INTRODUCTION
L'immortd restauraiefar de la pliiloslopiâe Mtafdle , Bacon , embrassant dans vtn système géoérdi totttefr les oonnaidscoices hummies^et d^tainaiit l'ai^ bre de lenr généalogie, proposait de diviter aînir Ki scieiîce, notùméé pathologie: sciences^ i® ifo /or substance de tâme; a^ desesfacuUés ; 5« rffe image et de t objet de ces facultés.
Eh formait ainsi des domaines distincts dans la science du même être sentant et pcàtisant, ce grand
4 JDE LA rafooxPOSiTioir
msâtre ne prétendit pa$^ saas doute ^ assif^wpositivement leurs limites ; encore csoiiis ré^Lsr Tordre de marche que Tesprit denradt mbrrt pour les par* courir; en descmdant de la eDonaissanee supposée (à priori) d'une suèstance pensame , à la dét^wti]âtion de se& facultés ou attribués constitutife, pour arriver enfin à la délevmination de son ^bjet ou des produits de ses opérations dans l'expéiienoe. Ri^i n'eût contrarié ou même interverti plus complètement la méthode lumit^use dont ce sage réformateur donnait lui-même , à tant d'autres égards y l'exemple avec le précepte.
Également instruits par ces préceptes et ces acemples j quand les disciples et les dignes continuateurs de Bacon voulurent, après lui,. suivre et reprendre en détail les anneaixx de cette chaîne immense tis- ^le par le génie, et déjà presqttô arrêtée par ses extrémités, ik seMirent très^bien qu'il existait des bornes certaines, imposées à l'écrit humain par sa nature même, et im ordre fixe de procédés auqud il dit teatjL de s'assujettir dasis l'acquisition de ses connaissances de tout goure, sous pmne des plus grands écarts^ ils conçurmit que, s'il était- donné à l'honuBue de se fiatre quelques iiotion&fiW*ies causes pnermèrwdfe p^Bomènesqui se réaUsenlau t2ei&ms comoae au dehors de \m , sur la safistanoede téire sentant et pensant^ conatme sur celles des objets je/)* tis et pensés^ ce ne pouvait être qu'ai remontant par la série régulière des ef£ets ou embrassant l'ai^
mMe de» propriétés susceptibles d'observation et soumises à Texpér^nce»
Le plaift des reciierches psychologiques se trouva dcmc tracé d'avance par l'esprit mén^ de la médiode réformatrice. L'Mfâgv et /'€>i^/des£Eictiltés humaines s'offrait d'abord ccnnme la titre premier , et le plus important i explorer : car c'est la pratique et l'action qui ouvrent le cercle de Yexpérienoe , etl'arf marche avant? la tidmie.
L'étude première des méthodes artificielles ou procédés techmques du raisonnement , développé par les signes et les formes du Ismgage , devait conduire régulièremart; aux lois de l'expression des idées , d'où l'on pouvait s'élever dans la suite k une Ihéorie générale de la formation ^ ce& idées nrëmes à la manière dont elles se combinent et s'élaborent^ en allant du simple au composé , ou de Is^ source primitive jusqu'aux dérivations les plus éloignées* Dèsr loi% se trouvait rempK le titre dernier (dans renoncé, quoique prunier ou peut-être unique par le fait) de la division prcq)osé&t On avait une science (Hi une histoire plua ou moms com^^te de YempM de ceslisioïkés, dont Yobj^ se déterminait de luimême, lorsque venant a embrasser , d'un vaste coup d'ce^^y l'ensemble des travafux de Fes|H4t humain , actuellement déposés et cuivmlés dans ses archives; à ht vued^ monuments divers, successivement élevés pm^ te génie des aras , de V Awtocre et de la pkih* so/^hiB^ on assignerait les caractères propres à àif^
Ç DK LA DÉGOMBOSITION
férenH gtopcA de produit», dt le» limite^ prépk^ qui les s^arent En partant d'une tdle distributicm de^ prpduits d'une actiidté créatçlcer U hq re^t; plus^ m effet 9 qu'à attribuer à dbaqufî g^W^ up#^ feno7 (iovi ou laculté particulière de rioLfeeUigenee, pQUf «iroir une dmw>n iivti&çtdle de $es/tfa(/(^ donpée^ ^rs elles-mêmes comme des causes ou pjri^auoef nominales 9mt données p^nr les eâets, ou fdut^ comme certains titres de çkamBs gén^'ales le sont par l'analogie des élémens dcissiAés*
C'est i^isi que pour Êûre le partage» de l'entendement humain çn mison > mémdwe el iamgineammy S^CQU hû-i^éme remonta d'u^ dîstîncliim téàlh eoi^ çeirtains prodiiits efifectiiii de l'intelligence à une division hypotbétiipie de iacaltte ou puiasanots qui étaient c^raées les former. Ainsi l'ordre mu^^ chpédiqUe ne ressortit point d'Une divijsioii i^elle et àptiori des fiwul^ de l'âme^ selco le point de TU^ précédemm^it énoncé ; mais au contraire, cette dernière division se trouva conventiontti^nieiit éta? hlte à poAieriarti et d'après Tordre encyclopédicps llU-4Béme : marche très-conséquente à la méthode rélbnoftalnce qui, procédant toujours de la dét^? minatiixi eipérimaitale des e£bto pecceptibles pv* tieuUeray'à la limitation des idécagénéraks de C0mes^ ptiissMce^ oufacuUés^ devait s'mterdire de conû* d^rer cettttMÛ, m qbiêmcîo^ ou d'^obCEÛve l'obfet propre d'une adenoe. Et l'on neut voir par là OQt»r mf^nt B^cxm travaillait dé^ luMn^e k rendre iiub:
trmsimt au fend ces deax premiers titres qu'il CO0* s^^vmfdbmi/ir^Mitf. , .
Cc^pfodttftyk Biié|iiodeexpéniiiMtale4e cegfaad BMltre se rifMk^dèssoB f^ixioîpe, {)ar jd^ si grands sii49ws t dins lesxsdofecesi pkysiqiim sitrtoul^ par où ccmtmsii^pi la r^nase, qa'd »e fui pbihs permis de douter de m^ heureuse ipfluenee sur les divers f jf s* t^wea d'HléesHiu^^enr^ de cQiwa i s sa i w es auxquels ou tenterait de l'^^fiti^pier. .
La m^a^jmqtmt soure» ténébreuse et tristemeut liéfmKled^diafyi^WiM^files et iutmuipaU^s, taut €|u't)tte pcémmàÊÊt etne une science abstraite et ex pmfosio de l'âme, ^ de ses Ifmdtés ou attributif cmnmenm sa {KPepf^réibrMeori se léfbiiaant à n'éti^ {dus qu'uae science posM^ye des idées, au de Vemfd^ et es Pabjet oireoM^it des locultés bu* Baaines. Considérée dès lors co«»ue une branche eiatiitîeHe» ou pkitàt comme le troue laéme de la |rib&>sophifl de VexpéffiraM; si die se diatii^ue sœcMre de la fixymqm proprement dite^ c'est &$. ceci seulematt i{tte le sujel àiciOi&cYatàomr p«r9U dau l'une eomme extérieur k Fétre pensaiM: ^ s'<^Si» dans l'autre commet intérieur cm intime à cet être ménm. Au lesle^ dirigée par une métfaede eembia^ ble, quand il s'agit d'observer les Êiits, de les classer, de ies déduire , k méh^hysique ne conservant plus rien d'obscur que son titre , sembte entrer en partage de la dsrté et de la préoimm fNrofn^ au»
8 DE LA D^COMPOâlTlOlC
sdencds naturelles , dont X^b/eù est êsm- oa pernianraâ au dehors»
Des esprits lumineux, excfaisimiiieni livrés d'a<bord à l'étude de ces d^nières sdaites^ roaebntt^nt l'aut^esttr leur route ( i ), lui impriment leur idi* rection, Tattirent dans le cercle de leurs notions les plus familières^ et tâchait de Ty ^xer. Ainsi se trouvent écartées de prime abord une mnltitiide de questions ontologiques, subtites ou insolubles ^ sur les causes premières, les essences ou subêtanœs des . choses hors de nous , sur k nature des êtres en général > celle de V âme et de se&JacultéSy sur les idées abstraites d'espace, deiempSj prises naguère pour des entités réelles , etc.
