‹ Œuvres philosophiquesChapitre 2 sur 55 · S IV · texte numérisé non relu

S IV

TUES SUR L'APPUGÀTION BB LA* PHYSIOLOGIE A L'ANALYSE OB8 FACULTES HUIUINES, ET DE SON ALLIANCE PLUS PABTTCULISBE AYBC CEBTAINS SYSTÈMES DE PHILOSOPHIE. FONDEMENT DE DIYEBSES MÉTHODES d'ANALYSE idéologi-

quès ET méUiphyêiquèi,

La doctrine physiologique^ qui attribuait à ubl seul principe immatériel et intelligait les fonctioBS vitales ou organiques , comme les actes d'une volonté consciente, put se rallier, jusqu'à un certain point, dans son principe et ses résultats, avec des systèmes métaphysiques , où ces mêmes fonctions et actes se trouvaient placés sous la dépendance immédiate d'un moteur suprême.

La doctrine idéologique, qui a réduit toutes les facultés humaines à la sensibilité^ considérée comme effet général ahs trait d'une cause, ou comme propriété abstraite de son sujet d'inhérence, pourra s'allier et se confondre, à son tour, avec un point de vue physiologique , où cette même faculté sensitive attribuée à l'organisation matérielle y est étudiée dans ses mobiles d'excitations, ses circonstances et ses lois expérimentales. Ici la métaphysique, changeant de titre, se trouve transportée entièrement dans la physiologie , qui lui communique sa direction, sa méthode, ses instruments ou moyens d'analyse. Je me borne maintenant à examiner les motifs de cette dernière alliance.

Lorsqu'on a confondu sous un seul terme sensation, tt l'impression matérielle reçue par les or- ^es^etl'affection'passive immédiate qui en résulte dans le sujet qui la devient (1)9^ l'acte de perception du moi qui s'en distingue, et 1^ modification sentie, et l'être j qui la sent, ou l'aperçoit en la transformant en idée ,.... on a pu établir sur ce principe un, par hypothèse, mais multiple en réalité y une thtorie entière plus liée peut-être par l'expression que par les faits; et en déduire, par transformation logique, plusieurs résultats dont nous discuterons bientôt le fondement* et la légitimité.

Mais admettons pour im instant l'identité ou l'indivisibilité que l'on suppose entre l'impression sensible ou l'affection immédiate, et la perception de l'être qui en a conscience {1) : comme les impressions se rapportent aux organes, seuls suscep tibles de les receçoiryet à une cause matérielle seule capable de les produire; distinguât-on d'ailleurs

(1) E]q)res$îon très-ingénieuse de Gondiilac (Voy. le premier chapitre du Traité des sensations)

2) Je présuppose ici une distinction qui sera, j'espère , assez justifiée dans h suite ; entre un état affectif simple , où Tétre sentant pâtit ou jouit , sans faire aucun retour sur lui-même,, sans pouvoir dire moi ; ^ un état que j'appelle aperception , où le sujet se sent ou 9 aperçoit lui-même comme affecté dans son organisation , où il a conscience d'une modification , et par conséquent n'est pas identifié avec elle. Je prendrai provisoirement le mot aperception à peu près dans le sens.de Leibnitz. Descartes me paraît aussi avoir assez bien fixé celui du mot cdhscience^ en le définissant Vacte de se sentir soi-même dans une affection accidentelle quelconque. Le sentiment de moi pur , si on pouvait le concevoir ainsi par 2d)strae-

5o DE LA. BliQOMPOSITION

tâme (où k principe d'unicité) de l'ensemble de ces organes comme de cette cause matérielle ; toujours serait-il vrai qu'elle leur est nécessairement et toujours subordonnéedans ses diverses modification^ ou manières d*être^ conçues comme inséparables^ dû sentiment propre de son être : d'où il suit que toutes les facultés attribuées à l'âme iraient se résoudre en dernière analyse dans certaines capacités récep^ tii^es, qui dépendent évidemment des conditions ou pi*opriétés purement organiques : celles-ci pourraient donc être mises à la place des autres ; le su/et du rapport d'attribution pourrait être changé, sans qu'il en résultât aucune erreur; et l'analyse meta* physique, s' appuyant sur la division physiologique des organes, de leurs fonctions et de leur jeu, en recevrait cette clarté , cette facilité apparente que les images sensibles des choses du dehors semblent communiquer aux idées qui se réfléchissent au dedans de nous.

