‹ Œuvres philosophiques du père AndréChapitre 7 sur 136 · PREMIÈRE PARTIE. \XV · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. \XV

« H*. Qu'est devenu le petit TraHv de la Grâce • que le P. Malebrauche donna, dit-on, au P. Levassour, alors professeur de positive à Saint-Magloire? Ce qu'on en rapporte est-il bien avéré?

« 42*. Qui est ce monsieur à qui le P. Malebranche adresse la parole assez brusquement dans une addition du Traité de la Nature et de la Grâce?

« Je veux savoir, Monsieur, tout ce (jui appartient à mon sujet , non pas pour tout dire , mais jwur ôtre en (Hat de parler juste sur tout ce que je dirai. En un mot, je veux (|uo la vérité règne dans mon ouvrage , dans les moindres choses comme dans les plus grandes »

AU MÊME. — 40 novembre 1746.

« J'ai fini l'analyse du Traité de la Nature et de la Grâce, Je ne sais si elle vaut quelque chose , mais je puis vous assurer qu'elle m'a beaucoup coûté. Je no m'arrête qu'à ce qui est essentiel au système , laissant là toutes les propositions incidentes... Toutes mes analyses sont autant de iwlits traités avec tous leurs principes rapprochés les uns des autres, et les conséquences do leurs principes. Je tâche aussi d'y entremêler quelque ornement pour soutenir raltcntion par le plaisir »

A M. LARCUEVÊQUE. — Du 8 avril 4747.

« Venons à nos affaires. J'ai repris mou ouvrage,

qui me parait avancer assez vite. J'en suis à l'analyse de la quatorzième des Méditations chrétiennes. J'en fais une par jour assez régulièrement. Ainsi , nous passerons bientôt à un autre livre du P. Malebranche : c'est le Traité de morale qui suit les Méditations, selon l'ordre de la chronologie de mon histoire , après quoi nous entrerons en dispute avec le

* Ce petit Traité de la Grâce était probablement une esquisse de celui qae Bfaiebrancbe publia plus tard sous ïe nom de Traité de la is'atitre et de la Grâce, Amsterdam, IMO, in-i2«

XXVJ INTRODUCTION

grand Arnauld , etc. C'est ce qui me coûtera davantage ; car ce n*est pas une petite entreprise que de débrouiller des matières aussi épineuses que la philosophie et la théologie de ces deux fameux adversaires , de tenir toujours la balance égale entre eux , de faire sentir à propos qui a raison , qui a tort , et enfin d'égayer une di^ute fort sérieuse de part et d'autre. Priez le Seigneur que j'y réussisse pour la gloire de la vérité et sans blesser en rien m la justice ni la charite »

A M. DE MÂRBEUF.-*3 mai 4747.

« J'avance toujours dans mon histoire , et me voilà

bientôt à la fin de la première partie du Traiiè de morale. Je tâcherai d'en avoir fait toutes les analyses avant le commencement de juin, où mon emploi me demande une interruption d'un mois. Mais je reprendrai mon travail en juillet jusqu'à nouvel ordre, car on ne sait ce qui peut arriver. Vous pouvez assurer le &. P. Lelong que j'ai reçu la lettre qu'il me fit Thonnetir de in'écrire au commencement de cette année ) aved quelques éclaircissements pour notre liistoire »

AU ÂÊME. — Sans date.

...... Pour revenir à notre histoire, je finis hier l'analyse du Traité de morale, qui m'a tenu plus longtemps que je ne l'aurais cru, à cause du peu d'exactitude qui règne dans certains chapitres ou pht trop oratoriénd ou plutôt trbp oratoires pour un philosophe.... Je vais décrire ses preliiièlres (ionférences avec M. de Meaux, le célèbre Bossuet, son voyage de Chantilly pour voir et convertir le grand tonde', sa conversation avec M. de Harlay, archevêque de

* C'est ici la seule trace à moi connue de conférences tenues entre Bossuel et Malebrancbc et de leur commuiiè intervention dans la con- -'^rsion du grand Condé. Tout à l'heure il sera fait mention de Lettres rand Condé à Malebranche, page uuûU.