En cherchant comment les neiftions exprimées par de tels signes se trouvent établies dans notre esprit, on en écartait le mystère; on imposait du moins une barrière à l'imagination audacieuse, qui tenterait de pénétrer dans ce vague d'un monde abstrait. En assignant l'origine natorelle des idées de tout ordre , et la manière précise dont les premières connaissances se forment et se développent, on circonscrivait le véritable ^hamp de la raison humaine : en étudiant eaa&n coounent nous savons, on déterminait, en même temps, ce qu'il nous est donné de
(1) Oa gait ^# Hobbes, Gasseodi , et Locke liii-mlise^ fiarfinrent à la métaphysique par la physique, et transportent plus ou moins à celle-là Fesprit et la méthode de celle-ci. Ceci s'applique eocinre pottérseiuDanMiît à Bartiey , BdttMt, etc.
savoir^ périma de mkmiwt. àiaù f lelMqps^t les forces que le génie consumait vattMOiemt à pmirstiivfe 4^ dbiaieFès f allaînt étoe dfaKH*Biais employés sans dédb^t, ii la 4éo(m¥«Me< de Mkités carlames appvoprîèBa àisa natiire ;.et Toa m davait.plus voir des hommes^ laite pour paneotuir dam toute scm étendue la carrière dês sciwc^, s'amuM^ à ^mbattare les ombres <|ai «H déiendaîmt et en nbscurcisaiyumt l'orée.
Ce q'^ pomt^tel le lieu d'ina^ater sur le nombre et l'importMi^ des avanb^es que l'espiit bomâin recueiJAit d'une mâUmireidire^Qni imprimée à la métaphyî^ue^ d^âaue simi^lameiit la «cî^ttce de» nos idées y et de l'objet ou des moyensi^ls.de mrtre cçnn^^sanc?. Il ne seraU p^ difficile de prouver que c'est par là méme^ ou par ce retour plus ou moins coE^et de l'esprit sur ses «propres actes ou procédés, que^dei^ coivpnçncer la grande et univ^^Ue restauraticHi ; m^ les résultats suljMÙstent; on en jouit , et l'on oublie les liNienfaita; <m en l^é^ conn$ul, quelquefois méwe cm en ^npoisonne la source!....
Ia science deYdme. n'étant plus en effet que celle de ses opérations ou de. sas facultés^ considéra c^USffven^ent'Sous le rapport [de leur objet ou de leur emploi effectif j paraît d'abord s'identifier avec la logique ^ qui embrasse à la fols la formation et la combinaison des idées, et l'art de bien juger (t). Cet
(1) Philosophie de Gassendi. .
lO DE L4 WWUJItfOglilOy
apt selbnde sur rMiplm néguliér 'et Mgiti«^ :dw sigMê^; iM'iigMs fotti «éHMtiés er coiarai 4âiii iMr liflMcm la pkia ittine wec les idéit. Déjà on' ariât eomprif la néeMriM ^ I^igAge pow et/ptimer «t «aregiatrer la» prodaitu ^ Ift pemé» : un â)soipfe*de Lodte démonlM q«re les s^iies^aofit de plus isécaa^ saiKB p^rar ferflaenr ces predtiilS) ^t^^virtxml pour esk dUpêifêr* Dé«ou^^«He p#éci«ude etlfl&nttiefift féeoncb en résultats théoriqueft et pratique» : prearier titre de glaire pour son auteur^ et i»oy^ d*ilhistration pvépafé auic philosophes qui, -là saislKant dans sa intifendear et son étendue , devcMnt m faire dan» ta ^oile ^nt et de rt helles apiiMcatioas!
Dis-loFS la science prend une direction phis fixe, plus assurée, se crée un émj>hiipkÉB déterminé dans la pratique 9 un ab/eî phts clair et pkis palpable dans Texpérienee; la théorie des idées n'est plus séparée des lois de leur expression; l'artifice secret de la pensée se met^ pour ainsi dire^ en reli^ dans les formes sensibles du langage, seul instrumait d^analyse , et Tart de penser^ de raisoimer, s'identifie avec l'art de parler (i).
Afeis avant l*ari est la mature; avant te raisonnement, ou le simple jugement même, est la Sensation ou l'impression sensible, que le signe va transformer en idée. Les idées comme leurs signes dérivent des^ sens d'une manière mé^ate ou immédiate; et quelle
(1) LogiqQO de GondUlac.
m ^A.MMBée» I il
Wlfi^iiPS «M5 Von n»#«|jMMÎt doptMT iptU-lme^ 4i^ férences ipéeifique» ne dépeii4mt; d^ U^iv#mâé
dans Votilr^ d^ 1^ connflmwçe f^p^iœodtoW mwit IdSî l^fir méti^iwqi^e^ 4e U i>^i>^ ; et qupiqu'oQ ^lîia^cmiîdéreii Vl^aipm^ comme une iniellig^nfte
opcaaM ftfflhptiifflMftwt d'^JbcKpd « chacun i sa miiiièva; «dlreiftwl IMut^lîfttifte ^'ert plus que vipumli^f (4 l'on a peine à concevoir ce qu^ semit le ^^tre Huw les sei^nteur^
Aine l'pQ^se trouve condijiit par ^n enA|iloi con^ alafit et sui^î» de 1% qi^ne mét^de d'obsforwtkmi à un nouiveau point de vue oi^ la ^démise propre deis fcÊçuUk SMEiU^^t vewr se léspudre dans la com naissance pl^^ioJlogiqiia la plus détendue, 4^ fonçr^ tioiu eidfij^iide dù^j^ org^tnes Qudekws rèsul^ teiis Ifis plus ^/tp^éamm (i); oomme la science de Xum^ et de \ objet de ces facultés se rédiûsait tout à l'heure à une epnnaîesanfiç plus appcâSo^ndie de r^9(i|4<^iet des foiift^»» df^ signes, cQpsidéréisi dans
(1) Voyez l'ouvrage àez rapports du physique et du moral de Thomnie^pst M. Cabanis, ^f êtéSûft aln^ et cofistidère sotts eè foist de vue §éi}éral toqtea l6S,£ieub4% hipiaiiiiat Si mm ma$ permettODS de restreindre par la suite , dans notre objet, Tapplîcation des idées de ce célèbre auteur , nous ne cesserons pas de l^tdoiirer Y et ds lecoaaattra tout 6e que noua, tan ésnmt.
i2 BB Là âteOM g O WfflON
leu» rotetioiM iBéeties^ ^moh» iàé»^ opéretionfr mtetteeUîdles doal îk sanl^m partie ûiftégrante^ o«i moyens néeessakf^s.
Et ici, il s'agit ^loore d'une mmvdfe espèse poi^ tiènlière dt sigmtff où la ptmée ^ xMttimihùrs ifeUe^ittémej s'il est pènsîs de paàlsc ainsi , ^i une MÉfésofte de relief 9 pour se sturprendre à sa naissance , ettsé mirer^di^ le jeu jp^/a^ desîitstra^ mi^its organiques naturels iqui sont censés la pro* émre ; commC eMe se saisit fha directement dans ses progrès ulliéii^u^> sous les formes sensibles des 's%nes artificiels qui h, répètent et doim^it une prise à sa profflre réfiexian.
Aimi tous les titres réels de la dbvistion proposée par Bacon, se froureraient remplis p«r la physiohgie^xmsi part, qui tendrait à dévoiler la source de nos fai^kés (puissances ou forces) dans l'en* s^nble des conditions ou mstruments organiques , au moyen desquels dles naissenl;^ se développent et s'^feetuent; et par hi gm^naire générale et ia logique é^aMtre part, qui nous mentreraient ces fecullés en action, employées ou appliquées dans l'expérience 4 leurs yéritaUes objets.
B n'y aurait donc plus^îeu à un genre de reeh^'^ dies qui sortir^t de cette enceinte de faits. La me- /a/7%^^^e,r considérée comme sdence propre de ré^e pensant, de ses Inraltés^ de sa nature, des idées Q\\ formes qfù kd sont attribués comxojà sujets et n'ont de fotadeBMnAïqiie dons sonwinç k mêla*
physiqm^ Jàa^f prise sons Futte <liB aMej^lom
sans objet, sans valexir réelle, et ce titose'kriHEiiéttM poiirmi iw iiâppclw ^oe de» dii^
Si la J>0i^d'utitoBi^tfo<te te piw wt e py rétenépi et la pré^î» desrésiiliaftsaiJEiqiielg elle4i Moduity par le^Mmiblrc «t J^portencte des vérttés p w rtiqiw s qui iront seimttacâM^ à son apfAicatlen , mois doute cm ne coBtestera point;les avantages propres à edk ^ggi, s'étendaat prc^rjessivement depuis Bacon sur tous bsfem'ea d'études, tend à- embrassa, et cqnmmispeat aa|0upd']onii àsmB sa sphère, rensemble deê connaissances humaines, la métaphysique des esprit^ coHMOpe Ibl physique des corps, la scienoe des ubsifuks , oonnne celle des ctmerets.