tîôn , neserait point la conscience ; ta modification ou l'image seule, sans le sentiment de mot, ne Fest pas non plus; car conscience veut dire science avec,.., science de soi utet ctUe.,.. de quelque chose. Il y a une connaissance intérieure et des moyens qui s'y rapportent : il y a une certaine faculté intime à notre être pensant i qui sait ou juge que telleà modifications ont lieu, que tels actes s'exécutent , et sans cette connaissance réflective > il n'y aurait point dHdéoloqie ni de métaphysique : il faut donc un nom pour cette connaissance intérieure, car celui de sensation ne peut tout dire. Quant à la détermination des moyens qui amènent cette connaissance, ef la distinction des modes qui la renferment ssentiellement ^'avec ceux à qui elle ne fait que s'unir accidentellement , c'est ce que nous verrons ampletiïeiA |>⥠h suite.

Si toute notre existaioe é^it réduite en effet à un éM por^neDl; afiBectif^ ou k ime suite de modifict* tions passives, forcées p^ ÏBctàoa des objets maténds ou., le jeu spontané de cortaios iustninMaUA (Hrganiques, je ne puis concevoir ccnnmetit noM pourrions cQminencer à exister pour nous , ou avec quelque pos^bilité de ce retcmr , qui constitue une permnnaUté distincte* Mais présupposons la per^ sonnalitéj sans nous embarrasser de son origine {' et admettons une faculté inr^ d'apercevoir des mode^ tout pasmfs , ou j comme Ta dit un phik)So phe, de ^ntir des sensaùiom (ce qui suppose que l'éti^ sentant n'est pc^ identifié avec elles ^ et en est spectateur, en même temps cpi^patmtt).

Je dis <]u- alors, û nous pouvions connaître extérieurement par quelques moy^is les divers mour vements de fibres, auxquels spnt censés c6rre^>on<* dre , dans les sens externes ouïe cerveau, différentes sensations, images ou modi&^ations passives : quoi* que la conception représentatii^e de ces mouvements vus ou imaginés ainsi en dehors, d'une part, et le sentiment intérieur immédiat, oa la notion réflec* tive des modes correspondants d^autre part, demcttrass^it séparés, par tout l'intervalle qui existe imtre deux ordres de phénomènes aussi incomparables; qucHque nous ignorassions toujours le comment de leur liaiscmou de leur dépen<knce «rituelle, d'une tnanière d'autant plus invincible , que nous nfe pourrions faire entrer deux de ces faits hétérc^ènes

5a DE LA BiCOMPOSlTION

dans un seul et niéme rapport de causalité, il suffirait pourt^mt de reccmnaître cette liaison comme faits^ pouf être autorisés à preridreies tiH^nmxienfô ^ganiques pour ;f ^e^ naturels (je nedis pas cames) des modifications corre^iORdantes^ et à nous servir des uns comme termes, ou moyens d'analyse des autres; de même que nous employons les signes écrits^ou parlés pour représenter ou analyser toutes * nos idées diverses.

