‹ Œuvres philosophiques et morales de NicoleChapitre 109 sur 196 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

Conclusion.

Ce que nous avons vu jusqu'ici suffit pour donner une légère idée des moyens qui peuvent servir à conserver la paix entre les hommes, et ils sont tous compris dans ce verset du psaume : Pa^ multa dUigentibus kgem tuam, et non est illis scandcdum *. « Ceux

(a) r«. cxvin, 165.

LA PAIX AVEC LES HOBOiES. 265

qui aiment votre loi jouissent d'une paix abondante, et ils ne sont point scandalisés. > Car si nous n'aimions que la loi de Dieu, nous nous rendrions attentifs à ne pas choquer nos frôres ; nous ne les irriterionsjamaispardes contestations indiscrètes, et jamais leurs fautes ne nous seraient une occasion de colère, d'aigreur, de trouble et de scandale, puisque ces fautes ne nous empêchent pas de demeurer attachés à cette loi, qu'elle nous oblige de les souffrir avec patience, et que c'est en particulier ce précepte de la tolérance chrétienne que l'Apôtre appelle la loi de Jésus- Christ*. «Portez, dit-il, les fardeaux les uns des autres, et vous observerez la loi de Jésus-Christ. > Nous devons donc reconnaître que toutes nos impatiences et tous nos troubles viennent de ce que nous n'aimons pas assez cette loi de la charité, que nous avons d'autres inclinations que celle d'obéir à Dieu, et que nous cherchons notre gloire, notre plaisir, notre satisfaction dans les créatures. Ainsi le principal moyen pour établir l'âme dans une paix solide et inébranlable, c'est de l'affermir dans cet unique amour qui ne regarde que Dieu en toutes choses, qui ne désire que de lui plaire, et qui met tout son bonheur à obéir à ses lois^.

(aj Galat., ti, 2.

NOTES

Note 1 , page 211. — A ces passages de l'Écriture, il faut ajouter un admirable chapitre de Y Imitation, ii, 3.

Ifote 2, page 238. — Sénèque a longuement discouru sur la reconnaissance, dans le deuxième et le troisième livre de son traité de Beneficiis. Cf. Silvio Pellico, des Devoirs des hommes, chap. xxix.

Note 3, page 240. — Nicole a jugé ce devoir de la civilité si important qu'il y a consa^ un Essai que nous donnons plus bas.

Note 4, page 265. — Nous avons ajouté peu de notes à TEssai qu'on vient de lire. Une note sup|)ose des rapprochements à établir, des lacunes à combler ou de% erreurs à relever. Or, Nicole traite ici un sujet parfaitement neuf, et il le développe avec une abondance , une profondeur, une vérité qui rendent superflu tout commentaire. « Il y a un traité sur les moyens d'entretenir la paix entre les hommes , écrivait madame de Sevigne à sa fille, qui me ravit ; je n'ai jamais rien vu de plus utile ni si plein d'esprit et de lumière. Si vous ue l'avez pas lu , lisez-le, et si vous l'avez

fM NOTES.

iii, relîsez*le avec uae nouvelle attention. Je crois que tout le monde s*y trouve. Pour moi . je suis p^suadée qu'il a été fiit à mon attention ; f espère aussi d'en profiter : Jy ferai mes efforts. » Lettre du 7 octobre 1671. Le jugement de Voltaire n'est pas moins favorable : « Le chapitre des moyens de conserver la paix dans la société est un chef-d'œuvre auquel on ne trouve rien d'égal en ce genre dans l'antiquité. » Siècle de Louis XIV ^ Catalogue des écrivains français.

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