GritiqueraitHm en e£fet, compne msu£fisante ^et défectoeiise à certains égards, cette méthode «cpé* rimentale, qui, toujours conséquente à dle-méne^ dnt:tr|iiqM>rtor la jnélaphysique tout entière dans la science positive de nos idées, iméparable des lois de leur expressicm et de leur combinaison par les signes? Wb i^ontr^a ses titres; prendra à t^noin tant d'idées vagues et obscures qu'elles a éclairées en lesfc ramenant à leur source ), tant de procédés auparavant mystérieuoL de noC»«e intelligence, dont dtte a dissipé les nuages* par une rigoureuse' et exacte ^alyse ; l'artifice du raisonnemamt dont die a trouvé les kn» simples <^ uirifermesç les prâicip»du cakul , dont elle a presque re^siit la langue et découvert jus-
^tt^n* nëaiês la iM^le iâ»gi^d^ wfmt chii^ fi^
«ttsetoétit le géhlé de CkDto^fllàd (t)i:; ..• ^
Critiquerait-oh encoreVcemtiKilUtoôifëetdaiigë^ féûiCy PàMffttid^ ê»i)ïtt étàb^ éb nos jbtiM èMre dbtix c^Airé» de fiât», qtd, «pé^âsrêl {M^ la tl^êcMë, tetfâeitr à se ràp{)i^t>dïei'e«^ à s^mAt pkt YtihsëHàtïétt ^pliqi^ âimultahément au triéme èûjèt of^ahiséj ifi^ant et pensant? Vhistôite phjrsMôgt^uë dëfr àemc^iùrÈs se jastifiëra d'éHe^iïjéine en tkônbant l^Bf réscdtats de l'analyse qiti Itii est pro]^ , â|>{yHqiiéë ^iftout à cette classe dte ârcaltés et de jfiodSfidMdns passives , qui précédèrent pdar* Thôitiifté hl hlijaièf*éf de conscience^ et se tl*oilvén^ tbtijtruift Ictti de'ise^ rayons; à ces déterminattiohs dbscurés, ^i , ébm-^ prises naguère sous te nom vague d'une cause purement occulte , Viristittctj peuveirt se raEpJpbrttt» plûéexàK^tement aûjoui^ffbul à leur caitôe pï^uctîvé générale, et aux siégea oi^ank]fuès piartîètfliers qu'elles affedeê^tit. (a)
Une science al>itr^fe àës facultés de Fâme , tine ÉHétapÉiysiqu^^ fondée sur un ol*dl^e de spécuktîéns hyper^sensibles j poutrËit-dle eirtl*voîr seulen^nt! de trfs résultats? ]J)cAxi»i«lf^e iurlotft sé proposer
a>V^aila préfm de$ l^lèsim^ 4e CJUnU^^ de Lavoisier.
(2) On sait maintenant que Yinstinct se compose de déterminations ou d*împr^sîons qui ont respectivement leur siège dans des* orgaMs imérîtwrs , piaeés hors de rinfeeooedweote du o^rvéa», premier instrument de fa pensée. (Voy. Y Histoire physiologique des sensations, et le Traité sur U vie et la mort)
j^icatHKB plus étradM^^Jb fibjmk»gi»\ naLKÎWi* CK^ i4éoiagii{ii9i tt momie»? Jb v^^w: fMurkr <W m plan géiiérâl ife petf epiioaMBiwt dat li w él éa Ihi^ mm^e» (i)i par dt» ewyeM d'adlMltpliiipvopreè à Topéf^y. qit'ilir ip ftiW^ cM f iit d'ûM nwièwa pfaâ dûr^cterflw h p^^bçti^t^toimtdisB ot§^hms p«! qoî M& £EU^iito^ «e dq>lok)ikt^ el domMcaient à celk»*cî «imt:re«iar dont eU«s aoiit smeep^ikim, «ast diM Taspçœ <|iie dam f indi^u.
Msà&f sans a&ihlir la raconaaissaMe diM à de t^ hmAm^ mm mUûumaitft le rasg/^'occape dans la $^^3tce de respttfc buiMm iMe^ philoaopbio tmm kmàée aur Tespéncnce^ ni la^affantagea pro« prôs aiA9& diiN^rses tiièmea qw s'ji rappc^ttnt^ an pcMurra^y m râodanthommageaMxiémkafta^elMF* dier eacojne horsi d'eux dea primipm d'un ordrd pluf. rdevéf et BMMapt an dacrte ù le procès ùàx de aos J0«ira à la wtétaphyaîque eat défiiKliveBieiit jugé parle^mtj balancer encore mi^re tas èèfkiom U»p€»nB*ea i|ui L'exdaeatt da aM^mbre dea jeeieiiM^, M ka.titrMqiaa dc^airaaata pumaMa fontencore vakrir e&iay^rar de sa réatité. Ota pourraitdeaaander 8Î cas âoctiinea^ posée» de prkne-^abord dana le champ èm Fttpériencey e« eirc0feiac?nlie»dan» i'cMfdre dea faila seusiblea^ ae. laissent pas et ne cachent pas d^rière
) Ce plan, conçu par un génie aussi bienfaisant gu^éclairé, nous mnoncé psôr l'ouvrage de Fauteur déjà cité.
(1) est annoncé psôr l'ouvrage
i6 DE jjÈL JOfàooMPOêîriojs
dfcs on autre monde fyper-sensièhf éoMU étudiait^ au ccnmattre les fondements , s'il emste, ou ptonter du moins la non-existence , pour vivre désotnais en paix dans cdtii qui nous est dévolu* On pourrait demander enfin, si la méthode qui a ,été presque exdusivement appliquée panni nous à l'analyse des facultés humaines, atteint bi^i jus^ qu^atuc confins d'une philosophie vraiment pre^ mière ; si cette analyse même est parvenue jusqu'auit demi^ps anneaux de la diatne où Ton puisse arriver en décomposant, et d'où l'on puisse partir pour recomposer l'entendement humain.
La question proposée tend à résoudre ces doutes r prise dans toute la profondeur du sujet, puisqu'elle tend à découvrir jusqu'aux rudiments ou premiers Méments de notre intelligence : elle provoque de plus une appréciation exacte de divers systèmes , et laisse la plus grande latitude à l'examen impartial de toutes les méthodes conhues , puisqu'elle s'informe dfi celle qui est la plus propre à constater les âéments dont il s'agit. C'est d'une telle question que pourrait ressortir le jugement définitif du procès pendant de la métaphysique : sa solution complète nous apprendrait si le système de notions compris sous ce terme n'est que pure chimère, ou constitue une science réelle , distincte de celle qui a été désignée parmi nous sous le nom d! idéologie : si même, en se bornant à ce dernier titre très^énéral, il ne serait pas nécessaire d'établir au moins quelque dis-
DE LA. PENSEE. î^
tinction ;entre tme idéologie que Ton pourrait nom» mer subjective y qui , se renfermant daitô la cens** cience du %\i\e\, pensunt ^ s'attacherait à pénétrer les rapports iptimes qu'il soutirait, avec lui-même dans l'exercice Ubrp 4^ ses actes intellectuels; et une idéologie objectiifey fondée principalement sur les rapports qt^i liei^t Tétre sensible aux choses extérieures, à l'égard desquelles il se trouve constitué en dépendance essentielle , quajnt aux impressions àffec^ves qu'il en reçoit ou aux images qu'il s'en forme.
Mais ayant d'entreprendre la solution directe du problème,, il faudrait d'abord en discuter les termes, en rechercher les données. Et dans ce but, examiner prélirpinaireipent de quelle espèce précise sont les idées que nous exprimons par les termes facultés ou puissances de sentir ^ de vouloir ^ de percevoir.... de penser? Il s'agirait de, savoir si chacun de ces termes correspond à une idée précise indiçiduelley ou à une idée générale y abstraite yCoxsi'plêxe : si c'est un nom toigours singulier par la i^ature même de la chose, ou de l'acte simple qu'il signifie, ou bien un nom commun ^ applicable à une classe entière de faits intérieurs, de modifications spéqifiqueinwit différentes ; tels que ceux qui se trouvent placés à la tête de chaque branche de nos connaissances physiques : termes généraux, qui tantôt résument ^ans leur compréhension ou; leur extension, toutes les circonstances semblables des phénoi^èaes particuliers^ soumis à l'observation din. «
l8 DE LA DECOHPOaiTIOir
recte; tantôt expriment les cguses ou la oause unique et inconnue de ces effets analogues.
Dans le premier cas, celui de l'individualité ou singularité de l'idée qu'exprime le terme propre, aJttaché à chacune de nos facultés inteliectudles> on ne pourrait pas évidemment mettre en problème la décomposition de ce t^rme ou de la chose qu'il signiQe : il s'aurait ^ulement de distinguer, à certains caractères pris dans la réflexion, ses idées sim* pies primitives ; d'en assigner la nature et le nombre; de reconnsdtre leur source et les conditions qui les font naître; d'en étudier la liaison ou i'enchainè^ ment s^vec des idées ou des faits d'un autre ordre; et cela par tme méthode différente de l'analyse. de décomposition , ^pliquée aux objets de iK>tre con» naissance extérieure , ou aux images composées qui nous les représentent.