C'est ainsi qu'uâe intdllige<K;e supérieure lirait peut-être dans le jeu des organes impressionnés^ les diverses affections on payions qui résultent immédiatement de ce jeu, à pai près comme nous tisons dans des caraetères écrits les idées d'un auteur. Mais si les images , et tous 1^ ïnodes de réceptivité /^o^^iVe pot^aient être ainsi lus ou interprétés du dehors, dans les organes où ils sont empreints, l^ntelligence la plus perçante pourrait-elle y voir autre chose que ce qui est , ou qui en résulte direc* tement? Or, tous les modes, idées ou actes, qui entrent dans l'entendement, peuvent-ils être soumis également à un point de vue extérieur et saisis dans les traces matérielles des impressions reçues? Ces impressions eUe^mémes ne sonl^elles pas dans certains cas des produits ou résultafts à^ actes aperçus avant elles ou sans elles; n'y a-t-il pas des pensées j des void(Hrs vatàxx^es j qui ne peuvent en aucune manière se] lire en dehors , ni se représenter par aucune sorte à' images? Pour les concevoir, i^ fou*

. n^ LA BBUSÉE. 53

^mit-il p«8 aire identifié avec la £[»^ce active et sciemment productive de tek actes; -avec le /noi ]m'm^;fi^j qui se sent ou s'aperçpit dans ses opéra*tions;^ mais ne se vok point xonime objets ne s'ima* gine point comme phénomène?

Si aux impre^ions multiples, les plus diverses par leurs causes matérielles , leurs sièges et les instruments organiques qui les produisent, corres^ pondent certains modes subjectifs , ou actes uni* formes et toujours identiques , dont on ne saurait £sûre abstraction dans rsuoalyse des &its de notre intelligence^ pourra-t<m exprimer les unes et les autres par les mêmes syn^oles? les expliquer ou les classer de la même manière? les traduire également ea mouvements défibres (i) ?

Mais voyons plus loin dans l'emploi de ces sortes, de symboles.

Gomme le transport que nous foisens des iinpressiouâ seiosibles aux divers sièges organiques qu'dles aflEectaxit, a été ^ms doute le premier moyen de leur distinetion , il devient ensuite le prindpal motif

(1) C'est là que me paraissent avoir échoué Hartley et puis Bonnet, n faut voir dans T Essai amlylique de ce dernier philosophe (tont^ !•' , ehap. viii) éans qêe\ embarras il se trouve , €« comlHda d'by$othèses forcées il èA obligé d'entasser pour expliquer, par des mouvements de fibres , un acte purement intellectuel , tel que la réminiseence^ etc.; il valait mieux conveiMrs je pense , que tous, les nodes ou opérations , doat nous ne ponvosis a^uérir les idées par aucune autre voie que notre intime réflexion , sont absolument irréprésentables ou intraduisibles par de tels piouvements

54 ^Ï5 ^^ D^CÎOBIPOSÏTIOW

qui détenmne à réunir dans une métne classe , ou à exprimer par un seul terme général , toutes ceU^s qui peuvent se rappcater au même organe. Oestla nature màme qui semUe avoir fait le partage de nos sensations en cinq espèces , rdatives à autant d'instruments particuliers qui les reçoivent cfn les transmettent, et avoir ainsi effectué ou préparé ime sorte de décomposition de notre faculté extérieure de sentir. Or, cette e^èce de décomposition se fonde sur une circonstance d'autant plus facile à saisir , qu'elle ne demande aucun retour rMéchi sur hs modiflcati<!His spécifiques eltes-niémes, qui peuvent être d'ailleurs intrinsèqu^nent différ^ites ou même contraires , quoique se rapportant au même s^ge ou s'associant à IHdée d'un même liea; idée ou image la plus daire et la plus promptement familière de toutes.

Continuant donc d'après les marnes vues et suivant le plan indiqué par la nature, qu'y aurait-il , ce semble , de mieux à foire que de tâcher d'appliquer la science objective d'une divisicm, la plus exacte et la plus détaillée possible, des instruments et des fonctions de tous nos sens, tant externes qn^ïn^mesy à une analyse ou cdaftùficatîon précise des modifik^ations^ idées ou actes de conscience^ ^i peuvent corre^ondre à ces fonctions ou en résulter?

