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LA MED1TEUKA>EE

LA MEDITERRArsEE

lui iiUT, m:ii ixio.

(loiiiir.c iiii cy^iic (''U'iidaut ses ailes, Mdii licaii navire a pris l'essor.

Et loin (les rives paternelles Vers l'orient m'entraîne encor.

La France, à l'horizon perdue.

Derrière les eaux descendue.

Déjà disparaît à mes yeux ; Me voilà séparé du monde, Seul sur l'immensité de l'onde.

Seul sous rimmensité des deux.

En me trouvant si solitaire, Malgré moi d"un secret plaisir Ce cœur, qui regrettait la terre.

Tout à coup s'est senti saisir.

Sous les brises que l'air m'envoie.

Par moments des sources de joie Inondent mon sein enchanté:

Et, libre de toutes mes chaînes, Je jouis dans toutes les veines De mon immense liberté.

Com.me un captif qui trente années N'a vu qu'à travers des barreaux Luire les saisons fortunées , Le ciel , les arbres et les eaux , Mon âme longtemps prisonnière S'échappe , et volant tout entière Vers le vaste et libre séjour, Lésjère comme l'hirondelle^

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Se joue et s'enivre avec elle Dans les rayons du nouveau jour.

Ce n'est pas dans le sein des villes.

Dans leur éclat matériel, Que vivra, sous des lois serviles.

Le poète : il est fils du ciel.

Cest dans les champs de la nature Que rit la source vive et pure Où sont Ic's plus limpides vers ; C'est là qu'il doit tremper son âme.

l'^t s'abreuver de cette flamme Qti'il communique à l'univers.

Si quelque cime au loin domine, Où nul pied ne vienne marcher , Que de la montagne voisine Nidle ombre ne puisse toucher, Où l'air j)ur dilate la vie , Où l'on sente mourir l'envie De biens, trop souvent expiés; Où l'homme, debout sur le faîte, N'a plus (pie le ciel sur sa tête, Kt voit les villes à ses pieds;

Qu'il V monte : là If fjénie

21fi POÉSIES SUR LA GRÈCE.

L'attend avec tous ses secrets.

Qu'il écoute cette harmonie Qui circule dans les forêts; Lorsqu'en leur S(ilitude immense On entend même du silence Venir une secrète voix , Et des frémissements sublimes Descendre de toutes les cimes.

De toutes les feuilles des bois.

Qu'il demande à la mer profonde Ses bords, ses vasques et leur bruit Et l'azur dont le jour l'inonde , Et les étoiles de sa nuit; Ah ! comme la harpe d'Éole, Soudain sur le vaisseau qui vole , Au vent il vibre harmonieux ; Ah! s'as:randissant avec elle.

Ainsi que son miroir fidèle .

Son âme a réfléchi les ci eux.

Combien de fois, dans ma patrie.

J'ai, de la mer suivant le bord, Vu briser contre la Neustrie Les flots de l'Océan du nord !

Combien ma jeunesse rêveuse

LA MfiDITF.RR ANKK. iV

A passé de jours amoureuse A courtiser ces flots mouvants, Quand l'inspiration féconde iMontait vers moi du sein de l'onde , Descendait au milieu des vents!

Et maiiilenaut de ma jeunesse S'accomplit le vœu le plus pur.

Me voilà, pour cheiTher la Grèce, Flottant entre le double azur.

De magiques bords couronnée.

La belle jMéditerranée M'invite d'un asj)ect serein, El me dit : Prends ma poésie.

Aime-moi , vopçuous vers l'Aîiie , Je te porterai sur mou sein.

Oui, je t'aime, nui, tu parais belle A mon âme autant quà mes veux:

Bien que ta surface infidèle Cache des flots capricieux :

(>)nmie ces beautés orageuses Qui, pleines d'heures nuageuses, Quelquefois torturent l'amour, Et le rendent plus vif encore .

Et charmantes jusqu'à l'aurore,

'2IS rOKSlF.S SUR LA GRÈCE.

Font payer son l»onheiir au jour.

Aussi mobile que Protée,

La mer, chani^eante incessamment.

Est tantôt syrène enchantée ,

Et tantôt lion écumant :

Toujours belle ! et pour moi. qui l'aime.

Sa forme terrible elle-même

Gronde, attrayante en son horreur;

Porté sui' le monstre en colère.

Je mets la main sur sa crinière.

Et je jouis de ma terreur.

Je les plains ceux que la nature De son amour n'a point tentés.

Qui n'ont connu que la peinture De ses ineffables beautés :

Qui n'ont pas. durant la tourmente.

Aperçu la face écumante Du vaste Neptune en fureur.

Et. sous le souffle des zéphires.

D'Amphytrite aux mille sourires.

Connu le charme et la douceiu".

Que leur âme serait troublée

Si, comme moi, de ces beaux cieux

LA MÉDlTEURANÉr:. !JI'i

Ils voyaient la nuit étoilée.

Sur la mer descendre à leurs yeux .

A celte heure où, si solennelle, La nature , qui me révèle Son plus mystérieux séjour, A l'amant, qui les a cherchées, Livre tant de beautés cachées, Purs trésors inconnus au jour.

Nature, ô je veux te poursuivre Sans cesse, à toute heure, en tout lieu ; Près de ton sein laisse-moi vivre.

En ton sein consacrer mon vœu.

J'ai soif de ta secrète flanmie; Laisse-moi te verser mon ànie Dans un amour illimité, Et de ses désirs palpitante .

Sans repos la plonger brûlante Dans ta profonde volupté.

Un jour, délivré de tous voiles , D'un regard immatériel, J'irai, derrière les étoiles.

Chercher les secrets dans le ciel ; Mais de cet être qu'il recèle Ici bas l'errante étincelle

(]a('h<^ ses semences de l'eu :

Que ton sein me la communique î Fais, (le son toucher électrique.

Jusqu'en mes veines passer dieu !

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