Quant au dernier cas , celui de la généralisation des idées^ et de l'anj^dyse logique, des term^ attae^s à tei^esjàculcés nominales, comme il s'agirait unir quement, soit d'une certaine méthode de classific^ tion, transportée de l'ordre des pbénom^es nuiltipies analogues, qui se représentent hors de nous, aux faits intérieurs ou aux idées simples qui s'y réflé» chissent, spit de l'évaluation de certains signes ab» straits complexes, dont des oonventtons ou bjrpo» thèses particuliyèr^s aiivaient déterminé le tita:^ ; il me paraît qu'il serait très*difiâcile d'assigner uw direction fixe et uniforme à cette sorte d'analry^;
DE LA imJUSBE. IQ
de dire quelles sont les boFiies pnédses^ k dé^ottiposition doit s'arrêter ; comme de prouver la réalilé absolue des éléments hypothétiques^ découverte par une telle méthode : puisque ce serait, d'une pMi, prétendre renfermer la nature s^isible daes ks limites de nos conceptions ou de nos moyens imparfaits de connaissance objective; et d'aatre part, vouloir imprimer un sceau invariable, ou doaaer force de loi à tel ordre de conventions qui ne peuvent rigoureusement lier que l'esprit conséquent où elles ont pris naissance.
Pms donc qu'avant de chercher comment on doit décomposer un sujet proposé, il faut hitn se fixer d'abord sur la nature ou l'espèce dé ce sujet, pour savoir du moins s'il o£Ere matière à décompositi^m; dans quel sens et 'sous quel point de vue il peut ae prêter à l'apalyse ; notre premier soin devra être de déterminer^ avec toute l'exactitude pos^le, la valeur de ces termes fycutiés^ puissances ou forces produetiçes : termes employés si fr^uemment et presque toujours d'une manière ù vague dans les diverses branches de la philosophie, soit qu'ils s'appliquent aux phénomènes du monde extérieur, soit qu'ils, se restreignent aux £EÛits de l'intellig^iiCe ou aux actes de la volonté. Il serait bien important sans doute d'en fixer la véritable valeur; cela ne pourrait se laiiïe, je ôrois, sans di^rcbier la fondement qu*a ^dans notre nature intime, l'idée ou le principe même de eausalitéy dont les termes précités sont al;â^t
ao I>£ ^^ DicOMPOSITlOV
d'expressions différentes dans la former univoques "poavle fonds (i).
E^ appréciant bien l'acception particulière que ces termes expressif ^ de causés ou de facultés dérivées, ont dû acquérir dans la physique réformée sur le plan de Bacon, nous serions mieux en état de voir jus€[u'à quel point d'exactitude cette valeur empruntée a pu passer ultérieurement, et par un progrès inverse, de la physique dans la métaphysique, qui s'est trouvée dès lors identifiée avec la science des signes de nos idées ou des modes passifs de notre sensibilité^ liés par un rapport de dépendance ( et suivant un emploi nécessaire du même principe de causalité), au jeu ou aux fonctions de certains instruments organiques qui sont censés les produire.
Nous serions conduits à juger ainsi, si la méthode analogique d'observation et de classification de phénomènes extérieurs, appliquée à un système de notimis ou d'idées purement réflectives , ne laisse rien à d^irer, ou n'entraîne aucun al^us; si elle remplit
(1) L'importance première que je donnais aux recherches sur le principe de causalité, m'a depuis été confirmée encore plus clairement par la lecture d'un excellent Mémoire de M. AnciUon » où cet auteur reconnaît le même principe pour être le père de la métaphysique, en s'attachant à démontrer contre Kant «qu'il est . « quelque chose de plus qu'une fortne , une simple catégorie ou « une manière dont l'âme voit les choses sans conséquence pour « leur réalité. » (Voyez les Mémoire* de Berlin pour l'année .1860.)
DE LA PEirSEE. ai
bien la condition essentielle à toute méthode , qui est d'employer les signes suivant la valeur précise (et toute rétendue de la valeur) qu'ont nécessairement dans l'esprit les idées iqui leur correspondent, sans dénaturer ces idées primitives, sans changer Tordre de leur génération, ni confondre les sources d'où elles peuvent dériver. C'est par de tels préliminaires que nous parviendrions à fixer le sens de la question proposée, à en déterminer l'objet, à circonscrire les limites où il faut la renfermer, et à trouver enfin la méthode d'analyse la mieux appropriée à sa solution complète, si (belles qui ont été tentées jusqu'à présent se trouvaient insuffisantes.
Tel est l'objet de cette première partie ; j'y cherche les fondements de la valeur donnée aux termes causes^forces ou facultés^ à partir des théories physiques jusqu'aux systèmes de métaphysique les plus abstraits. Je trouve dans cette diversité d'acception la clef des diverses méthodes employées à l'analyse des facultés humaines; et je tâche de me former un point de vue qui puisse concilier, d'une part, ce que chacune de ces diverses doctrines peut renfermier d'exact, et suppléer, d'autte part, à ce qui me paraît leur manquer.
2^ DE LA DÉCO]vri»OSITïON
C0HSn>UÀTIOIf 8 GÉlf BB1LB8 SUR L'àPPLIGATION BU irmiIIGIPK
DE causalité dans ja, physique génébale, et le sens qu'y prennent les termes force*, faculté*, eéc.
La philosophie scolastique avait fait un trop long et trop funeste abus de ces termes vagues de forces produetwesj virtualités y facultés ^ etc.; une superstitieuse ignorance trouvant son aliment et son appui dans des causes occultes^ en avait progressivement étendu Tinfluence, et s'était accrue avec elles; mais plus leuf nombre se multipliait, plus l'application en dévalait vaine -et illusoire. L'excès de l'abus dut frapper et révolter enfin tous les esprits qui avaietit encore conservé quelque reste d'indépendance : le besoin d'une réforme générale Se fit sentir ; et quand Bacon promulgua l'instauration universelle, quand il fit entendre ces paroles grandes et hardies .. Instauratio facienda est ab imis fundamentis^ il trouva plusieurs voix disposées à £aire écho et à népondre à son appel.
Se plaçant 4'abôrd loin de la région ténébreuse des causes premières, ces bons esprits travaillent de concert à observer exactement des effets plus rapprochés d'eux; ils s'attachent à en découvrir l'encbiainement et l'analogie, et à en faire une distribution méthodique, fondée sur l'ordre direct de leur liaison ou dépendance mutuelle. Cest ainsi que la
DE LA. PENSEE. a 3
physique 9 se bornant à Tobservation des phénomènes naturels , et à la recherche des lois expérimentales de leur succession , commeûce à devenir une science réelle.
Toute cause n'est plus dès-lors elle-même considérée que comme l'expression générale de ces lois de succession ; et si quelquefois encore on se trouve contraint de l'employer d'une autre manière sous les titres anciens àe facultés ou forces productwesy ces noms ne représenteront que des indéterminées^ qui-, entrant comme telles dans le calcul de l'expérience , ne pourront acquérir de valeur réelle que par le développement ou le nqpprochement; ultérieur des phénomènes, bien loin de leur servir de moyens d'explication immédiate.
Si Von place donc quelque nom de cette espèce à la tête d'une chaîne de faits, dont l'expérience manifeste la liaison et l'analogie, ce sera, dans le sens physique le plus ordinaire , un terme général et sommatoire, embrassant dans son extension la ^rie totde ou l'^sêinble des mêmes faits, considérés smis le rapport de toutes les circonstances essentielles qui leur sont communes, et ^straction Êdte dés particularités qui les distinguent.
]\Iais le même nom ne pourra-t-il, ne devra-t-il pas aussi exprimer qu'èlqu^is unenotion difiFérente et plus rapprochée du sens ancien ? Ne signifiera-t-il pasi^core une cause proprement dite àp& phéno-^ mènes similaires qui lui sont attribués : cause ou
a4 DE LA DKGOMPOSITION
force (i) incoimue ai eH©*mêioe , mais que l'esprit ccmcevra par relation comme individuelle et simple, dès qu'il lui attribuera quelque activité vraiment productive?
Arrêtons-nous un moment sur le fondement à^nne double acception que durent prendre:, dans le re-. nouvellement des sciences naturelles, les termes^ uniquement afifectés auparavant à des causes ou Êicultés occultes.
L'ordre de la génération de nos connaissances réelles étant complètement ignoré dans l'école, l'art
(1) Ceux qui reprochaient à Newton d'avoir ramené une cause ,occti2(e en physique, prenaient le mot aUraction dans ce dernier sens de force attractive , sans faire attention que toutes les forces conçues hors de nous de cette manière sont également occvltes ; llmpubion rapportée aux corps qui se choquent, aussi bien que l'attraction attribuée à ceux qui gravitent. Biais Newton explique le vrai sens physique qu'A donne à ce terme, et écarte toute dffiSçulté en se bornant à l'employer comme l'expression d'un fait généralisé , d'après l'observation et les comparaisops les pluç précises de circonstances phénoménales > susceptibles par leur nature de toute la rigueur du calcul.