i)ès quç Ton se serait convaincu, par exemple, d'i^rès un assez grand nombre d'observatiow ou

d'expéricoces apprc^ée» (si tant est qu'il puisse y Cîo avoir de cette sorte) ^ que certaines facultés ou opératious intelLsctUi^lIes désÀg/o^e^ d'une manière plus ou moias précise par ces term/^ Jugement^ mémoire y imagmatimi^ etc., correspondent chacune à une divisipa parti^e du cerveau, qui doit entrer ep jeu pu fonctioiuner d'une manière quelconque, pour qu'il y ait lieu à l'exercice spécial d,e telle fruité ; dès lorSf, difrje, on pourrait avoir une divisîoA naturelle et assurée de ce sens intérieur général ou commun, norwoié entendement , en autant de sens partiauUevit, àtjugemeni^, ^soui^enirs, etc., qu'il y aurait de sièges cérébraux distincts. Et tant que l'on s'en tiendrait à ce mode de décompo^tion objeetive, il n'y aurait pas plus de disputes ou de divergences d'opinions, sur l'espèce ou le nombre précis de ces sortes d'instruments, par lesquels l'homme oo/i(at>A, rappelle j compare, etc., des idées, qu'il n'y en a maintenant sur le nombre et les limites des cinq smis externes qui fournissent les premiers matériaux de ces opérations.

Observons néanmoins qu'une distinction de sièges attribués à l'exercice de chaque ybca//^, telle que cei^tains physiologistes se sont crus autorisés à la sippposer ou à l'admettre (i), doit se r^rer néce»-

(1) Wiilis assignaitiaiiin dans le cervean un siège parUcali^- à ehaque facuM hypothétiquemeat distincte. Il logeait le sens commun dans le eorps ctmnéU; Yimaginaiion daitii 1« a^rps càlkux; la méamrs daasla si»b$UM$e eorUcale : d'autsesi^siolegtstfiif» ont

56 BE Là BSCOMPOSmON

saii^ment elle-même à une autre division des &cultes 9 préétablie d*une manière soit logique , soit réfléchie f indépendamment de toute observatimi eu hypothèse physiologique. Mais de deux choses l'une : ou cette dernière division se trouve déjà confirmée et vérifiée par son critère approprié , la réflexion et le sens intime; ou bien elle n'est qu'arbitraire, conventionnelle et provisoire. Dans le premier cas, la diversité supposée ou démontrée des sièges organiques n'ajouterait rien -à la réalité des distinctions idéologiques ; il régnerait seulement alors un parallélisme ou un accord satisiSaisant entre la con^

proposé de nouvelles divisions de sièges , toujours fondées sur des distincdons idéologiques pfuseu moins ài^l^raires. Oaoonnaitle nouveau systèsoie, par lequel le docteur GM prétend établir une liaison certaine entre telle Êaculté intellectuelle, et bien plus, entre telle passion, tel vice, telle vertu ou disposition monde, et une certnne protubérance du cràaequi km correspond et sertàies faire reconnaître. Comme s'il pouvait y avoir quelque rapport uniforme assigns^le entre des choses aussi hétérogènes; comme si la na^re avait dû propevtionner les diviâoiis de siégjBS^ à la mukiplicité des distinctions que Thomme a conventionnellement établies dans le langage; en considérant le même sujet sous différents points de vue abstraits , ou la mène disposition indivis&lede Fesprit et du cœur , par rapport à telles conséquences ou tels résultats externes : enfin, et surtout, comme si le sens intime, l'expérience et l'observation physiologique ne concouraient pas à nous apprendre que des paasioas telles que ratiioiir,'lacdièi«e, ete^ prennmt leur source et portent leur principale influence ailleurs que dans le cerveau, où Gall leur assigne une place t^mstanté et déterminée... Mttfs des médecins phflosophes, quoique plus sages, plus réservés dans leiirs affirmations , et plus circonscrits éans le véritable objet de leors vo^cvches , ifen paraissent pas moins W Ên mn tM d'une division réeUe de id^es ou Instromeflrts oéi^braux , dont la

