Dans cette supposition , on demaude si tous les
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témoignages qui ont été rendus uniquement d’après le premier témoignage, étant réunis ensemble , forment une autorité plus grande que ne faisait uniquement le premier. M. Locke juge que l’autorité en est manifestement moins grande. 11 apporte pour preuve, que plus une vérité s’éloigne de sa source, plus elle s’affaiblit ; de manière qu’un témoignage a moins de force, à mesure qu'il est plus éloigné de la vérité originale. Un homme digne île. foi, dit-il, venant à témoigner qu une chose lui est connue, est une bonne preuve ; mais si un autre également croyable la rapporte sur le témoignage du premier, le témoignage est plus faible. Si un troisième le dit sur le rapport du second, le témoignage est encore plus faible, et ainsi du reste : de sorte que venant au centième, le témoignage se trouvera comme dénué de force ; sur quoi cet auteur blâme certaines gens, chez qui les opinions acquièrent de nouvelles forces en vieillissant : c’est sur ce fondement, ajoute-t-il, que des propositions évidemment fausses, ou assez incertaines dans leur commencement, viennent à être regardées comme des vérités authentiques, par une probabilité prise à rebours. Chacun des points qu'avance un autour si ingénieux, à l'égard d’une difficulté si intéressante, me parait mériter une discussion particulière. >
176. Il est certain d'abord qu'une opinion fausse ou incertaine, n’en devient pas moins fausse ou moins incertaine pour vieillir, et que la pratique de la juger certaine précisément parce qu’elle est ancienne et fort répandue , est digno de mépris. Le temps ne prescrit jamais contre la vérité. D’ailleurs cette pratique parait hors de la question dont il s’agit, et n’est plus dans les termes de l’hypothèse énoncée par M. Locke.
177. En effet il parle , dans sa supposition , du témoignage d’une vérité, laquelle passe jusqu’il nous par divers témoins qui se sont succédé, mais en supposant chacun d’eux également croyable et digne de foi. Or, dans cette supposition