des choses trop fines et trop bien pensées pour lui , surtout au comnLon« cément *.
« 3®. Le P. de Tournemino y accuse-t-il véritablement et en propres termes le P. Malebranche de spinosisme *? Car je n'ai ni le livre , ni la préface , ni les journaux qui en parlent ; cela me serait néanmoins nécessaire ; ou du moins dea extraits fidèles.
« 4®. Qui étaient ces amis communs par qui le P. Maie-* branche voulut faire tenir sa lettre à M. de Cambray, et qui le refusèrent par la crainte de certaines gens?
« 5®. Qui est ce magistrat qui engagea M. le prince de Polignac de la faire tenir?
« 6**. A-t-on l'original de celte lettre ? ou ne pourraitK)n paft le ravoir de M. de Polignac, s'il existe encore? « 7®. Ne pourrait-on pas trouver la lettre que M. de Poli*
* Voyez plus haut, p. xbu
' Celle préface n'a jamais élé désavouée par le P* de TotUTDOmiae* Gt elle egl donnée sous son nom dans l'édition d'Amsterdam, do 1731. Elle uc coniicQt rien de si remarquable et qui soit au-dessui» du mé i rite du P. de Toumcminc.
' l^oQ, mois il parle légèrement des carlésictis et des malebrancliislci»