PREMIÈRE PARTIE. XXlIt
gnae ëeriTit «ir co 8ujot à M. de Oimbiny, ou du moinii la répoiffio de M, de Cambroy ù M. do lV)lj^nnc, dans laquollo il désapprouve la préfnco du P. do Tournomiito ; ou , en caA que tout cela soit iionlu, avoir uno atU*iitatlon en bonne forme de M. do Poli^noc que ces faits sont viVitablos?
« 8*. Ne pourrais-je juis avoir, on propres tonnes , la |H»tile réparation d'honneur que le P. N. fît au P. Malobrancho, wrfi de vive voix , ou par écrit , par le conseil , dit-on , du P. Letellier, ou par son ordn»?
« Je vous demande, Monsieur, là-dossus, tous les éclaircissements et toutes les certitudes possibles; car je ne veux rien dire dans notre histcire (jue de vrai , qui* de sur, que d'incontestable. Il faut aller, autant qu*il se pourra , au devant de toutes les critiques , et avoir en main de quoi se défendre en cas d'attaque. La grande lettre du P. Malebranclie à M. de Cambray, où il est parlé de mon affaire de Rouen •, me donnera occasion de dire bien d(s choses qui i>ourront ôter toute créance aux ennemis de la vérité ; car, à no vous tien disaimuler, je ne leur trouvo pas le sens commun |)ar rapport au P. Malebranclie. Ils avouent presque tous, les uns qu*il3 ne l'ont pas lu , les autres ((u'ils ne le comprennent pas , et c^)endant ils en parlent prcs<(ue tous œmnio dm papes. Assurément, c'est une insolence qu il faut répri-» mer »
AIT MtMn. — Du 46 février 4719.
« Je vous envoie, pour excuse de mon long silence, quatre petits cahiers que j'ai ajoutés à notre histoire. Vous ne sau* riez croire combien le dernier m'a coûU^ à faire, surtout l'article qui me regarde. J ai tûché de n'y rien dire que le puUic n'ait pu ou ne puisse apprendre par un autre canal que le mien. J'ai supprimé mon nom , ne le trouvant \}as digne d'un tel ouvrage. Vous l'exprimerez, si vous le jugez à propos. Je vais commencer l'affaire du P. Malebrancbe
« YOTéi plw N», «" partie.
Xl INTRODUCTION.
avec le P. de Tournemine au sujet du livre de l'existence de Dieu par M. de Gambray, doiiit je finirai le portrait à cette occasion. Je ferai usage tie tout ce que le P. Lelong m*a envoyé. Continuez, je vous prie, l'un et l'autre, à m'enrichir de vos découvertes; ne m'épargnez pas non plus vos critiques, ce sera le moyen de faire un bon ouvrage de l'essai d'histoire que vous avez »
AU MÊME. — 4i mars 47i9.
...... Je recommence demain l'endroit de notre histoire
qui regarde le livre de M. de Cambray. J'y trouve de quoi autoriser presque tout le système du P. Malebranche, surtout en philosophie; ce qui ne sera pas peu utile à la vérité ; car ce grand prélat, si fameux par son bel-esprit, me paraît ^voir une grande autorité , non-seulement chez nous, maiç dans le monde , quoi qu'en veuillent dire messieurs les jansé» nistes »
AU MÊME. — Du 3 mai Oi9v -
a Je profiterai soigneusement de tous les avis que vous me donnez sur notre histoire. Ne me les épargnez pas ; car il s'agit de faire , s'il est possible , un ouvrage accompli à la gloire de Dieu et de sa sainte vérité. N'ayez égard qu'à ses intérêts, sans penser à moi. Pour ce qui est d'une première édition de l'ouvrage en pays étranger, vous me permettrez de vous dire que cela n'est nullement à propos , et qu'il vaut mieux en retrancher sans façon tout ce que les approbateurs ou plutôt les censeurs de livres n'y trouveront pas à leur goût. Mais ne pourrait-on pas leur faire entendre raison sur les points dont il s'agit? Peut-on écrire la vie d'un auteur sans y faire entrer lé caractère de ceux qu'il a eu à combattre ? Et si ceux qu'il a eu à combattre sont gens à craindre par leur hardiesse à soupçonner les autres, surtout en matière de religion, à les décrier par toutes sortes de' voies, à les calomnier sans pudeur, n'est-il pas à propos, pour l'Église, de leur ôter toute créance par la simple narration des faits?
