DEUXIÈME PARTIE. — r V. clxXXiX
tend toujours ) , c'est que leurs maris en sont très-contents, qu'elles ne sont ni Gères ni disputeuses ni critiques; en un mot, qu'elles ne sont point femmes sçavantes, quoiqu'elles aient plus de science que les hommes qu'on appelle sçavants. Je ne puis me résoudre à finir sans vous dire que le P. Martineau , autrefois confesseur de M. le duc de Bourgogne *, maintenant notre provincial, m'a proposé, dans sa visite, de me faire régenter la théologie scholastique ou les cas de conscience. Mais je l'ay prié de me laisser dans la paix que mes persécuteurs m'ont procurée. Ainsi va le monde : changement de rè^ne , changement de maximes. J'étois coupable sous son prédécesseur , et maintenant , sans conversion, me voilà justifié. Sed non ego credulus illis. On m'a poussé trop indignement pour m'y fier davantage , et pour m'aller rembarquer sur une mer aussi orageuse que l'est chez nous la régence de ce qu'on appelle hautes sciences. Cependant , mon révérend père , il ne faut encore jurer de rien. J'ai fait vœu d'obéissance, et, si l'on me prend par là, j'irai, si l'on veut, à la Chine et au Japon. Mais quelque part que l'on m'envoie, je serai toujours, avec respect, en N.-S. Jésus-Christ,
« Mon révérend père,
« Votre très-humble et très-obéissant serviteur,
a André,
« de la compagnie de Jésus.
« A AlençoD, ce 15 juillet 1715*.
« Pourriez-vous me donner chez vous quelque ami philosophe pour me dédommager d^ la perte du R. P. Lami? »
Ce père Lami est certainement le P. Bernard Lamy, professeur de philosophie au collège d'Anjou, et dont renseignement cartésien souleva Porage que la prudence de roratoire eut tant de peine à conjurer ^. A la place du P. Lami il paraît que Malebranche indiqua, comme cor-
* Voyez p. cxcvij.
' Fragments philosophiques, J. II, p. 200 sqq.