PREMIÈRE PARTIE. X
AU MÊME. — 16 décembre 1717.
« MoDsieur,
« Vous avez deviné juste. J'ai toutes les peines du monde à réduire le dialogue du P. Malebranche dans |^ forme analytique. Il n'y en a pas un qui ne m'ait encore coûté trois ou quatre jours de fatigue. Mais enfin j'en viens à bout , et mon travail opiniâtre m'y fait remarquer avec beaucoup de satisfaction mille beautés , qui échappent à ceux qui n'en veulent être que purs lecteurs. Je ne suis qu'au septième entretien , et je ne puis vous dire quand je serai au dernier... »
AU MÊME. — 25 mai 17...
a Monsieur,
« Il y a bien longtemps que je vous dois une réponse. Deux raisons me l'ont fait différer jusqu'ici. I.a première, est que j*ai voulu auparavant terminer la guerre du P. Malebranche et do M. Régis; car je sens bien qu'il faut se presser pour mettre au plus tôt le public en état de juger de la
vraie philosophie et de la vraie théologie
Je vais bientôt recommencer l'histoire de la guerre du P. Malebranche et de M. Arnauld. Encore une fois, cherchez-moi des Mémoires de tous côtés , mais dans le dernier secret, je vous prie.... »
AU MÊME. — 23 juin 1718.
« Monsieur,
a Enfin me voilà au bout de notre histoire , ou plutôt de l'ébauche que j'en ai tracée. C'est à vous , Monsieur , et au P. Lelong de me chercher de quoi la finir. De mon côté je n'y oublierai rien. Je vais , en attendant vos remarques et vos nouvelles découvertes, faire des collections do tout ce qui peut avoir rapport à notre dessein, dans les papiers, livres, mémoires que l'on m'a communiqués. Je trouve beaucoup d'éclaircissements dans les lettres du P. Malebran-
XXX INTRODUCTION
che. Ne pourrait-on pas m'en trouver un plus grand nombre? J'avais proposé au P. Lelong d'en demander au public dans les journaux ou par quelque autre voie. Il ne l'a pas jugé à propos. Mais je crois toujours que cela serait utile. En tout cas, Je me contenterai de ce que l'on me donnera. N'oubliez pas surtout ce qui regarde les personnes qui entrent dans notre histoire. On aime et on a raison d'aimer les caractères. Par exemple, je voudrais savoir :
« 4^. Si M. le comte de Tréville, ami de M. Ârnauld, était le fils du comte de Tréville ' , capitaine de& mousquetaires de la garde du roi , qui prit Cerbellon , prisonnier à l'attaque du Pas de Suze en 4 620 , éloigné en 4 642 , rappelé peu de temps après la mort du cardinal de Richelieu.
« 2**. Si M. d'Aligre , secrétaire du cabinet du roi , fils du chancelier de ce même nom, congédié en i 626 , était le père de l'abbé d'Aligre qui fit imprimer la Recherche de la Vérité en 1674 , tenant les sceaux à la place de son père : le testament de Colbert ne s'accorde pas avec cette chronologie.
« 3**. Si le comte de Roussy de Sainte-Preuve est le fils du comte de Roussy qui fut mis à la Bastille sous le ministère du cardinal de Richelieu.
(( 4^. Si la mère du P. Malebranche était fille de M. de Lauzon, conseiller d'État et président au conseil en 4632. ( Journal de Richelieu , pag. 89-1 1 3-1 30. )
« 5®. Sur quoi principalement roulait la dispute deM. Bayle et de M. Jacquelot ; en quelle année elle commença. C'est que le P. Malebranche dit , dans ses Réflexions sur la prè- Tnotion physique, que son dessein a été, dans plusieurs de ses ouvrages, de répondre aux objections de ces deux protestants.
4( 6^. Ce que c'était que M. Berrand, ami du P. Malebran*-
' Assurément. Sur le comte de Tréville, voyez Particle de Moréri et les sources auxquelles 11 renvoie. A ces sources ajoutez madame de Sévigné (édition Montmerqué;, t. I, p. 387; II, 274; YII» t$0» 193;IX,43; X, 81, 110.
XXX INTRODUCTION
che. Ne pourrait-on pas m*en trouver un plus grand nombre? J'avais proposé au P. Lelong d'en demander au public dans les journaux ou par quelque autre voie. Il ne Ta pas jugé à propos. Mais je crois toujours que cela serait utile. En tout cas ) je me contenterai de ce que Ton me donnera. N'oubliez pas surtout ce qui regarde les personnes qui en* trent dans notre histoire. On aime et on a raison d'aimer les caractères. Par exemple, je voudrais savoir :
« 4^. Si M. le comte de Tréville, ami de M. Amauld, était le fils du comte de Tréville ' , capitaine des mousquetaires de la garde du roi , qui prit Cerbellon , prisonnier à l'attaque du Pas de Suze en 4620, éloigné en 4642, rappelé peu de temps après la mort du cardinal de Richelieu.
« 2**. Si M. d'Aligre , secrétaire du cabinet du roi , fils du chancelier de ce même nom, congédié en 4626 , était le père de l'abbé d'Aligre qui fit imprimer la Recherche de la Vérité en 4674 , tenant les sceaux à la place de son père : le testament de Colbert ne s'accorde pas avec cette chronologie.
