‹ Œuvres philosophiques du Père BuffierChapitre 83 sur 174 · DEUXIÈME PARTIE. — CHAP. XII. lit · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — CHAP. XII. lit

255. Oci nous fait voir combien sont propres à décrier la raison , «mix qui raisonnent de choses sur lesquelles ils no disent et ne peuvent dire que des incompréhensibilités. Quel honneur se font -ils en demandant sérieusement s’il peut y avoir un infini absolu plus grand que l’autre ; ne voyant pas seulement que le mot grand est un terme relatif pour exprimer de combien l’une de deux choses surpasse l’autre, ou est surpassée par une mesure déterminée et connue de nous. Ainsi la grandeur des choses qui ne peuvent avoir de mesure déterminée est une grandeur qui n’est plus à la |>ortéo de notre esprit , et dans laquelle il est manifeste que nous ne concevons rien, sinon qu’elle est au-dessus de notre portée.

Mais n’est-il pas évident, dit-on, que s’il y avait une infinité d'hommes, il y aurait une infinité de cheveux plus nombreuse que l’infinité d’hommes? Je réponds que dans un nombre d’hommes borné et déterminé je vois clairement qu’il y aurait plus de cheveux que d’hommes; mais dans un nombre d’hommes infini où je ne conçois rien , je ne conçois pas davantage les attributs dont il est ou pourrait être susceptible ; par conséquent , je ne vois pas et je ne puis voir s’il est susceptible de plus ou de moins, n’avant jamais pu vérifier le plus et le moins que par des nombres finis qui sont à la portée de mon intelligence. Rien ce me semble n'est plus propre à gâter l’esprit et à introduire de faux raisonnements que ces sortes de discussions absurdes; car en y voulant exercer sa raison , on s’accoutume à confondre des chimères avec la raison même, puis réciproquement la raison avec les chimères. Je puis dire que c’est faute de s’en tenir à cette maxime que le libertinage et la bizarrerie des opinions a

Croître ou de diminuer, il est impossible d'ajouter ou de retrancher quelque chose à l’infini. L’infini absolu, c'est-à-dire le véritable infini, ne s’obtient donc pas par voie de construction, c’est une donnée immédiate et nécessaire de la raison. Nous ne nous le représentons pas, niais nous le concevons, et son idée est toujours nécessairement éveillée en nous par l'idée du Uni.

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inondé tant d'esprits. C’est ce qui peut faire regretter le temps que beaucoup de philosophes ont employé à raisonner.

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