‹ Œuvres philosophiques du Père BuffierChapitre 115 sur 174 · DEUXIÈME PARTIE. CHAP.- XXVII · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. CHAP.- XXVII

selon la paraphrase de M. Locke : Plus je m'applique à découvrir la nature du temps, moins je la conçois. Le temps, qui découvre foules choses , ne saurait élre compris lui- même. Cependant à quoi se réduisent tous ces mystères ? à deux mots que nous venons d’exposer,

373. Il se peut bien faire d’ailleurs que le mot temps ayant plusieurs significations , l’équivoque du mot ait causé la difficulté de discerner la chose ; il signifie d’un côté la mesure de la durée (laquelle mesure se prend ordinairement do la révolution régulière du soleil), et d’un autre côté il signifie la différente disposition de l’air causée aussi en partie par la révolution du soleil et par d’autres causes assez inconnues. Ainsi aura-t-on eu de la peine à discerner la notion du temps, dont l’idée se présente différemment à l’esprit, selon les diverses faces du mot équivoque temps.

374. Dans toutes ces recherches de métaphysique, si embarrassées en apparence , il ne faut, comme je l’ai dit d’abord , (jue distinguer les idées les plus simples que nous ayons dans l’esprit , avec les noms qui y sont attachés par l’usage, potiry découvrir ce qui, à leur sujet, nous doit tenir lieu de premières vérités.

375. Par ces deux moyens nous trouvons tout d’un coup l’idée ou la notion de durée et de temps ; disant : J’ai l'idée d'un être, en tant qu’il ne cesse pas d’être; c’est ce qui s'appelle durée. J’ai l’idée de cette durée, en tant qu’elle est mesurée par la révolution régulière d’un corps ou par les intervalles de cette révolution , c’est ce que j’appelle temps. Il me semble que-cos notions se trouvent aussi claires qu’elles peuvent l’être, et celui qui cherche à les éclaircir davantage est à peu près aussi judicieux que celui qui voudrait éclaircir comment deux fois deux font quatre et ne font pas cinq.'

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