Dans l'emploi de la formule générale du mouvement varié p di=^dx^\e gf§omètre ne songe point du tout è ce que peut être Ifi force accélératrice p en elle-même; il n'y attache point non plus la notion d'étendue , ni aucune autre qui appartienne aux faits objectifs; il ne peut concevoir la valeur intrinsèque de cette lettre p que sous la notion d'une certaine puissance ou énergie, dont nous chercherons ailleurs quel est le type original. Mais la seule drconstance qu'il y considère actuellement , c^est Fintensité ou la quantité qui se trouve déterminée par le rapport commeosurable des espaces parcourus aux temps ou aux vitesses. Gela suffit au but du géomètre physicien. faudra voir si le métaphysicien doit aussi s'arrêter là.
X)E hiL PJS!|$léK. %S
d'observer, ou de recudUir et de classer les phéno^ mènes, devait y être aussi dédaigné ou méconnu. On ne pouvait alors concevoir le fcnidement d'un procédé que les habitudes les plus intimes de notre esprit, activé par le langage, rendent de bonne heure si familier, et par-là même si obscur dans son principe, si incertain dans ses applications ulté* rieures. Je veux parler de celui qui consiste à s'élever par une suite de progrès rapides , des premières idées sensibles qui représentent les individus , à la formation des idées abstraites de genres^ de classes: simples débris des perceptions totales primitives, et qui ne contiennent plus que les propriétés communes aux objets réels d'observations directes , rap-% proches Içs uns des autres par leurs faces analogues dans de nouveaux groupes , où ils peuvent être dits ainsi partiellement renfermés.
. Une imagination sans guide, réalisant hors d'elle des propriétés abstraites , dont les noms se trouvaient substantifiés dans le langage, y avait rattaché les conceptions d'autant de substances^ deforces ou de causes occultes ; mais pendant qu'elle s'égarait ainsi de plus en plus dans le vague d'une multitude d'influences secrètes et mystérieuses , de sages méthodes vinrent dissiper ces prestiges. En donnant les moyétis d'apprécier la véritable valeur de. ces titres noinmaux , elles éclairèrent Fintelligence sur ses propres produits, la remirent en ppssession du fil des analogies exactes qu'elle avait souvent suivi
à son insu dans la classificaticm des phénomènes^ et lui permir^it de le renouer là où il se trouvait entièrement rompu.
Au lieu de partir d'i^ord des noms de classes, ou de genres formés d'avance, on commence par bien constater chaque propriété ou chaque phénomène en particulier : une première comparaison de ces faits individuels , manifestant ensuite leurs analogies les plus apparentes, conduit à les, distribuer en familles; une deuxième comparaison de ces familles donne les genres , une autre les classes: jusqu'à ce que l'esprit , s'élevant aux rapports les plus généraux , conçoit ces grands résultats nommés lois^ qui planent sur les classes entières, et dont l'identité ou la ressemblance manifeste, dans l'application, une cause commune des phénomènes (i).
Mais cette camuse , n'étant ainsi donnée, que par l'analogie des effets, et jamais en elle-même, ni dans le comment de sa production, si Ton veut exprimer la notion que l'esprit s'en forme en la considérant sous lé rapport essentiel de réjnergie oude F actinie
(1) L^esprit ^mt à pea près la même marche dans la clas^catioii dès pf&j^riéUs permanentes des corps extérieurs , et dans celle des phénomènes transitoires qui se rapportent à ces objets comme tehnes d'application de certaines forces. £n suivant Fordre de ces généralisations «uccessives, il se trouve ainsi conduit, d'une part , à la notion d'une svhsianee qui i'éaliseen elle toutes ces propriétés, et de l'autre , à ceUe de cause ou de force qui produit tous ces phéoMi^nes. A^x yeux des philosophes qui n'ont vu partout que des phèaomèngs , ces idées de substance «t de forcà^ ont dû s'identifier : c'est là l6 point de vue de Leibnitz.
DE LA PENSilE. 1^
qui la constitue, Pexpression propre manque, et on e^ réduit à y substituer le terme qui signifiait déjà l'effet lui-même dans sa généralisation : de là deux emplois différens d'un méiàe signe , et aussi deux manières de concevoir ou d^appliquer le principe , réellement un àe^ causalité.
Comme indicateur d'une cause individuelle , ou d'une force vraiment productwe de tels phénomènes, le signe exprime une inconnue simple (or), semblable à ces indéterminées que les mathématiciens emploient dans l'analyse algébrique, en renonçant à en déterminer la valeur, lorsqu'ils ne peuvent les développer ou les mettre en équation avec des quantités connues de la même espèce (i). Mais, comme terme général et sommatoire d'une série de faits analogues, c'est une expression complexe représentant, sous une forme abrégée, des valeurs déterminées , ou qu'il est toujours possible de déterminer par développement ultérieur. (Comme serait
Une méthode qui a pour but de conserver tou-
(1) Le principe de causalité ne peut être donné que comme un rapport dont Fantécédent suppose le conséquent, et ne peut être eonçH que par lai. Or, notre lasgage ex^me bien oes de«x idées corrélatives de cause et d'effet y la langue mathématique doni^e exactement l'intensité de Tune par la mesure de l'autre ; mais quant au lien qui les unit /quant à l'énergie de te production de l'effet par la eause, isela échappe à toutes nos expreswn^^toi^iQiurspriseil dans le point de vue objectif. Nous verrons pourquoi il en est aînsî.
a6 BE LA. DECOMPOSITION
jours la clarté et la précision des idées (images) y devait tendre à écarter, autant que possible, la fonction simple ou absolue de cause (x) ; et les phy^ siciens ont pu , dans leur objet, en £ûre totalement abstraction. Néanmoins , comme cette dernière notion de cause est fondamentale et intime à l'esprit humain , qu'elle se mêle à toutes les représentations objectives de nos sens, et entre nécessairement dans les sentiments de nos actes , les formules de notre langage devront toujours porter son empreinte. Il sera donc difficile de parvenir à la transformer entièrement , et à faire la substitution complète que l'on aurait en vue. En vain, la pensée cherche à se renfermer dans la conception claire du fait généralisé , le signe destiné à circonscrire celui-ci entraîne toujours quelque retour secret vers la cause inconnue, que l'imagination tend à saisir; mais devant qui la raison s'arrête , forcée d'avouer son impuissance... Cet aveu est triste; il faudra donc tâcher d'en diminuer les occasions : pour cela , on cherchera à réduire , autant que possible , le nombre des causes; ce qui revient à simplifier les expressions des phénomènes généraux , et à réduire efiTectivement le nombre des classes, en cherchant ou supposant de nouveaux rapports d'analogie ; car c'est là tout ce qui est en notre puissance.
Prenons pour exemple les notions que les physiciens expriment par les termes attraction^ affinité ^ électricité y magnétisme. Ce sont là autant àt forces
VJi LA ^EMSiB. %Q
productives différentes, toutes paiement inconnues en ell^mémes dans le comment de leur action, ou bien autant de faits généralisés d'après Texpérienoe qui a déterminé la rétmion des analogues en une même classe, et la séparation des semblables dans des classes différentes. Or, si Ton se bornait à ce dernier point de vue dans l'emploi des noms de causes, je dis qu'on devrait trouver moins d'inconvéniehs dajas leur multiplicité, et que la réduction qui tend toujours à s'en faire dans le progrès des sciences naturelles, devrait bien moins exciter le zèle et animer les recherches, puisqu'elle se rapporterait plus à la simplification des noms qu'à la précision des idées; à la forme et à l'ordre logique de nos connaissances sur les causes^ plutôt qu'au fonds et à la réalité de ces connaissances mêmes.
Supposons en effet, qu'en comparant les idées ou les faits compris dans des groupes différents , tels qn^élecirîcité j magnétisme ^ l'observation fasse découvrir de nouveaux rapports de ressemblance entre les phénomènes élémentaires de chaque groupe.... Si ces analogies se trouvent constantes et en assez grand nombre ^ on sera conduit à donner un signe commun aux deux groupes, en prenant pour terme général de classification ou d'explication , celui dont la valeur se trouvait déjà la plus étendue et la mieux déterminée.
