‹ Œuvres philosophiques du père AndréChapitre 68 sur 136 · DEUXIÈME PARTIE. — • IV. ckvij · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — • IV. ckvij

àmc (*t Si's iiU)!lilîoations, (\\\q nous connôis^n? par cnnscienco, (»n no peut connoître rien autre chose que ce qu'on \oit iminédiatonient on Dieu. Aétius, premier chef des anuméons. n\'n a |ms plus dit sur cette matière. II en a mùme moins dit (juc lo P. Malebranche, et néanmoins saint Épiphano raccuso en cela non-^ulement d'hérésip', mais de riién'sie la plus téméraire, la plus audacieuse et la plus extravagante «{iii fiil jamais, 1. 1, hérés. 76, p. 989.

V V\ (Ju'oùt-il dit du P. Malebranchc et de ses sectateurs? Aétîus prétondoit tout au plus connoftre Dieu, non par la foi , mais par une science, aussi clairement , aussi immédiatement et aussi certainement qu'il se connoissoit soi-même : il n'alla jamais plus loin. Le P. Malebranche n*a pas été si réservé, et il a très-certainement enseigné qu'il connoissoit beaucoup mieux Dieu qu aucun homme ne se peut connoitro soi-même. II prétend voir l'essc^nce divine en Dieu mémo immétiiatemont. Il connoît si clairement cette espèce do l'Ètrc infini, qu'il ne lui est pas possible de douter, soit do Texistence de cet être , soit de Tinfinité do ses perfections. Il s en faut «pie, suivant les principes du P. Malebranche, ni lui ni aucun homme se puisse si bien connoitre soimùme...

« 5®. Quant à la connoissance que cha(iun peut avoir de son coqw, c*est bien pis. Si nous en croyons le P* Malebranche, ])ers()nne ne voit ni ne sent immédiatement son corps: on voit simplement en Dieu l'idée de ce corps.

« C*. Quand saint Kpiphane dit qu'AéUusprétendoit mieux connoitn^ Dieu q\w les autres et même que tout autre , cela ne signifie pas qu'Aétius s'aftribuoit un privilège personnel et que p(»rsonnc ne pût avoir. Tous les anoméens disent la même chose d'eux-mêmes, au rapport des Pères. Ainsi saint Epiphane ne dit cela d'Aétius qu'au sens qu'un philosophe bien sensé peut dire que tout.malebranchiste croit mieux

' «< Ignorance ou slupidité-, ]'ai consulté Kpipbaitc. »

Ckviij- INTJIODUCTION.

connoître Dieu que les autres philosophes ne croient le con- < noître , parce que tout malebranchiste dit qu'il voit immédiatement et clairement la nature et l'existence de l'Être mfîni : au lieu que les autres philosophes bien sensés assurent que par les lumières naturelles on ne peut voir Dieu immédiatement, et que l'esprit humain étant fort borné, il no peut avoir qu'une idée fort obscure de l'Être infini. Sur quoi il me renvoie aux écrits des saints Athanase , Basile , les deux .Grégoires de Nazianze et de Nysse, Chrysostôme, etc. Il y verra, poursuit le censeur, que le sentiment unanime de l'Église, en ces premiers siècles, étoit que Dieu est à notre égard en cette vie, non-seulement incompréhensible, mais encore invisible, et, ce qu'il doit bien remarquer, que nous n'avons ici-bas que deux manières de connoître Dieu : l'une surnaturelle par la foi , l'autre naturelle, qui n'est point du tout immédiate , mais qui consiste à s'élever de la connoissance immédiate des créatures à celle du créateur. Il verra aussi que les Pères, en avançant cela , se fondent sur des passages de l'Écriture qu'ils citent, et qui ne se peuvent en effet expliquer dans un autre sens.

« 7**. Après un petit compliment sur mon peu d'érudition et de lecture', il m'avertit de consulter quelque bon commentaire sur ce passage de saint Paul, 1,Tim., 6 : Lucem inhahitat inaccessibilem quem nullus hominum vidit, sed nec videre putest. Il verra, dit-il, que le sens 'de ces paroles est si clair que tous les Pères en conviennent, et que cela seul peut suffire à tout catholique pour condamner l'erreur du P. Malebranche comme formellement contraire à la parole de Dicni. Que le P. André compare leurs explications avec celle que le P. Malebranche y donne dans l'éclaircissement 10, tom. IV, p. 200 de la Recherche; il sera bien entêté s'il ne convient de l'ignorance et de la témérité de ce fanatique auteur, qui ose préférer ses visions au sentiment unanime des Pères, sans aucun égard pour le décret du concile de Trente, où il est exprcssément défendu de se départir jamais du sentiment unu-

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nimc ries PtMCS quand il s'agit du vùrilablo sens dos paroles de l'Érriture.