« 3**. Si le comte de Roussy de Sainte-Preuve est le fils du comte de Roussy qui fut mis à la Bastille sous le ministère du cardinal de Richelieu.
« 4^. Si la mère du P. Malebranche était fille de M. de Lauzon, conseiller d'État et président au conseil en 4632. ( Journal de Richelieu , pag. 89-4 4 3-4 30. )
« 5®. Sur quoi principalement roulait la dispute deM. Bayle et de M. Jacquelot ; en quelle année elle commença. C'est que le P. Malebranche dit, dans ses Réflexions sur la prèmotion physique, que son dessein a été, dans plusieurs de ses ouvrages, de répondre aux objections de ces deuxprotestants.
HK 6^. Ce que c'était que M. Berrand, ami du P. Malebran*-
' Assurément. Sur le comte de Tréville, voyez Tarticle de Moréri et les sources auxquelles il renvoie. A ces sources ajoutez madame de Sévigné (édition Montraerqué;, t. I, p. 287; II, 274; VII, t$0» 193;IX,42; X, 81, 110.
XXX INTRODUCTION
che. Ne pourrait-on pas m'en trouver un plus grand nombre? J'avais proposé au P. Lelong d'en demander au public dans les journaux ou par quelque autre voie. Il ne l'a pas jugé à propos. Mais je crois toujours que cela serait utile. En tout cas, Je me contenterai de ce que l'on me donnera. N'oubliez pas surtout ce qui regarde les personnes qui entrent dans notre histoire. On aime et on a raison d'aimer les caractères. Par exemple, je voudrais savoir :
« 4^. Si M. le comte de Tréville, ami de M. Amauld, était le fils du comte de Tréville ' , capitaine des mousquetaires de la garde du roi , qui prit Gerbellon , prisonnier à l'attaque du Pas de Suze en 4620, éloigné en 4642, rappelé peu de temps après la mort du cardinal de Richelieu.
« 2®. Si M. d'Aligre , secrétaire du cabinet du roi , fils du chancelier de ce même nom, congédié en i 626 , était le père de l'abbé d'Aligre qui fit imprimer la Recherche de la Vérité en 4674 , tenant les sceaux à la place de son père : le testament de Colbert ne s'accorde pas avec cette chronologie.
« 3®. Si le comte de Roussy de Sainte-Preuve est le fils du comte de Roussy qui fut mis à la Bastille sous le ministère du cardinal de Richelieu.
(( 4^. Si la mère du P. Malebranche était fille de M. de Lauzon, conseiller d'État et président au conseil en 4632. ( Journal de Richelieu , pag. 89-4 4 3-4 30. )
« 5**. Sur quoi principalement roulait la dispute deM. Bayle et de M. Jacquelot ; en quelle année elle commença. C'est que le P. Malebranche dit , dans ses Réflexions sur la prèmotion physique, que son dessein a été, dans plusieurs de ses ouvrages, de répondre aux objections de ces deux protestants.
4( 6^. Ce que c'était que M. Berrand, ami du P. Malebran-
' Assurément. Sur le comte de TréTiIle« voyez Tarticle de Moréri et les sources auxquelles il renvoie. A ces sources ajoutez madame de Sévigné (édition Montraerqué), t. I, p. 287; II, 274; VII, t$0» i9a;IX,42; X, 81, 110.
PBEMIËBE PAUTE. XIT)
cbe pendant cinquante années ; science, vertus , qu*en peul> on dire?
c V. Ne pourrais-je point avoir la lettre tout entière du P. lialebranche sur la baguette divinatrice ?
« 8*, Dois-je faire l'analyse de la lettre sur lo spinosisme ' ? c Cest maintenant, Monsieur, ou plutôt lorsque je retou« cberai notre histoire, que je voudrais être à Paris. Je suis persuadé que j'y trouverais bien des lumières qui me manqueront toujours en province. Je vous prie, Monsieur, d*y suppléer vos éclaircissements; car, encore une fois, il faut faire un ouvrage solide et durable. Je n'ai pu m'empècher de parler de ce que le P. Malebranche a pensé de la constitution Untgenitus devant et après son acceptation. Gela me parait essentiel à son histoire, si le fait est tel que je Tai ouï dire. J'aurais encore besoin de quelques-unes de ses dernières paroles pour remplir la narration de sa mort. J'en avais demandé au R. P. Lelong , qui n'a pas jugé à pro]X)s de me répondre. Assurez-le, je vous prie, de mes très-humbles respects. ••• ^
Ainsi, vers le milieu de Tannée 1718, le P. André avait t^miné la Vie de Malebranche, ou du moins , comme il le dit, l'ébauche de cet ouvrage; et on verra plus tard qu'il l'envoya à ses amis de l'Oratoire pour avoir leur avis ; de sorte que cette ébauche pourrait avoir été conservée dans les papiers de Fabbé de Marbeuf ou du P. lïelong , et avoir passé de là dans les mains de quelque oratorien. On a pu juger, par les nombreux extraits que nous venons de donner, combien de renseignements curieux de toute espèce devaient abonder dans cette Vie de Malebranche.
* Quelle était cette lettre sar le spinosisme ? elle n'est pas dans les écrits publiés de Malebranche. Ne serait-ce pas une des lettres de Malebranche à Mairan , qui viennent d'être retrouvées ? Voyei nos deu* articles 4u Journal des Savants, 1842.