‹ Œuvres philosophiques du Père BuffierChapitre 161 sur 174 · UES · texte numérisé non relu

UES

AVERTISSEMENT

Sl*n CETTE NOUVELLE EDITION

Quoique je n’aie fait aucun ouvrage qui ait paru plus au goût des personnes dont l’approbation soit capable de me flatter que V Examen clés Préjugés vulgaires, quelques-uns cependant ont paru l’approuver moins par un endroit; ils insinuaient que ce n'était qu'un amusement ingénieux, peu convenable à un homme qui ne doit s’occuper qu’à des choses utiles. Je serais plus sensible qu’un autre à leur reproche s’il était bien fondé ; mais , autant que je respecte leur zèle , autant puis-je me plaindre de leur inattention. Ils ont confondu le style de ce livre avec ce qui en fait le fond. L’un peut passer pour amusement, l'autre est un vrai exercice de métaphysique et de logique, pour regarder chaque chose par les divers jours dont elle est susceptible, et pour faire l’analyse la plus exacte de nos idées et de nos jugements. D’ailleurs, c’est en un sens faire un grand éloge de cet ouvrage que de le regarder comme amusant, tandis qu’il contient véritablement l’exercice des sciences les plus épineuses ; car c’est reconnaître que j’aurais trouvé le moyen de changer ieurs épines en lleurs, et ce qu’elles ont de fatigant en ce qui peut divertir l’imagination. En effet, je ne crois pas qu’on puisse rien ajouter à la précision et à l'enchaînement des raisonnements et des objections dont je remplis chacun des sujets que je traite. La manière facile et peut-être égayée dont j’ai ici exposé les choses, n’est que pour montrer comment d'un côté on peut rendre sensibles les matières les plus abstraites; et

AVERTISSEMENT

comment , d'un autre côté , les esprits qui s en croient le moins capables, pourraient en prendre l’habitude et même y trouver de l’agrément.

Pour ce qui regarde le fond même des sujets , on n’en pou- \ ait guère choisir de plus intéressants ni de plus propres à former l'esprit et les mœurs; c’est ce qu’on verra en cette édition, où je mets à la lin de chaque sujet deux sortes d’additions : l’une est une Analyse métaphysique et logique pour rapprocher la suite des idées et des raisonnements d’où résulte chaque vérité, l’autre est Y Usage qu’on peut eu tirer par rapport à la conduite de la vie ou aux principes de la littérature. Par là on aura, comme quelques-uns l’ont demandé, l’application de divers principes énoncés dans le Traité des premières vérités.

EXAMEN

Page 1