PBEMIÈRB PARTIE. xlj
Ç*a été mon d^sein, je l'avoue, non |)as pour offenser ni désobliger personne; j*aime, Dieu merci, tout le monde; mais pour faire aux hommes le bien que j'estime le plus grand , qui est de les garantir do la séduction et de la crédulité à la médisance. Je crois qu'il doit suffire que je ne dise que la pure vérité , que je ne dise simplement que ce qui (»st nécessaire, ou du moins que je supprime tout ce qui est inutile , tout ce que je puis taire sans (Hre infidèle. Car je puis vous assurer que je ne dis pas le quart de ce que je pouvais dire des jansénistes ou de leurs adversaires. Vous en savez tant, Monsieur, que vous n'aurez pas de peine à me croire. Cependant je suis prêt d'en passer par où il vous plaira. Mais aussi prenons garde à ne rien p;Ater a force de no vouloir déplaire à personne , ce qui est absolument im])ossil)Ie , surtout dans le cas présent. Le P. Malcbranche a eu affaire à des gens de parti et de cabale, prévenus, injiustes, outrés en toute manière ; il en a reçu mille affronts publics et secrets; on a fait jouer contre sa doctrine, quoique très-saine dans tous ses points fondamentaux , les ressorts les plus violents. Peut-on écrire son histoire sans entrer dans ce détail ? Je vous prie, Monsieur, de faire considérer à ceux qui ne sont pas de notre avis qu'il y a bien de la différence en(re les historiens qui ne racontent que des guerres ordinaires et les historiens qui écrivent des guerres d'esprit et de raison. Dans le récit des premières , on peut garder la neutralité , ù moins que la violence ou l'injustice ne soit trop visible de part ou d'autre. Mais, dans une guerre d'esprit ou de raison, il n'est pas permis , ce me semble , de se tenir dans l'indifférence , et de raconter les choses comme si la vérité ne vous touchait pas. Je sens bien , Monsieur, que je ne puis exprimer tout à fait bien ce que je veux dire , mais vous y suppléerez facilement. Je continue l'analyse des Réflexiom du P. Malebranche sur la prémotion physique. II me parait bien difficile de les réduire à une certaine unité de dessein. J'espère néanmoins qu'à force de méditer, je trouverai quel-
îcKj I19TR0DUGTI0N.
que poitit de réunion pour tant de choses différentes, le m crois pas que la Sorbonne puisse ni doive entrer dans notre histoire »
AU MÊME. — iO juillet 47i9.
«.....%... Sur ce que vous me dites que je peta9& |i faire lannoncer mon histoire, je vous répon», Monsieur, que je n'en ai nulle envie ^ mais seulement d'avoir tous les écldi^ cissements, lettres, mémoires,, etc., qui m'y peuvent servir avant qu'elle soit inaprimée ; car il ne sera plus temps alors , ce me seoible» de faire des recherches. C'est maintenant qu'il y faut trayailler de toutes ses forces. Je puis vous dire que je lis, par rapport à notre dessein , une infinité de livreB, journaux, mén^oires, histoires, anecdotes, chronologies du dernier siècle, etc.; mais je sens bien qu'un seul homme ne peut suffire à faire toutes les découv^tes nécessaires pour réussir parfaitement, surtout dans une ville conmie celle-ci, où je ne trouve aucun secours. Je prends donc, encore une fois, la liberté de vous le dire, Monsieur, qu'il serait à propos de prier, par quelque voie publique, toutes les personnes qui ont reçu des lettres du P. Malebranche de les envoyer au R. P. Leiong, ou en original, ou du moins des copies bien collationnées. Je trouve tant d'éclaircissements. dans celles qu'on m'a communiquées , que cela m'en fait souhaiter un plus grand nombre. Le P« Leiong, dans ses Mémoires, parte d'une liste de plus de cinq cent cinquante personnes qui avaient écrit au P. Malebranche. Vous voyez bien , Monsieur, qu'il est difficile que toutes les réponses qu'il y a faites soient perdues. Au reste , si , pour les avoir, la voie des journaux ne vous plaît pas , no pourriez- vous point mettre vos amis en campagne? Ceux du P. Leiong, ceux du P. Malebranche, M. Saurin, M. Varignon, M. Remond de Montmort, s'il est encore en vie ; M. Renaud *, plusieurs pères de l'Oratoire, que sais-je, moi? Il me paraît qu'il est facile de faire
' Voyez son Éloge dans Fonlenelle.