Digitiz,ed by VjOOQIC

miissance objective des moyem ou instriuaEiwls par lesquels nos facultés iutc^llectiieUes peuvent s'exercer, et la cosmaissance Umt intérieure de cet exercice. Dans le second cas, une diviôon physiologique ,. fondée sur l'expérience , pourrait servir de preuve ou de correctif à l'analyse métaphysique, pourvu que la première ne fût pas au contraire calr quée sur l'autre, du imaginée connue moyen commode d'explication, propre seulement à réaliser ou représenter dans un siège organique des idées de modes ou d'opérations, qui ne peuvent exister hors du sujet pensant, ni être conçues hors de sa réflexion

correi^ndance avec des fonctions intellectuelles diverses peut se démontrer par ces exemples , où Ton voit des lésions partielles du cerveau amén^ une sorte d'aliénation dé Tesprit^ telle que certaines facultés sont totalement ^itérées, pendant que d'autres continuent à s'exercer , et prennent même un surcroît d'énergie : d'où ils concluent la divisibilité et la multiplicité réelle de cet être abstrait qu'on nomme enienéemeiU* Je crois qu-on peut récuser la conséquence , sans infirmer les faits sur lesquels on la fonde. Lorsqu'on dit qu'un aliéné exerce une faculté partielle , comme Vatteniion ou la contetnpîtiiUm^ pendant que d'autres fa&dtéSj telles que le jugement ou la mémoire demeurent oblitérées par la lésion de leur siège, il faudrait d'abord se bien fixer sur ce qu'on doit entendre par une faculto , un pcmvoiry une forée d^aUenUon par exemple; car ou pourrait dà;erminef le caractère propre et constitutif de cette acuité d'une manière telle, qu'il serait impossible de la concevoir séparée de toutes celles qui se trouvent comprises sous le même tonne général. enlfinfement, ^ qu'il sarait tout à £ut étrange de l'attribuer à un aliéné poursuivi ou dominé actuellement par quelques fantômes bizarres.^ Ici donc la division physiologique supposée se i^éfère à un système idéologique particuëer , qui c&nsiste à caractériser et à ddljak les facultés, intellectuelles sous certaines formes conv^iMS , dont il faudrait, avant tout, scruter le fond ; c'est ce que nous votons p^t-étre ailleurs.

58 BB Ul MÉ^UfOOTlOJf

U plus intimer Car alors U fiuffîfail; epà& Vhàéohgttte iat déien»mé à mukipji^ se$ éléq^eads^ de dÂviâon arlntraiife pour que le pb^pûdogiate 6Ùt o«^ casicm de ithercluer^ et se cràt ua motif d'as$îgae^ mie petite place dem le cerveau pour y loger la uovLvkliiie /annuité élémentaire : et l'on yfoit bien qpe des hypothèses aiBfiiaaJ;é^ sur des hypothèsi^dW ordre différent ^ ne Qontribuerai^it pas beaucoup à édairer l'analyse de i)os fiscalités intellectueUes*

Il n'en est pas des facultés a4iti^es^ des volitions et actes purement réflectibl^ de lAotre intelligaac^ comme des capacités réceptives» des organes matériels, d'où naissent les impressions, les images et autres modifications passives de la sensibilité; si celle&ci peuvent être étudiées dans leur$ caifses in* strumentales ou leurs effets physiques, comme divisées, circonscrites ou classée&hors du moi dans leurs sièges propres, les premières étant indivises de la force consciente une dont elles émanent, ne peuvent pas plus qu'elles se représ^iter ou se concevoir p^r dissémination dans les parties d'un composé organique.

Ici, je crois, sont les limites où toute application de vues et de méthode physiologiques est forcée de s'airéter; mais ^i dehors de ces liimte&^ ^ même pour ari'iver jusqu'à elles, la physiologie pourra BOUS prét^ d'utiles secours.

I* La himière intérieure de conscience n'éclaire pas subitement tout homme venant ei^ ce monde :

h condkioii néoessAii^ rar faupMdle se fimde le hun; pi«èmîéredM&rordrecles laite de Yen^MtÊce pen^B cm cf>êrçiêêy ne f^tt point dans l'ordre des phéno« mènes d'une^vi^ 4mmaie ou purMMBt sensîtiYe.

