CHAPITRE XXIII
Du simple el du composé.
345. Ce chapitre pourrait servir d’appendice à celui de l'unité. En effet , quand on regarde quelque chose que ce soit, comme une et domine n’avant point de parties différentes ou séparables l'une de l’autre, on l’appelle simple.
En ce sens-là, il no convient proprement qu’à un être intelligent d’être simple; et surtout au premier être, qui est Dieu. Ne concevant dans un être intelligent , rien de séparable dans sa substance, nous n’avons point aussi l’idée qu’il puisse avoir des parties. Quelque peu de chose qu’on suppose de séparable dans la substance d’un être intelligent, on la suppose en même temps capable d’être détruite tout entière.
Si l’on prend le terme simple dans cette précision , il ne se trouvera rien dans les êtres matériels qui soit simple; non plus que rien qui soit parfaitement un : tout corps peut toujours être tellement séparé, que sa substance existera encore dans les parties après leur séparation ; ainsi l’une n’éfàit pas l’autre, et le corps n’était pas simple.
346. Néanmoins on emploie ce terme à l’égard des corps, par analogie aux esprits; et on appelle simple un corps dans les parties duquel on n’aj>erçoit nulle différence communément sensible. Ainsi l’on dit de l’eau que c’est un corps simple. Quelques-uns l’ont dit aussi du feu , de l’or, de l’argent, et de ce que nous comprenons sous le nom d’éléments ou de métaux ; parce qu’à n’y regarder que su- • j>erficiellement , comme on fait dans l’usage ordinaire de la vie, on n’y aperçoit point de différence de parties : mais il est évident que cette différence n’en existe pas moins réellement , comme on le voit dans la dissolution de ces corps,