PREinËftB PARTIE. XXTij

Paris, et pour faire ensuite Fouverture de la première campagne ccmtre M. Amauid. J*espère, Dieu aidant, que ce sera le iQjeiileur endroit de l'ouvrage »

AU MÊME. — 30 août 4747.

a J*ai fini l'analyse des trois lettres du P. Maiebranche, qui répondent au premier volume dès Réflexiom de M. Amauid , sur le Traité de la Nature et de la Grâce. Cette lettre écrite, je commence à travailler sur celles qu'il a ré** pondues aux neuf de son fameux critique. A mesure que i' avance, je trouve qu'il me manque encore bien des instructions pour faire un ouvrage complet et intéressant. En attendant, j'irai toujours mon train ; car, toutes les analyses faites et le plan de la narration dressé selon l'ordre des temps, j'espère que le reste ne me coûtera pas beaucoup »

AU MÊME. — 3 octobre 4717.

«•••.; Je vous dirai que j'ai enfm achevé l'analyse du bt>i8ième volume des réponses du P. Malebranche à M. Arnauld. Si on me donne du temps , je commencerai bientôt rhistoire des Entretiens sur la Métaphysique, Ce qui est plaisant , c'est que l'on m'accuse de jansénisme dans le temps même que j'écris très-fortement contre les jansénistes. ...»

AU MÊME. — Ce 44 octobre 4747.

« J'interromps avec plaisir l'analyse de la réponse du P. Malebranche au troisième volume des Réflexions de M. Arnauld pour vous remercier de votre obligeante lettre. Vous me faites beaucoup d'honneur d'avoir bien voulu être tenté de me venir voir. Si vous aviez été assez faible pour succomber à la tentation, je vous aurais montré à l'œil combien je suis avancé dans notre histoire ; vous en eussiez rendu à vos amis un compte plus exact et plus juste ; mais vous avez pourtant fort bien fait de ne vous pas détourner

XXViij INTRODUCTION.

pour si peu de chose, car notre livre n*est encore qu'une ébauche. Ainsi , Monsieur, je vous prie de me dispenser de • vous en rien envoyer jusqu'à ce qu'il soit fini. Ce que je puis vous dire , en général , c'est qu'il sera plein de vérités importantes, de faits curieux , de mœurs, de caractères, de réflexions chrétiennes, toutes propres, si je ne me trompe, à former la raison et le cœur des personnes qui le voudront bien lire. Outre les livres que vous m'avez envoyés , j'en lis moi-même une infinité d'autres dont je tire beaucoup de lumière. Je souhaiterais que vous et vos amis en fissiez autant pour me fournir les éclaircissements dont j'ai besoin, mais que je ne vous demanderai que lorsque j'aurai fini mon ébauche ; par exemple : un plan fidèle de l'institut de l'Oratoire * ; la succession des généraux de cette illustre congrégation sous lesquels a vécu le P. Malebranche , avec leurs caractères*; l'arrêt du conseil d'État donné, en 1675, sur le cartésianisme '; le concordat des jésuites et des pères de l'Oratoire, en 4678*; un détail de la part qu'y eut le P. Quesnel , et de celle qu'il eut à la querelle de M. Arnauld avec notre grand philosophe ; l'histoire de ce qui se passa en Sorbonne, en 4690, touchant la nouvelle philosophie, lorsque le roi y envoya M. de Harlay, archevêque de Paris", etc., que je vous dirai en temps et lieu. En un mot, quoiqu'il ne faille pas tout dire , je crois néanmoins qu'il faut tout savoir pour parler en maître sur les matières dont on entreprend de traiter. .......

» Voyez l'ouvrage déjà cité du P. Tabaraud.

» ma.

' Fragments philosophiques, t. II.

* Voyez l'ouvrage de Baylc, intitulé : Recueil de quelques pièces curieuses concernant la philosophie de M, Descartes, Amsterdam, 1684.

* Voyez le Boileau de Saint-Marc, U I.

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