C'est ainsi que plusieurs physiciens ont .tenté d'exprimer et d'expliquer, par le terme général
3o DE liA l>iCQMPOSITION
attraction^ l'ensemble des phénomènes i^r se trouvent encore con^ris sous le titre ii affinités chitmr ques. Mais quand même les analogies supposées seraient réeUes , et que l'identité des lois conduirait à admettre ime cause commune, ces de^x classes de fiaits n'en devraient^elles pas moins rester distinctes dans l'esprit, par des circonstances encore particulières à chacune ? La véritable cause productive en serait-^Ue surtout mieux connue? Non, sans doute; mais la formation d'une nouvelle classe plus étendue , ou la réunion de deux en une seule j fondée sur de nouveaux rapports de ressemblance , aperçus ou supposés entre deux- ordres de phénomènes auparavant isolés^ ramenant à l'unité des hypothèses explicatives diverses^ ne déterminerait plus qu'une fois pour plusieurs , le retour que l'esprit est ccm^ traint de faire vers l'agent inconnu. Or , cette réduction à l'unité systématique de principes ou de cause, facilitant d'un côté la marche de la pensée, et satisfaisant de l'autre à un de ses premiers besoins, les promoteurs de la philosophie Qaturelle ont dû tout tenter pour l'opérer : et de là une émulation salutaire , source de plusieurs découvertes utiles dans la science objective de? phénomènes. Mais l'extrême désir de simplifier a fait que les plus sages même n'ont pas toujours été assez sévères sm* les moyens; et de là aussi, bien de vaines hypothèses ou de fausses analogies, que des observations ultérieures ont successivement renverseçi^.
j)£ h^ psHSEB. 3i
Nous pouvons conclure de ces pren^ères ré»
flexions, que^ dans les sciwces physiques^ l'opération qui parait avoir pour but la recherche^ des causes j ne diffère pas réellement, autant qu'on est porté à le croire, de celle qui tend spécialement à classer les phénomènes (i). Mais ce progrjès de gér néralisation , par lequel l'esprit s'élève successive^ ment des Ê^ts iiullviduels à la formation des clauses et à la détermination des lois les plus générales , àe fonde §ur uiie sièule et même opération intiellectuelley qui consiste à percevoir toujours des rapports plus étendus entre less faits totaux ou partiels, et à en lier les idées suivait l'ordre réel des successions, analogies ou ressemblances* A meamre que le nom^ bre de cçà analogies aperçues s'étend, c^w des classes déjà formées diounue^ Celles-ci se rappro* cbent et rentri^nt les unes dans, les autres. Les séries dé faits convergent , et tendent à se rejoûidre pai* leurs sommités ; les causes se simplifient. L'a'ntécé* dent commun de tous ces rapports s^ trouve- plus reculé air regard de la pensée ; maîs^il subsiste dan$ son intimité; toujours elle fait de vs^ns efforts pour éd^af^r ou éluder son. titre réel , en le transpor*
(])Un j^hilosophe très-estinaable présente ainsi letdbieau des opérations successives de la science dans la recherche des vérités de faits-, observer, , classer, poser les fois , chercher les causts; maïs ce qu'il dit de cette dernière Opération pgrouve -assez q«1l n'y a ^$$ une aussi grande, différence entre elle e\ celles qui la précèdent. (Voyez le Mémoire sur les signes et Us essais de philosophie, tome il ,-par M. Prévôt, de Genève,)
3a DE LA DÉCOMPOSITION
tant, soit à certaines fcmnes catégoriques d'un langage conventionnel; soit parmi les propriétés des choses ou objets dont les imag^ se trouvent liées par succession ou simultanéité dans l'expérience.
Ainsi donc, lorsque nos physiciens modernes ont transformé y autant que possible, toute la valeur des causes ou facultés occultes en une simple expression de phénomènes sagement généraUsés, ils ont fait sans doute une chose très-utile à leur science, en la restreignant à son véritable oô/'e^, et en y apphquant la seule bonne méthode dont elle soit susceptible. Mais quand ils ont réduit (et quelquefois au-delà des bom^ ) le nombre de ces causes; quand ils ont afi&rmé surtout, et sans restriction, que les termes dont ils les désignent n'emportent pour eux rien de plus que l'idée de faits généraux, ils se sont , je crois , fait illusion; et leurs assertions me semblent contredites par les efforts mêmes qu'ils sont constamment portés à faire, sôit pour éliminer àt^ i/aco/mw^. qu'ils sentent devoir toujours rester telles , soit pour en écarter ou en /échanger les notions. Malgré eux, le .signe indéter^miné qui énonce un agent ou force productive , quoique logiquement identique avec le terme général et sommatoire d'une série d'effets, n'en conserve pas moins réellement sa fonction propre; et ces deux valeurs , l'une individuelle, l'autre générale ou abstraite, n'en demeurent pas moins distinctes dans l'esprit.
DE Là vcmés. 33
Il est vrai qot, dans rappUcsition d^ théories physiques, la dernière valeur peut ôrdinairemetit subsister seule sans erreur et sans équivoque (i). Supposons, par exemple (pour suivre l'analogie des termes de la question proposée), qu'on deman-v dât une analyse ou décompo^tion des facultés où forces physiques exprimées par les termes grat^ita^ tion , 'VégéteUion , etc., il est bien évident qu'on ne pourrait appliquer l'analyse à ce problème que sous le point de vue des idées positives, ou des phéno* mènes élémentaires que chacun de ces termes résume dans sa compréhension ou son extension ; et ai écartant l'idée des causes ou forces simples, qu'ils peuvent indiquer aussi dans leur sens propre ou individuel , il ne saurait plus y avoir d'incertitude quant à la direction et au véritable but des recherches.
Mais nous aurons lieu bientôt d'examiner (et tout ce qui précède n'a eu pour but que de nous conduire à cet examen) si, dans l'analyse proposée, oh peut considérer ainsi, sous un seul rapport général, les facultés constitutives ou attributives de l'être
(1) Il peut néanmoins résulter de là quelques obscurités dans les principes de ces sciences ; et je ne sais si les auteurs de mécanique rationnelle sont parvenus encore à levw toutes les difficultés , ou à prévenir toutes les équivoques auxquelles peut donner Heu l'emploi des formules où entrent l'expression des forces et celle d^ leurs mesures. Il me paraît quils ne le pourraient qu'en remontant jusqu'à l'origine de cette notion si particulière^^ en la distingaant bien de toutes les autres idées ou images, que l'expérience a associées avec elle.
34 J>£ I^ OilCOMPOSlTION
sentant et pensant; $i l'on peut y changer, sans inconvénient y la valeur réelle du {urincipe de causalité , ou celle des titres qui l'expriment; si, confondant la pasJiion a.vec Y action, on ne doit comi-* dérer la cause ou force productive de certains £ut& ou actes inlérieurement perçus^ que dans ses résultats objectifs, et la traiter eUe-méme comnie une iHeonnue qj^'îl Êuit éUminer, ou qu'ott peut négliger dans l'observation et I4 dédnctiqn des feits de cet ordre; enfin, si la^ méthode d'observer, de classer, d'analyser, peut être absolumcmt la même dans son but, sa direction et ses moyens, lorsqu'on passe de la sdepoe des idées qui représentant des objets au dehors , k celle des modificatens ou des actes qui concentrent le rj^oi dans s^s propres limier. Mais,, avant d'arriver à cet examen qui rentsre pleinement dans la question proposée, nous a^ons besoin de nous ajtr^tear encore siir la yaleur donnée au* mêmes tejfïxy^/a<:ff>^és^forceSy etc., dans la physiologie ou la sciei^i^ particulière des phénomènes que présentent les machines organisées vivantfss. Nous espérons now rappprocher ajinsi à^ p^us en ea plus du sujet principal de nos recherches.
. »£ LA VK$SÉ%. 35
DES NOTIONS GlÊNiRALES DE facuUéS DANS LA PHYSIOtOGII BN iPAUlleviIStt.
Plus compliquée dans ses recherches i plus ob^ scureiifBs.son objet, plus bornée et plu$^ iuoertaiii^ daps ses laoyens de connaître , la physiolof^ n'ai devait pdfi papille suivre, à son.tqur, la grande impulsion coimnpniquée par le r^Eormateur à toutes le^ sckQces n^reUes* Ceux de ses discq>les qui s'attachèrent à €e%te branche intéressante de& conn^is^ sanceahumain^» trquvèrent là surtout une multi**' tude d^ ^^i^m «coultes ou deprin<âpea mystétieux à éloifpa^ €|e nptiqns vagues à refoÊre^ de suppositions arbitraines à vérifier, pra^qpe.toua les waté* rjbai^ ou laits réels à déeottvrk et k M&e.