PBEinÈRB MRTIE. xfiij
ce qae je vous propose; mais il faudrait 9c remuer, et ka philosophes n*aimeDt pas beaucoup le mouvement
.... Je puis vous assurer que j'ai entendu dire ce que j*ai avancé dans notre histoire du sentiment du P. Malebrancha an sujet de la constitution, ou du moins r<^uivalent, car je ne me souviens pas des propres termes, ce qui n'est pas nd* cessaire pour la Gdélité de Thistoire. Le fait, d'ailleurs, me parait tout à fait conforme au caractôro de son esprit soumb et docile pour tout ce qui avait l'apparence d'une décision reçue '. Or... donc... j'ajoute que cela lui fera certainement
> Qgaat à la. balle Vnigenitut, nooi ignoroDS la conduiia el l'opkiiMi 4& lûlebraBcbe ; mais nous cooDaùftons fune ai l'aolra das* l'af^ faire loale lamblable du formulaire d'Alexandre VII» d'aprét un do- «nnest enfonl dans an recueil de pièces in-4* relatives au formulaife. Parmi cet pièces s'en trouve une intitulée : nelaiiom de la captivilé ëe la êeewr Ami^HoFU de SaHae-Eustoquie de Fleceile» de Bregi, religieuse et F. Mogai des Champs, écrite par elle-mAne, à la fln de laquelle est cetta noie-: « On a entre les mains des originaux d'un grand nombre de rètrac- «talkH» dn formulaire qui se sont trouvées parmi les papiers de «Port-Royal* Elles y avaient été envoyées pour y être conservées « comme en dépôt Jusqu'à ca que le bien de l'Église demandât qu'on les « tendit pidiliqaes.On les donnerai la suite de ces relaUons, puisqu'elles «font partie du manuscrit que les religieuses ont donné avant leor « dispeiaion et qu'elles sont une prouve de la vénération et de la eon- « fiance que leur fermeté leur avait attirées de la part des personnes du « premier mérile. Il y en a une fort longue du P. Mauduit de l'Oratoire. « On donne ici -celle du P. Malebrancbe sans l'accompagner d'aucune Il réflexion. Ceux qui sont instruits des disputes que ce Père a eues avec «M. Amauld en connaissent l'imporlancc. »
«Après avoir reconnu devant Dieu la faute que j'ai faite en signant deux ou trois fois, en différents temps, le formulaire contre M. Jansènius, évéque d'Ipres, contre ma conscience, sans connaissance el, ce me semble, avec une croyance contraire à Tactionque Je faisais; et après avoir été, depuis ma dernière signature, asseï souvent dans le trouble et dans l'inquiétude pour cette action; quoique j'aie été d^ivré en partie de mes peines par les personnes auxquelles je me suis ouvert là-dessus , à cause que la paix ayant été rendue àrÉglise,ils ont cru que je n'étais pas obligé de me dédire publiquement ; cependant j'ai era que je devais faire ce désaveu, ne sachant pas si les choses ne
Xliv INTRODUCTION*
honneur dans l'Église, au lieu que je crois que ses amis ap^ pelànts lui feront beaucoup de tort et à sa philosophie, et par conséquent à la vérité. Enfin je suis persuadé que nous lie perdrons rien en perdant les jansénistes appelants et nous gagnerons beaucoup en gagnant les molinistes; à demi-mot, bien entendu. Je prie Dieu , par N.^S. J.-G., de m'accorder ce que je souhaiterais de vous à cet égard : Noliteju^um ducere
changeront pas de face, et souhaitant de tout mon cœur de ne point contribuer à la condamnation de M. Jansénius.
« Je Tétracte donc par cet écrit le témoignage que j'ai rendu par ma signature contre ce prélai , en le confessant auteur des cinq propositions condamnées par le pape et les évéques, défenseur des hérésies qu'elles renferment, et corrupteur de la doctrine de saint Augustin; et je confesse aujourd'hui que j'ai signé contre M. Jansénius des faits dont je né suis point persuadé et qui me paraissent' au moins fort douteux et fort incertains. Je proteste donc que je n'ai -souscrit aux formulaires simplement et sans restriction, principalement la dernière fois , qu'avec une «xtréme répugnance , par une obéissance aveugle à mes supérieurs, par imitation , et par d'autres considérations humaines qui ont vaincu ma répugnance; qu'ainsi j'ai signé par faiblesse la nouvelle formule, comme on a voulu,- sans excepter les farts qu'elle atteste contre cet auteur, bien que je ne fusse pas persuadé qu'ils fussent vrais.