Nous atom commeticé à semir, k vi^e sans oon* /Mfi/f/1? la t^i>; encore méme^ et dam le {delà dé* i;fidbppe«aetit de »os &eidtés, lorsque notre semibiUté afFeètiv^ef s'exerce aivec le plus d^énergie et d'intensité, tiçm!& existons sans cofisoi^Eice actuelle et sans la possibilité de ce simple retour, qui constitue dans nos modifications une persoime indivi* dudle, un sujet identique, capable de ks apercevoir sans les détenir.

Ces sensations dénuées de personnalité (i)^ que j'appellerai affections pures, peuvent bien, ce semble, être considérées comme les résultats les plus immédiats de fonctions , qui concourent et confirent dans une vie générale organique. Tel est cet état de vitalité ou de simplicité native (u), antérieur à la naissance même d'un sujet conscient ou pensant. Là est peut-être le premier anneau où doit se rattacher toute analysé idécdogique, pour ne pas eommencer et finir entierem^fit par les ténèbres ,

^) Je suppose ^or le iMoi^it cpi'3 ea iiirtt éo %mxàAsiA»^ «t je ne crois pas que les hommes habitués à s'observer trouvent cette supposition trop hasardée; nous verrons dans la suite quelles sont les impressions qui sont pi» eUesanéaies dénuées ée ce ^âcaotèra de {^rsonnaUté, et celles gui te rei^erment es^entieUemeot

(2) Eomo simplex in vitalitaie duplex in humanitate , dit énergiquemént Boërfaaave dans son traité rf« Morbis iwtTorwm.

6o DE IiA JDyBGP]|:P08mON

oa pour tncerdumoinsys'il est^possibJe, le ct^de terminateor de la lumière et de l'oHibre. Mais tout ce qui est du simple fait de Torganisation^ unique^ meut soumis aux lois de la vitalité, et étranger aux IcHS de la pensée, rentre dans le domaine inclusif de la physiologie. Cette science expéiimentale devra donc fournir un point de départ ou un préliminaire essentiel à l'analyse des facultés humaines.

Elle s'attachera à déterminer par des observations exactes toutes les circonstances organiques relatives à ces modes impersonnels (s'il est permis de parler ainsi) qui subsistent dans l'abs^M^e ou le sommeil de la pensée, rapprochent l'homme de sa simplicité natiçe; elle les raf^jiortera à leur source, assignera leurs causes et leurs ^fets dans l'ordre naturel ou perverti des fonctions qui sont de son ressort, et déterminera leur influence dans le physique et le mor^ de l'homme. C'est ainsi que, partant des déterminatioas instinctives et des premiers appétits de l'instinct, la physiologie pourra, par des rapprochements heureux, jeter un grand jour sur ces phénomènes mixtes ^ qui constituait [les passions de rétre intelligent; éclairer le mécanisme de la reproduction, ou de la formation même, spontanée, de plusieurs idées ou images, et s'allier ainsi utilement à la métaphysique, qui considère les mêmes faits, en résultats^ sous d'auti^ rapports ou. dans im autre ordre de combinaisons. Enfin^ en explorant dans toute son. étendue le domaine de la

seastbilità physique , cette seienee poarra nous apprendre elle-même à circonscrire ses propres Httiites; en nous faisant connaître l'être sensitif Mvré à tonte l'impulsion de rdrgam'sme , l'être simple dans la vUalMy elle nous conduira jusqu'à h sôuree de ces détermination lifar^ et réfléchies, qui constituait y hors de sa sphère, un second^ément de Tétre double dans VhumamÊé.

La physiologie entrera donc essentiellement dans une analyse ou une science complète des facultés humaines , qui embrasse également les facultés actiT€^ , prises dans la conscience de leurs actes et les conditions ou instruments nécessaires à leur déploiement, comme les facultés sensitires prises dans les affections immédiates et l'ensemble des causes physiques qui les déterminent.