Écartar d'abord l'idée obscure de toute can^ preinière de la vie (de touite entéUchk) pour ^^ voir -qpe de^ propriétés orpniqpiesr im;i^ilesl^ k* l'afaservatidn^ ou découverte» par une suite réguUàçia^ d'axpér}eEnoes; cou^^arer ces pr^^pciétés eiM3*e eUe# dans leurs sièges naturels \ de^ c^ prc^^tés per^iat nent^ et sensibles données comme lignes, passer par induction ou analogie k un ordr^ de |bnction& (pii deia^irait cachées dans l'intérieur de l'être vivant, où l'oeil ne peut plus £^teÎB4rô i des rapports de ces diverses fonctions entre dUes, et de leur correspondance dans une vie commune; s'élever enfin
36 DE LA. DicOMPOSITION
à la notion de ce qu'on peut nommer une causcj un principe ou nntfacultéj mais qui n'est encore qu'un fait général complexe ^ résumé de tous les phéno* mènes particuliers observés ou déduits... Telle a été à peu près la marche des physiologistes dans la ré^ formation de leur science : c'est ainsi que le terme sensibilité est devenu l'expression des propriétés les plus générales des corps vivants, et tient, parmi les phénomènes de la matière organisée, la place deF^/traction dans les lois de la matière morte.
Mais le même signe général, sensibilité j est susceptible encore de recevoir ici deux ou trois valeurs dififérentes. Et d'abord , en vartu de c^tte pente na* tureÙe qui entraîne toujours l'esprit vers là notion obscure de quelque cause qu'il réalise hcwns d« lui,' ce terme peut exprimer la force individuelle unique, qui produit ( par une activité supposée et non sentie) dans l'ensemble des organes ou dans chacun d'eux , ces phénomènes multiples que l'analogie détermine à réunir sous un signe commun. Mais cette valeur individuelle, que l'on renonce à déterminer en dle^même, n'entrera que le moins possible dans les formules scientàfiqaes , où il s'agit uniquement des lois expérimentales de la combiiMÛscHi ou de la suc<^ssion des effets, et non de la nature de ce rapport nécessaire, quoique profondément ignoré , qui lie tous les suialogues à une même force productive. Ici la physiologie procède absolument de la même mamère que les autres braiîcfaeB de la f^ysîque^
éàm la dtnificattoii des faits et la formatioii des termes géuéraux qui remplacent les noms, pu les OQacepttonsdes causes réelles.
Mais il est encore une autre manière de procédeir mixte en quelque sorte , où le physiologiste , après avoir employé d'abord le terme sensibilité dans son acceptixm propre, comme signe d'une faculté ^ ou d'une propriété intime de son être individuel, transporte ensuite, sans s'en apercevoir peut-être, l'expression d'un ordre de £ûts, qui ne peuvent exister ou être conçus que dans le point de vue intérieur d'un sujet sentant unique^ à un ordre parallèle , mais tout différent de phénomènes composés qui se représaitent ou s'imaginent en dehors dans le jeu des instruments organiques; enveloppant ainsi sous les mêmes signes deux sortes de conceptions différentes, et puis jugeant de l'identité réelle des idées ou des faits , par l'identité conventionnelle des formes logiques qui leur sont appliquées. De là un rapprochement souvent illusoire entre le physiologiste et le métaphysici^i, qui, pour employer les mêmes termes, pourront croire s'occuper des mêmes choses, ou embrasser le même système d'idées.
Je crois important de remonter aussi haut qu'il m'est possible, jusqu'aux sources de ce rapprochement de point de vue, et de cette communauté de langage qui a tant contribué à chaager la face des sciences physiologiques, et me paraît avoir interverti souvent la nature et le véritable caractère des notions métaphysiques.
C'est à 5tefc/ qu'il faut rapporter la premiêite onion contractée entre les deux sciences (t). Entraîné par un génie fmpatient, hors de là sphère trop circonscrite des faits, ce physiologiste célèbre semble vouloir pénétrer jusqu'à la cause première qui réalise les phénomènes de la vie. Il trouve identifié avec le sentiment immédiat de sa propre existence celui d'une force qui agit ou meut certains organes , en apercevant ses actes : il considère que cette force (moi) réalisée comme substance hors du sentiment d'elle-même , n'a pas besoin de se connaître pour agir, pour être; et abstrayant ainsi de la conscience A^force^ l'idée d'une activité absolue^ il transporte celle-ci aux fonctions organiques ou purement vitales, qu'il attribue à une cause identiquej par le nom et Fhypothèse , avec celle qui ne peut avoir que la conscience pour caractéristique de ses actes, et de son existence même.
Ce mot âme se trouvait indéterminément établi dans la langue de divers métaphysiciens , pour exprimer soit la cause efficace ou occasionnelle des mouveiûents du corps et des actes que la volonté s'attribue , soit le sujet passif de toutes les modifications d'une sensibilité intérieure ou extérieure, quelquefois même organique ou animale. Consi-
(i) « En Mfiant ê^ IV}m« lé {MÎodpê 4e tous lei moovemeats vUaiay subi a renversé la barrière qui séparait la médecine et la philosophie. » ( Roussel, Préf, du Système phys» et moral de la Femme,)
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IH5 Uk PEirSKB* 39
dérée comme cause des mouTemenU cm fiorce productive inconnue^ distinguée par conséquent du moi qui n'esiste qu'a» tant qu'il perçoit et ne perçoit qu'eii t^nt qu'il agit, rame humaine pouvait être rangée dans la classe de toutes les autres forces^ dont il n'y a point de science^ proprement dite, hors des effets oensibles par qui seuls elles peuv^it se manifester. C'est ainsi que les philosophes furaoït souv^ït conduits à se Eure une idée objective du principe pensant et moteur, en cherchant à le concevoir soUs une image, telle que celle d'un^£^ subtil , d'une matière éthérée^ etc.
Stahl, aysmt ainsi réalisé la substance de l'âme hors du tnaiif put être conduit à rapporter à cette cause commune (<r) les fonctions qui ne peuvari: être qu'imaginées ou représentées dans des organes matériels, et les actes ou opérations conçus uniquement dans la réfleidon du sujet qui se les attribue.
Observant certains rapports de coexistence entre des Êûts hétérogènes , il pouvait se croire autorisé à supposer qu'une même force appliquée à des in^ slroments différents , et les activant tour à tour ou ensemble, pouvait déterminer ou produire diverses sécrétions dans des organes appropriés^ la digestion dans l'estomac... comme la pensée dans le cerveau, et le sentiment partout.
Ranarquons pourtant, que cette réduction à l'u* nité systématique de force productive des phénomènes organiques et intellectuels, ainsi ràpjprochés.
4pO DE LA «ÉCOMPOMTlOrf
n'éliait pas absolument conforme à la ^rentable méthode des sciences de faits , d'après laqndile on ne saurait être conduit à supposer ou affirmer Tiden* tité^le cause autrafnent que par l'analogie ou la res^ semblance complète entre les effets donnés par observation. Or, comment assigner une ressemblance exacte entre des faits conçus d'uii^ manière si essentiellement différente, que tel acte de la pensée, comme un vouloir par exemple, et telle fonction ou mouvement organique étranger au moi? Comment ranger dans la même classe et attribuer à la même cause des choses anssi hétérogènes ?
Quoi qu'il en soit, puisque dans la doctrine stahlienne l'âme est considérée comme une force motrice générale; que cette force entrant spontanément en action, ou excitée par les impressions matérielles, faites sur les organes internes et externes, produit ou effectue suivant des lois préordonnées les mouvements vitaux les plus obscurs , comme les sensations ou les idées qui sont datis la conscience de l'individu ; on saisit le sens physiologique où l'on aura pu dire ensuite que cette âme également avertie de toutes les impressions diverses , les sent ou en perçoit les résultats, agit ou veille sans cesse (i) pour se mettre en rapport avec elles, les exalter ou les modérer ;... tandis que le moi étranger à ces avertissements, à ces prétendues perceptions, ignore
(1) Activé excvbias agit , comme dît Stahl.
aussi Qomflètemegit œ.quf^ la force de Yâme produit en lui, que si elle opérait dans un autre âtre. I^a consc^nce de certains actes ou modes est en elfet le seul titre de leur attribution rédle à ce sujet qui s'appelle moi; mais dès qu'on suppose une âme qui agit , sent ou perçoit hors de la participation , soit actuelle y soit possible de Vindividu, on peut bien attribuer tout ce qu on voudra à une telle cause ainsi conçue en dehors ; mais comment s'assurer du fo^ement de ces attributions ? quelle preuve solide aura-t-on de leur réalité ?
Ici le rapport de causalité est donc pris dans un sens purement imaginaire. Il perd sa base naturelle et le titre légitime de son appUcati<m.
L'identité hypothétique d'un principe qui fonctionnerait aveuglément dans les organes vitaux , et produirait en même temps les actes que la conscience éclaire; cette identité , dis-je, subversive de toute vraie métaphysique, put être préparée et motivée par les doctrines des métaphysiciens eux-mêmes , qui, se plaçant dans un point de vue éloigné du sens intime , ou contrariant son témoignage , rapportaient les uns à des forces extérieures coactives, les autres à un agent suprême ou mystérieux, ces mêmes actes ou mouvemens , accompagnés de conscience et de liberté , que le moi aperçoit évidemment comme des produits immédiats de sa force propre et constitutive.