> « Si je ne puis faire passer cet acte pardevant notaire, h cause des déclarations du roi, j'entende qu'il soit considéré comme la principale et la plus importante partie de ma dernière volonté, et pour cet effet je l'écris et le signe de ma main propre, afin que ceux qui le verront ne puissent prendre mes souscriptions qui sont au bas des formulaires pour un témoignage de ma créance, quant aux faits énoncés contre M. Jansénius, mais qu'ils regardent au contraire cet écrit comme une réparation de l'injure que j'ai faite à la mémoire d'un grand évéque, en lui attribuant par ma signature des erreurs en la foi , lesquelles je ne pense pas qu'il ait enseignées, quoiqn'alors je n'eusse jamais rien vu de son livre intitulé : Auguslinus. Je prie ceux entre les mains desquels cet écrit tombera , par ce qu'il y a de plus saint dans la religion, je leur commande, selon le pouvoir que j'ai sur eux en cette rencontre, enfin je les conjure en toutes les manières possibles, s'il est nécessaire pour la défense de la vérité et de l'honneur de M. Jansénius , de faire que ce témoignage ait tout l'effet que je souhaite.
i< Fait à Paris, rue du Louvre, le samedi 15 juillet 1673.
« N. AUlebuakche, prêtre de l'Oratoire. »
PBEMIÈEE PARTIE. xh*
cttm infiMibus, Les demièros luirotos do votre leltro, où TOUS me parlez d'un accommodement sur la constitution, me donnent lieu do concevoir do grandes espéranceâ. Fiat , fat.
« Voilà ma réponse, Monsieur, trop longue peut-élrt\ et itoç ennuyeuse en tous sens. Voici maintenant des interrogations, toujours par rapport à notre bistoin;; car je ne la perds point de Mie.
« 4®. Le P. Malebranchc, dans une de ses lettres datées de 4699, parle d'un petit écrit de cm\ ou six pages, fuit |K)ur désabuser M. le cardinal do Noailles, au sujet de son Traitr de la nature et de la grâce, Qu*est-il devenu?
« 2^. Que sont devenus les ])romiers entretiens qu'avait faits M. Lelevel contrôle second volume des /ie/7ex<onsp/ii7otophiques et théologiques de M. Arnauld?
« 3**. Ne pourrais-je point avoir la deuxième lettre posthume de M. Arnauld contre le P. Malebranche? car il no m'est pas permis d'ignorer ce que c'est, puisque j'en dois parler. Le P. Malebranche , dans une de ses lettres , promet d'y faire une réponse, qui ne paraîtrait qu'après sa mort : a-tîl tonu parole ?
« 4*. Le P. Lelong dit qu'il a trouvé, parmi les papiers du P. Malebranche , une liste do plus de cinq cent cinquante personnes qui lui avaient écrit. N'y aurait-il pas moyen d'a- Yoir cette liste ?
a 5®. Milord Wadrington * , ami du P. Malebranche , de quelle religion était-il?
«6®, Qu'est-ce que M. Remond do Montmort * ?
a 7*. Qui sont ces dames philosophes dont parlent les Hémoires du P. Lelong?
« 8^. Le P. Lelong m'avait mandé que M. le marquis d'AUemans devait être bientôt à Paris. Y est-il venu? 11 était
* Les uni le nomment Qaadringion , les autres Codrington. Il est mort Tiee-roi delà Jamaïque.
* Voyez s<9i Éloge dans Fontenelle.
slvj nmoDUcnoN.
grand ftmi du P. Malebranche, et nous pourrait apprendre bien des particularités de sa vie.
« 9®. L'Histoire ecclésiastique du dernier siècle, par M. Dupin, ne pourrait-elle pas me servir pour la mienne?
(( J'ai relu les Mémoires du P. Lelong. Je vais lire vos lettres et les siennes, après quoi je ferai des extraits de celles qu'il m'a confiées. J'y trouve de petits faits assez curieux, surtout par rapport au génie des Romains d'à présent. Je voudrais bien savoir les règles et les coutumes de la congrégation de l'Index ; ce que c'était que M. Pighini, qui écrit de Rome au P. Malebranche; M. Loupé, qui me parait aussi étranger, peut-être Espagnol. Je souhaiterais de lui pouvoir trouver des amis dans toutes les nations, mais catholiques. Surtout, Monsieur, je vous prie, dans les éclaircissements que vous me donnerez, de me marquer les dates précises des faits. Vous savez que la chronologie et la géographie sont les deux yeux de l'histoire »
AU mâjnE. ^ Du 27 juillet 4749,
«...•.. Envoyez-moi, s'il vous plaît, incessamment tous mes papiers avec vos remarques, avec celles du P. Lelong, et les nouveaux mémoires qu'il peut avoir. Voilà maintenant Tessentiel. Au reste , je suis prêt de retrancher ce que j'ai avancé au sujet de la constitution, quoique la personne dont je tenais ce fait ne me soit nullement suspecte d'être excessivement constitutionnaire ; mais vous me permettrez aussi de ne rien dire contre ; car je suis résolu, on corrigeant notre histoire, de la purger entièrement de tout ce qui peut offenser qui que ce soit, sauf toujours néanmoins les droits de la vérité. Le P. Lelong m'écrit qu'il vous a donné pour moi plusieurs livres que vous lui avez demandés, avec divers papiers, lettres du P. Male« branche, de M. Coubard , etc. Je voudrais bien que M. Saurin, M. l'abbé Catelan et M. le marquis d'Àllemans y pussent joindre quelques-unes de leurs lumières. En tout cas,
PAfiMliEE PÀATU;. Xlvîj
aous nous en paâserons» car je viens de faire bien des découvertes en relisant les papiers originaux qui m*ont été communiqués par le P. Lelong, J'y iô<)uterai tout ce que j'ai trouvé ailleurs, et qui me paraîtra devoir ùtre utile à notre dessein. Faites-moi la grâce do me mettre au plus tôt m état d'y travailler »
A, MONSIEUR LÂACHSViQUS. --<> Du 28 soùt 4740.
