ITHAQUE
Hmiiblo, modeste, intime, retirée, Dans snii vaste et tranquille port La mer paraît un lac qui dort ; Le vent n'en connaît pas l'entrée :
Séjour cher à la pauvreté, Où l'on ignore rindi2:ence, Où régnent les mœurs . l'innocence , Le travail , l'hospitalité.
Versez, versez, jusqu'au bord de mon verre. Ils sont beaux, ô roi Ménélas.
Les vallons de votre Eurotas :
Ithaque m'est encor plus chère.
Ils sont doux, reine Calypso.
Les bords de votre île divine :
Plus douce encor m'est la colline Où Télémaque eut son berceau.
Smyrne sans doute, et Chios, et Larisse, Ont des champs qu'on peut envier; Mais ce sol garde le laurier Qu'Homère a planté pour Ulysse ; Mais ces rocs, de vignes semés, Donnent ce vin que j'aime à boire, Ce vin (pii nous rend la mémoire Des lieux cpic nous avnns aimés.
P()KSli:S SL U LA (llU'f.K.
Vin c^énérpiix qui , dès. le proniier cisfc De Laei'to ('chauffaiU le fils.
Avait en lui de son pays Imprimé si vive l'image I Ah ! si, de l'absence vainqueur, il nous faii aimer la patrie.
C'est trop peu de l'idolâtrie , Versez l'ivresse; dans mon cœin'.
Kst-ce la mer qui sons moi se remue?
Et suis-je encor dans un vaisseau?
De (juelque tremblement nouveau Leucade encor est-elle émue?
Autour de moi de tontes parts Je vois la terre (|ni cliancelle, l'^t dans la nuit (pii la rappelle Ithaque échappe» à mes regards.
Cessez, cessez; n'cMiiplissez plus mon verre Son cristal trop de fois rempli , Pourrait d'un nuageux ouldi Ombrager tonte ma lumière.
Ah ! que ce vin (pii m'a charmé N'inonde pas sa propre flamme, Et n'éteigne pas dans mon àmc Le jour (pi'il avait allumé.
LF CIEL D'ATHENES