LES VALLEES
Coninicnt ce peuple cpic nat-iièic .lai cru voir, sans désir, sans l'oiYe. sans vertu, Sous les fers musulmans en silence abattu. f;i,\ve-t-il un cri de menace et de guerre? An sein d'un tel repos, si semblable au trépas, D'où lui naît ce pouvoir tpi'il ne soupçonnait pas?
Grèce, alors ((ue tu te réveilles, Chercherai-je si loin quel pouvoir si puissant Soulève tout à coup ton peuple frémissant?
Et demanderai-je aux abeilles Pourquoi, dès mars en fleurs, échappant au sommeil, Le Céphise les voit sur ses eaux murmurantes De l'Hymette accourir si follement errantes.
Et si vives sous le soleil?
C'est le printemps qui se révèle
Dans cette existence nouvelle.
Dont elles ignorent l'auteur :
Et c'est la liberté qui, puissante et féconde, Aux Grecs, frappés soudain du feu générateur. Fait sentir sa saison qui brille sur le monde , Des siècles rajeunis printemps réparateur.
Le despotisme enfin combat contre lui-même.
Le peuple, las d'un joug extrême,
Soulève un jour son front tombé.
L'arc, pressé d'une main peu sage.
Se redresse et frappe au visage
Le maître qui l'a trop courbé.
Le désespoir qui croît s'élève à la menace; La haine a son courage, et la peur son audace.
Pensait-on , en voyant l'Archipel calme et doux En silence porter ce vaisseau d'île en île, '"' Que l'Archipel toujours fût un lac immobile,