ff . . . . • J'ai c(»nmenoé œ matin, jour de saint Augustin» àretottchi^ notre histoire. ...»
▲ yoMSun^A DB MAUL -*- 40 novembre 4749.
Je suivrai, dans la révisa de notre histoire les autres conseils que vous me donnez, autant que la vérité le peut permettre; car de supprimer entièrement le fait de Rouen et le fait du P. du Tertre ' , qui ont éclaté au dehors» cela me parait tout à fait contre le bon sens, d'autant plus qu'il faut bien remplir la vie du P. Malebranche. Vous en serez pourtant les maîtres , car je n'ai point là-des« sus de volonté bien forte. Ma santé, grâces au Seigneur, me paraît aussi bonne qu'elle a jamais été. Je l'emploie tous lesjours à continuer notre histoire ; j'ajoute , je retranche ; en un mot, je la refonds tout entière, du moins à l'égai-d des pre« miers cahiers, que j'ai trouvés bien négligés en plusieurs endroits. Je commence à revoir l'analyse de la Recherche, . »
AU MÉM£. — Du 1*' avril HâO.
« .... Je travaille sans relâche à notre histoire. Voussa* vez que j'en suis au troisième livre. Je fais actuellement l'a* nalyse de la troi^ème ConvtrsaUon chrétienne. Plus je relis les ouvrages de notre grand philosophe, plus j'y découvre de beautés. Je ne vois que ceux de M. Descartes qui leur puissent être comparés^ mais il me semble que rien ne les
* Yo^ei attt&haif.s* partie-.
Xlviy INTRODUCTION.
surpasse. C'est ce qui me console dans mon travail, qai est maintenant plus pénible que jamais, car je ne me preâse plus comme au commencement. »
AU MÊME. — Du 42 mai 1720.
« J*ai reçu votre lettre avec des nouvelles des- deux
livres de notre histoire que je vous ai envoyés. Vous me faites plaisir de ne m'en rien dire ni «n bien ni en mal, puisque vous ne l'avez pas encore assez bien examinée. Pour en bien juger, il me semble qu'il faut en comparer sans cesse Fatécution avec le dessein et avec les ouvrages du P. Malebranche.- A l'égard de la copie que vous en faites faire , ayez soin , je vous prie , qu'elle soit bien correcte pour la ponctuation et pour l'orthographe , aussi bien que pour les alinéas que j'ai tâché de mettre à leur place fort exactement. » •
AU MÊME. — 46 juillet 4720.
« Avant que de vous répondre , j'ai voulu avoir dé quoi vous écrire. J'ai fini l'endroit qui regarde la princesse Elisabeth , où vous trouverez des choses fort curieuses et fort édifiantes. Avec la grâce du Seigneur , nous commencerons demain celui du P. Le Valois. Je vous avais demandé s'il était à propos de faire le portrait de la compagnie des jésuites , comme j'ai fait , en son lieu , le caractère de la congrégation de l'Oratoire. Vous ne m'avez rien répondu, et je ne puis plus attendre votre réponse , car je crois que c'est ici la place naturelle de ce portrait. Vous m'aviez écrit , avant ma maladie , que vous eussiez souhaité que je fisse ou que je réformasse toutes nos analyses avant tout le reste. Le P. Lelong était de votre avis. Mais vous me permettrez dé vous dire que , si vous aviez tout mon dessein dans la tête avec ses tenants et aboutissants, vous verriez que cela n'est nullement à propos. Ainsi-, vous ne trouverez pas mauvais que je suive la méthode que je n'ai prise qu'après y avoir bien pensé. Il semble aussi que vous voudriez que je fisse une narration sèche , car vous me faites entendre que je cours