CHAPITRE XV
BaigoM fondamentales du devoir de la dvilHé.
Les kommes croient qu'on lenr doit la civilité, et on la \mr doit ei eflfet selon qu'elle se pratique dans le mcmde; mais ils n'en savent pas la raison. S'ils n'avaient pas d'autre droit de l'exiger que eelui que leur d<vine la (XMitnme, on ne la leur devrait pas ; car cela ne suffit pa» pour asservir les autres à certaines actions pénibles, il £aal remonter pluà haut pour en trouver la source, aussi bien que dani^ ce qui regarde la gratitude. Et s'il est vrai, comme le dit un homme de Dieu, qu'il n'y a rien de si civil qu'un bon chrétien, il faut qu'il y ait des raisons divines qui y obligent ; et ce que nous all(His dire peut aider à les découvrir.
Il faut considérer pour cela que les hommes sont liés entre eux par une infinité de besoins qui les obligent par nécessité de vivre en société, chacun en particulier ne se pouvant passer des autres ; et cette société est conforme à l'ordre de Dieu, puisqu'il permet ces besoins pour cette fin. Tout ce qui est donc nécessaire pour la maintenir est dans cet ordre, et Dieu le commande en quelque sorte par cette loi natui^elle qui oblige chaque partie à la conservation de son tout. Or il est absolument nécessaire, afin que la société des hommes subsiste, qu'ils s'aiment et se respectent les ans les autres ; car le mépris et la haine sont des causes certaines de désunion. Il y a une infinité de petites chose» très nécessaires à la vie, qui se ëonn^eit gratuitement, et qui, n'entrant pas en corniBerce, ne se peuvent acheter que par limeur. De plus, cette ^iété étant eoinposée ifhommes qui s'aiment eux-mêmes, et qui ^t pleins de leët propre estime , s'ils n^ont quelque soin de se contenter et de se ménager réciproquement, ce ne sera qu'une troupe de gens mat satisfaits les uns des autres, qui ne pourront demeurer unis. Mais comme l'amour et l'estime que nous avons Poor les autres ne prissent point aux yeux, ils se sont avisé d'é- ^bltr faAre eux certains devoirs qui seraient des témoignages de rwpeet et d'affection ; et il arrive de là nécessairement que de ^ûanqn» à ces devoirs c'est témoigner une disposition contraire à l'amour et au respect. Ainsi nous devons ces actions extérieures ^ oenx à qui nous devons les dispositions qu'elles marqueiit, et ^*oos leur faisons injure en y manquant, parce que cette omission»
^^^^ des sentiments oii nons ae dey^s? pR» Atra à leur égard.
no DES MOYENS DE CONSERVER
On peut donc et l'on doit même se rendre exact aux devoirs de civilité que les hommes ont établis; et les motifs 4e cette exactitude sont non-seulement très justes, maïs ils sont même fondés sur la loi de Dieu*. On le doit faire pour éviter de donner Pidée qu'on a du mépris ou de l'indifférence pour ceux à qui on ne les rendrait pas; pour entretenir la société humaine, à laquelle il est juste que chacun contribue, puisque chacun en retire des avantages très considérables, et enfin pour éviter les reproches intérieurs ou extérieurs de ceux à l'égard de qui on y. manquerait, qui sont les sources des divisions qui troublent la tranquillité de la vie, et cette paix chrétienne qui est l'objet de ce discours'.