‹ Œuvres philosophiques du père AndréChapitre 90 sur 136 · AU MÊME · texte numérisé non relu

AU MÊME

« A Paris, ce 5 août 1749.

« Mon révérend père ,

« Je suis trop édifié de la lettre dont m'honore votre révérence , pour ne pas vous témoigner et ma satisfaction et ma reconnoissance. Je me suis fait un plaisir de parler de cette lettre à ceux qui avoient entendu la lecture de la précédente, et ils ont tous pris très-volontiers part à la joie qu'elle m'occasionnoit. Nous sommes tous charmés des assurances positives que vous nous donnez de vos véritables sentiments. Ils ne seront jamais douteux à celui qui a l'honneur d'être avec

un profond respect, etc.

« De la Graiwille, J. »

Ici finissent nos papiers, et on ne sait phisrien desdcr-

DEUXIÈHE PARTIE. — VII, CCXXUJ

nières années de la vie d*Ândré que par Téloge historique de Tabbé Guyot. En 1759, parvenu à Tâge de quatre^ vingt* quatre ans, il renonça à renseignement Quand la codh pagnie de Jésus fut supprimée, en 1762 , dans la dissolu* tion du collège des jésuites , il se retira chez les chanoines réguliers de Tllôtel-Dieu de Caen , et il n'a cessé de se louer des égards et des altentions de ses nouveaux hôtes. Le par^ lement de Rouen pourvut à sa subsistance beaucoup au delà de ses désirs, en mandant au lieutenant général de Caen de lui accorder sans aucune condition ce qu^il demanderait

Libre de soins et d*entrave, André ne songea plus qu*à donner une édition nouvelle de VEssai sur le Beau, Elle parut à Paris, en 1763, par les soins et avec un avcr*tissement de Tabbé Guyot Elle se compose non plus de quatre, mais de dix discours qui forment une sorte de traité complet G*est Touvrage auquel est attaché le nom d* André. Il a été Tobjet de quelques critiques et de beaucoup d*éloges. Ces discours, destinés à une académie de province , tout en se sentant un peu trop de l'occasion h laquelle ils doivent naissance, portent la vive empreinte de la pensée et de la langue du xvii* siècle. On y reconnaît partout le philosophe cartésien , le disciple de saint Augustin et de Malebranche. Il faut en dire autant des discours, toujours académiques, contenus dans les quatre volumes des OEuvrcs du feu P. Andréa que M. Fabbé Guyot publia, après la mort de leur auteur, à Paris, en 1766 et 1767. Il serait aisé d*en choisir un certain nombre qui , disposés dans un ordre convenable , fprmeraient un véritable cours de philosophie cartésienne, digne d*élre mis entre les mains de la jeunesse de nos écoles et des gens

CCXtiV INTRODUCTION.

dn monde ^ Mais , il faut le dire , et dans V Essai sur le Beau et dans les Discours on est bien loin de soupçonner k netteté , la force et la ver?e qui paraissent à chaque ligne des lettres que nous avons publiées. Elles placent André parkni les meilleurs écrivains, et , dans la compagnie do Jéms , immédiatement après Bourdaloue.

André mourut à Caen, le 26 février 176/i , dans la quatre-vingt-neuvième année de son âge. Le 7 juin de la même année , M. Rouxdin , secrétaire perpétuel de l'Académie deCaen, lut son éloge en séance publique; et, en 1766, quand parurent les deux premiers volumes des Œuvres posthumes publiées par Tabbé Guyot, Fr éron qui était du même pays qu'André , et qui avait appartenu quelque temps à la société de Jésus, tout en critiquant, d'après les matimes de la société, le mald)ranchisme d* André, se complut à feire de notre philosophe un portrait qui a Tair d'une vérité frappante , et qui résume les traits épars dans les correspondances récemment retrouvées. [Année litte^ raire, 1766 , t. IV , p. 77 et 78).

«... J*ai connu particulièrement le P. André, et j'ai vécu pendant une année entière, avec lui. Comme j'étois delà même province, et pour ainsi dire de la même ville où il reçut le jour, il m'avoit pris en amitié. M. l'abbé Guyot (en tête des GEuvres) le peint tel qu'il étoit; un très-bel esprit, un galant homme , un philosophe honnête , un chrétien régulier, un prêtre exemplaire, un bon religieux, aimant les lettres et les sciences , encourageant par ses éloges les jeunes gens de son ordre qui les cultivoient avec succès, les échauffant par les peintures vives du bonheur et de la considération qu'elles

* C'est ce cours de philosophie cartésienne que nous avons voulu donner au public dans ce volume, par un choix sévère et une disposition méthodique des meilleurs morcoaux sortis de la plume d'André.

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