Je le dirai ici par anticipation sur tout ce qui
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doit suiirrec si la force active que je sens comme identifiée avec moi , ou inséparable de mon esist^ice sentie ou aperçue^^ n'est pas réellement €^* ^ace dan& la production de l'^Ebrt que je crée; si le Bentinumt intime de ma. propice causalité, dans ce cas f n'est qu'une illusion, je demandie d'abord d'où pourrait me venir l'idée d'une cause ou force aistive quelconque?
Mais écartons le seul mode de génération naturelle possible de cette idée def&rce , ou peut-^tre le seul fondement que puisse avoir dans notre esprit le principe de causalité : si , rejetant le témoignage du sp^is intime , j'accorde à quelque agent mystérieux, différait de moi , et soms une dénomination quelconque , le pouvoir actuel efficace des actes ou mouvements dont je me setis la cause , je pourrai bien à plus forte raison et pour me rapprocher de l'unité systématique ^ attribuer au même agent ces mouvements vitaux, obscurs, qui, ne venant jamais à ma connaissance , sont hors de la limite de mes pouvoirs, soit réels, soit illusoires. Ainsi en refusant de voir ma propre action y là où elle est véritablement , j'en transporterai le principe au dehors , où il n'y a plus aucun moyen réel de le concevoir. Après avoir brisé le modèle original , j'imaginerai une vaine copie : après avoir éteint le flambeau qui m'éclaire sur le principe intérieur de mes propres actes , j'irai, poursuivant son ombre , dans les ténèbres extérieures chercher une cause Êintastique,
tîomtnune, de tout ce qcd s'opère en moi, o\\ dans mes organes sans mof comme pfar moi. Dèslors, n'y ayant pltrt ancun fondement à une science proprement dite de m^fàcafûés actites inteilectudles , la métaphysique devta s'identifier à më8 yteilx àVec !a théologie^ si je stife un Mallehtanehe ; avec là physiologie, si je suisun5teAf(i).
Les physiologistes, successeurs de Stahl , mais eh même temps disciples de Bacon et sectateurs fidèles de sa méthode , ont écarté depuis , autant qu'il était en eux, la notion oBsciire et systématique d'une catise première qui n'entre jamais, ainsi que nous i -avons vu, dans T^bservation et le calcul des phénomènes. Ils ont donc déchargé Vâme considérée
(t) Malgré la distance apparente qui sépare te système des causes occasionnelles de celui qui attribue à Tâme pensante, comme catise efficace , les fonctions vitales ou organiques , il me semble les voir reposer sor des bases pareilles et partir d'une même souche.
Descartes, cherchant vainement à concevoir comment Tâme pourrait mettre en jeu et diriger avec tant de précision des esprits animaux , et des ner£s dont elle n'a aucune connaissance objective , dans divers actes ou mouvements volontaires , recourt à une force efficace suprême , dont il lie peut cependant avoir trouvé l'idée ou le mo^le que dans l'expérience ou le sentimetit de sa force propre. Stahl , attentif aux phénomènes si compliqués de l'organisation et de la vie, y trouve une variété inépuisable de moyens toujours appropriés à un bût, dirigés avec une attention apparente ; et ne sachant comment coneilier ces phénomènes avec les lois de la matière brute et inerte , il y transporte le principe actif et intelligent, dont le saràiment dç ses propres aeteà M fburnit te Modèle , en suf^sant qu'il n'est point essentiel h ce pHnoipede se connatire pour exister et agir. Ces deux philosophes partant donc également des faits de conscience , vont chercher hors d'eux une cause expHca-
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comme sujet de la pensée , de toutes ces fonctîoDs obscures, que Stahl admettait comme des interaiédiaires essentiels entre les impressions matérielles fûtes sur les organes , et leurs résidtats quelconques, soit organiques ou vitaux^ scût sensUifs et percep^ tif^; tous produits humaines de l'activité d'une seule et même force substantielle. Mais les uns conservant l'idée de semblables fonctions, en ont attribué l'exercice à un agent inférieur particulier qu'ils individualisent dans le langage (i), quoiqu'ils permettent de le*c<»isidérer comme une simple moda^ lité abstraite du corps vivant, ou encore comme une cause nominale dont le signe résume l'ensemble de la série entière des fûts vraiment phjsiologi-
tive Gommune de tous les mouvements , tant volontaires que vitaux ou organiques ; et que cette cause soit Ditvk ou rdme , toujours est-elle étrangère au moi , ^XtswmaXwtVie , conune étant placée hors les limites de robsei^ation et de la réflexion. Stahl et Descartes semblent récuser également Fautoritédu sens intime, et apprennent à le méconnaître ou à s'en passer. Tous deux supposent des facultés et des idées tnn^ qui préexistent dansTâme, sans être développées ou même sans avoir besoin , pour exister, de venir à sa connaissance.
Mais comme les mouvements internes des parties du corps orga- * nisé et ceux de masse des corps bruts se rapportaient également , suivant Descartes , à une même cause spirituelle toute-puissante , les lois des corps vivants ne pouvaient pas être distinctes de celles de la matière inorganique. Tandis qu'en attribuflttt les fonctioiis vitales au principe particulier de la pensée et de la volonté , Stahl affranchit réellement la physiologie des lois générales des corps bruts , traça autour de cette science une ligne de eiroonval^ lation ; et prépara par là tous ses progrès ultérieurs.
(1) Sous le nom de pHnetpe vital. (Voy . les EXèmienU de la Science de V homme , par M. Btrthez. }
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quesy qu'ils distinguent des opérations de Fftme
D'autres se tenant plus près des résultats sensibles de Tobsei^^i'ation ou de Texpépience , cmt ctxt devoir rejeter tout intermédiaire, tout agent mystérieux. Ils ne trouvent aucune difficulté d'attribuer immé*diatementet eidusiTematitt au Jeu des organes tout cet ensemble d'actes , de fonctions et de résultats, smt organiques ou étrangers au moi, soit intellect * tuels ou ftOGompagnés de conscience , dont les derniers au moins semblaient bien devoir Êiire une classe à part et nécessiter l'intervention d'une causé ou fonce hyper^orga^ue. Ce ne sera donc pius- FdmeAe Slahl, mais un principe vital partioilier, ou encore plussimplement, les parties vivantes unies en système, et correspondant à un centre commun, qui seront dits sentir (et souvent à l'msu du moi) les impriB^iôns reçues, exécuter ou méthe déierminer et vouloir \eB mouvements qui les suivent. On voitMcn que œs sortes de sensations (^àe voHUons sans conscience, sans moi^ telles que les admettent nominalement plusieurs physiologistes modernes, portent l'emprunte de la doctrine mère, et l'on y reconnaît avec l'influeiu^ des premières; vues de Stièil, le motif de la transformation du langage n^taphy sique , et du double emploi des signes dont nous avons parlé..
Sans prétendre m'érig»» en juge , encore moins en censeur dans un sujet si difficile , «tauquel tant
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d'hommes de g^e ont rattaché \^i^^ ^fHW9 j ob^ serverai en effet comme une chose évidente par ellemême (et qui n'a pu échapper aux auteurs ,4e la l^ngpuejQowittenant adopta enphy)siQlogM^).qne les termes jf^nsatian, perception ^ vouloir^ et par «uite ceux de ^epsibifiié^motiUtéy emplqyés comme £igne$ de certa^ie^ facultés ou profuriétés gépéral^ attribuées auxf corps vivans et organisés» çpna^rvent tou^ jours deux valeurs essentiellement différaqtfl^ f^'ime résultant des conventions dernières, emporte ^lm idée qui peut ou se généraliser et s'abstraire dans son signe, ou se réaliser et s'objecHyer dam l'organe auquel se réfère Iql propriété dont on parle; l'autre, (dus fondamentale , exprime imeidée qui ne peut que se réfléchir en s'individualisant 4ans la conception d'une force , ou la cw^cience du sujet îi/i, d'où elle a été tirée.
D'où il suit que le physiologiste empruntant le langage du métaphysicien, peut sortir de sa sphère propre; passer à un autre système de notiofis, et changer de sUjetj peut-être , sans s'apercevoir qu'il en change. Pendant que de son coté , le métaphysicien retrouvant ses »gnes hahitui^ dans la bague du physiologiste,' pourra se croire fondé à entrer avec lui en communauté d'idées , d'hypothèses explicatives, et à emprunter des méthodes de classi&cation ou de division, qui, adaptées à un certain ordre de choses ou de phénomènes extérieuns que l'imaginatioii représente, ne peuvent pkis s'appli*
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quer que d'une manière incomplète et souvent illusoire à des idées ou des faits que là réflexion seule conçoit. *
Arrêtons-nous encore à examiner les fondements de cette transformation réciproque des notions physiologiques et métaphysiques, en dien^ant les points de contact particuliers qui peuvent rapprocher des idées conçues dans ce double système, et faciliter le passage des unes aux autres.
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