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sensation comme représentative par sa nature , admettre de primeabord que nos premières^ idées découlent, faites de toutes pièces , du monde extérieur par le canal des sens. Et quoique ce philosophe admette aussi une réfection (dont il n'assigne d'ailleurs , ni l'origine, ni les conditions d'exercice , ni même très-nettement l'objet), îln'en est pas moins vrai que la métnphysiq%ie et la physique^ la science des facultés ou opérations actives de l'intelligence , et celle des modifications passives de la sensibilité ou de leurs causes objectives , se trouvent presque identifiées dans la théorie même de ce philosophe , qui a transporté en grande partie dans l'étude de l'entendement humain la méthode de Bacon , appropriée aux sciences naturelles et physiques. C'est ce que Hobbes avait fait auparavant d'une manière bien plus ex<lusive.
Disciple de Locke , mais se plaçant entre Descartes et Bacon , notre célèbre Condillac emploie une méthode moyenne entre celle des deux maîtres. La sensation qui est , suivant lui , le principe commun des facultés, ou qui les renferme et les enveloppe toutes également , se rattache bien nécessairement à l'action d'une cause étrangère; car, quoique le monde extérieur n'existe point encore pour la siatue^'W n'en est pas moins supposé là, existant réellement; ainsi, nous nous trouvons, dès les premiers pas, dans la méthode de l'expérience objective. Mais si la statue est , aux yeux de celui qui l'a construite , et qui l'observe du dehors , un être sentant qui reçoit l'impression d'un objet ou d'une cause odorifère , elle n'est , pour eUe-même^ que sa propre modification , et rien de plus ; nous voilà donc placés dans une autre sorte de point de vue intérieur, et obligés de chercher le passage de cette modification à la perception ou représentation de sa cause ou de son objet , comme Descartes cherche le passage de l'acte primitif et réfléchi qui ne lui manifeste que sa propre existence ( considérée comme absolue ) , à la réalité des existences étrangères. C'est ainsi , à ce qu'il me paraît, que la doctrine de Condillac peut conduire à une sorte à^idéalistne, où le moi resterait seul dans le monde purement subjectif de ses propreis modifications , pendant que , d'autre part , ces modifications, étant toutes passives, présupposent nécessairement la réalité objective des organes qui les reçoivent, et des corps qui )es produisent. On ne peut échapper , je crois , à ces contradictions , sans remonter jusqu'au fondement d'une double observation, ou jusqu'au premier fait de conscience , et à la condition primitive sur laquelle il se fonde.
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TVOTE BBLATIYE A LA PAGE 120.
(B) Je pense , donc je suis : pour bien appréder la valeur de ce premier principe , que saisit Descartes au sortir du doute méthodique , il fallait commencer par se placer avec lui dans le point de vue de la plus intime réflexion ; et c'est ce que n'ont pas toujours fait les philosophes qui, plus accoutumés peut-être à transporter leur existence en dehors qu'à la retirer au dedans d'eux-mêmes, en songeant plus à l'objet de la pensée qu'au sentiment intime de l'acte qui la constitue, ont attaqué ce principe par des arguments empruntés de V imagination qui ne saurait l'atteindre. (Voyez les Objections de Gasse^idi et de Hohbes à la suite des Méditations , et les réponses, )
La forme sous laquelle Descartes énonce son principe , ne fait , ce me semble , qu'exprimer logiquement la liaison qui se trouve établie dans l'ordre des faits intérieurs eatte l'exercice réel de la pensée et Ije sentiment d'existence individuelle, comme entre le sentiment de mot et son existence réelle. L'être apercevant ou pensant peut seul , en efifet , se reconnaître et se dire existant pour lui-même , par la seule raison qu'il aperçoit ou pense : l'être purement sensitif ou affecté dans son organisation , peut bien être dit ou jugé existant de telle manière, par une intelligence qui le contemplé du dehors, sans savoir qu'il existe. Mais en partant de la réflexion, Descartes n'observa pas assez, peut-être, que ce moi qui se replie ainsi pour s'afGrmer scm existence et en conclure la réalité absolue, exerce par là même une action, fait un effort; or, toute action nesuppose-t-elle pas essentiellement et dans la réalité un sujet et un terme? peut-on coQsidérer Yeffort comme absolu et sans résistance? Assurément ce gé^ie méditatif se faisait illusion quand il croyait être plus assuré de l'existence de son dme que de celle de son corps ; car il ne pouvait penser ni être iai, sans avoir le sentiment intérieur continu (je ne dis pas l'idée objective ou l'image) de cette co-existence du corps. 11 n'a manqué peut-être à Descartes que de lier la pensée à l'action, comme l'existence à la pensée ; et s'il l'eût fait, sa métaphysique eût pris une autre direction. D'ailleurs, si d'une part la pensée et le sentiment d'existence sont indivisiblement liés et affirmés l'un de l'autre par l'application logique du principe d'tdenti té; et si, d'autre part, nous ne pouvons affirmer d'un sujet que ce qui se trouve compris dans Vidée que nous en avons , sur quel fondement Descartes pouvait-il attribuer la pensée actuelle permanente à un être qui] n'a
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pas les conditions du sentimeut de Vexistence , ou qui s'en trouve momentanément privé? Que devient alors ce dogme que Tâme pense toujours avant la naissance , comme dans le sommeil , dans la léthargie , etc. ? Ici Ton voit l'esprit systématique et les considérations , à priori , l'emporter sur un principe positif donné par la réflexion, et sur les conséquences légitimes qui pouvaient en être déduites.