<r 8^ Mais saint Grégoire n*a-t-il point expliqué cepassa;;(; (nuUus hominum vidit) comme le P. Malcbranciie , m Joh., chap. 28? Non, ce n'est ])oint là une explication, mais une moralité de saint Grégoire. Il s'en est très-souvent (k*clarc lui-même. Le jHîre Malebrancho ne l'a pas entièrement ignoré, lui (pii, un peu auparavant pa<;e io6, tâche de se tirer d'un endroit de Sidnt (jréîi;ôire où son fanatisme est clairement condamn^^ '. D'ailleurs le P. Malebranche n'a pu se dispenser de lire au moins le chapitre entier où siilnt Paul parle ainsi de Dieu. Or, ce terme nullus, etc.

« 9". La seule Clémentine a<l nosirum de hœreUcis suflit |X)ur démontrer que ce qu'on condamne ici dans le maUv branchisme est une vérit4d)le erreur. Ce n'est pits au raste fine simple décrétale qu'on citiî ici : c'est en une matière de foi la décision du concile œcuménique de Vienne, où ce décret fut porté pour condamner les erreurs des Béj^uards et des Béguines. Il ne s'agit pas môme de prouver que ces erreurs soient les mômes que celles qu'on réfute ici. H s'agit précisément do ce qu'on y condamne comme hérétique : quiconque dira que l'àme humaine peut voir immédiatement l'essence divine sans être élevée par le secours surnaturel do la lumière de gloire*, etc. On^it cd que les tlu'îologiens entendoient alors, et conséquemment ce que le Pai)e et les Pères du concile ont voulu exprimer par le nom de lumière de gloire. La décision de ce concile a été si constamment reçue de toute l'Église, que depuis jamais théologien orthodoxe n'a manqué de supposer en parlant de la vision de Di(îu , que les bienheureux môme dans le ciel ne voient l'essence divine que par le secours surnaturel de la lumière de gloire ;

* «(Fausseté. »

' MDlina, dans sa Concord. disp., 36, p. 753, dit ccpcRdunt : Deuspo^ test efficere ut intus et sine lamine gloriœ compiciat divinam essentiam.

Clxx IiNTRODUCTION.

or, cela est faux, si le système du P. Malebranchc est vrai , etc.

« 40°. Selon cet auteur fanatique, l'entendement des bienheureux n'agit point en voyant Dieu. Donc il ne peut sans contradiction reconnoître la lumière de gloire pour élever la puissance d'agir que les bienheureux n'ont pas *. Peut-on nier que cette seule Clémentine ne suffise pour démontrer l'erreur du fanatisme malebranchiste contre lequel on veut que le P. André se déclare?

« 44°. Le P. André peut-il nier que les deux prouves marquées dans l'écrit latin pour montrer la témérité du fanatisme malebranchiste ne soient convaincantes ? n'est-il pas certain que Dieu est un acte si pur qu'il n'y a rien en lui qui soit distingué de l'essence divine , et qui ne soit Dieu même? Peut-il nier que toutes les écoles catholiques ne con-r viennent qVie l'esprit humain par ses seules forces naturelles et dénué de tout secours véritablement surnaturel , ne peut rien voir immédiatement de tout ce qui est en Dieu, et par conséquent identifié avec l'essence divine? Il ne peut nier , non plus qu'en matière de théologie toute opinion est censée téméraire, dès là qu'elle est contraire au sentiment unanime de tovtes les écoles catholiques. Qu'a-t-il donc à opposer? etc.

« 42°. Il -y a plus, continue-4-il ; car on peut aisément démontrer que quand il y auroit en Dieu des idées dos choses telles que le P. Malebranchc s'imagine faussement, il seroit absolument impossible de les voir, sans voir en môme temps la substance de Dieu.

«43°. Prouves de l'absurdité prétendue du système du P. Malebranchc.

4°. La conscience que nous avons de nos perceptions suffit à tout homme d'esprit et réflexif en même temps^ pour se convaincre qu'il ne connoît rien que par une àctiori vitale

^ u Kaisoiiticmcnt foiblc. •>

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