Mais dans l'application commune de deux sciences ou méthodes, à l'analyse des fiicultés et propriétés diverses' du même être organisé, sentant et pensant, la ligne de démarcation qui doit existier entre elles, et la part d'influence respective qui leur appartient, se trouveront fixées par le point de vue particulier, sous lequel il est exclusivement permis à chacune d'envisager ou d'atteindre son sujet propre.

Et d'abord, en suivant l'ordre des procédés, auquel doit régulièrement se conformer toute science qui a pour objet la vérM ahsoluè (i) , on conçoit

(1) Observer les faits, les classer, poser les lois, chercher les causes. ( V^. le fH^emier paragraphe.)

&Û DE LA. HéOOXJPOMTION

^pie le settlinwnt ou la oonsciewte ckes actei pure» ' ment néAeotible» «a deikuns de nous, diffèrent, soît des affectÙNis immédiates de la sensibilité , soit de k représentation objective des values ou du jeu des ÎBfttromento or^uaîques qui leap cerre^oàdent; autant peu&*étre que deux sens peuveat difiGirer Tun de r«utre ékiA leurs foneCions ou leurs produits de conscience. Il devra donc y avoir deu métbodes ou deux sortes de moyens d'appHqoer Tobservation à ces liEdts> et de se mettre, pour ainsi dire, à leur portée. Par suite, les analogies phénoménales qui s'offrait au point de vue extérieur ou physique, ne pourront rentrer dans ce champ intéiîeur où la ré^ fl»ion se ccmcentre. Dans IHm, tout devra iindip ¥idualiseret se simplifier ;émi% l'autre, tout tenchrA à se généraliser et se composer. Les idassifications et les lois devront donc encore être établies sur des bases différentes et souvent opposées.

Mais c^est surtout dans la ^recherche Ats causes^ ou la détermination des puissances et des facultés, que les deux métiiodes se trouveront le plus en op position. Nous avons déjà remarqué, en effet, que dans les sciences physiques^ les phénomènes peuvent toujours être conçus dans leur ^msemble , et clifôsés suivant leur ordre de succession ou d'analogie indépendamment de la cause^ dont l'idée n'entre point d^ms le calcul de l'eitpérience; le terme qui l'exprime étant employé comme résumé général des faits analogues particuliers, ou encore ccmime signe

d'tuie ferce prodboetive (x)^ dont on ptiil:^ me» iBConvénient , écarter ou transformer la Yâkmrimdih ▼idiMlle.

Ail caaU*airt, damJa emoMe réâéohi6) on hoMH scieBee 4es fia^ukés MliVe^ à% IHndiTtdu, le âét înl^iear ne tMiroil Mate emiçu ou seiiCî hc»« de l'idée ou du triment iadttidudi de sâ eaïuie oo force prodtieltve4 Prenons pour ei;em{^ un ade qudeonque, ou pourmieiix fixer noa idées, un mouifânume^ un ^/fort particulier que la vohmié déteitnine. Le sentiment de la force moi, qui pro* duit le mouYement , et l'efiiel senti de contraelton museulaire^ sont bî^ âeua, él^ants comtitutîfr de hi percej^tm^d'ej^tt ifohntaire; mais le premier de ces ornent» est si nécessairement um à l'autre dans la même pa:-ceptMHi con^lète, qu'il ne pecrt en être séparé ssms que cette dernière scdt entière-* ment dénaturée, et réduite à la simple sensation passive, qui a lieu , par ewmple , dans un exercice de là cemtractiUté organique , comme un mouve* ment convulsif , mi battement de cœur , etc.

U n'est donc plus permis ici de fisiire abstraction de la cause motrice individueUe; celfe-ci n'est plus une ih€ùmme dès qu'elle se réfléchit dans sa source ou reprasMi sa base naturdie* On ne pourra donc plus en transformer la notion singuiière ai uqe idée abstraite générale^ doi^ le signe exprimerait une difôse entière de modes pris en dehors de la puîssanice qui les produit, et rappçoohiés ^itre eux par

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