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I AT

avec

il \ lent donc

Si A n'a pas une valeur trop considérable, c'est-à-dire lorsque ramortissement est assez faible, on peut écrire approximativement

■?. \/t 51 mr-

et pour des valeurs données de A. et de Im/-. ce qui correspond à un simple changement de fil de suspension, on voit que l'amortissement est inversement proportionnel à la racine carrée du couple de torsion du fil de suspension, ou inversement proportionnel au carré du diamètre du fil.

Supposons qu"a\ec un fil de suspension de -~ de millimètre de diamètre, on écarte l'aiguille de loo divisions, et que l'amortissement soit tel que la deuxième déviation soit de ^2 = 20 divisions;

voyons ce qui arrive lorsqu'on remplace ce (il de -^ de millimètre par un fil de jj de millimètre.

On a, dans le premier cas.

X = ioiî nép. = i.'i loç;5

NOUVEAUX ELECTROMÈTUES A QUADRANTS APERIODIQUES.

Le décrément logai^ithmique est devenu =^ ou 3 fois plus faihle, c"est-à-dire

l'uur chercher quelle sera, dans ces conditions, la deu.vième

Vis. 2.

dé\ialion O^. il faut résoudre 1 équation

o,3 = lognep. K- = log nep.-7— ,

d'où

On en déduit

On trouve ainsi

0,5 = v>,3 loc

et e., = 60.

Première Deuxième Troisième Quatrième oscillation. oscillation, oscillation, oscillation.

Fil de 5^ de inillimétre Fil de 3L de millimèlre

On voit donc qu'avec le fil de ~ de millimètre, les oscillations sont éteintes au bout de la quatrième oscillation, tandis qu'avec le lil de jjj de millimètre, il n'j a presque pas d'amortissement.

Les figures i et a représentent le tracé graphique des oscillalions que nous venons de considérer.

Dans le cas général, le décrément logarithmique dépend en

570 OKlVUKs Dli I>. r.URIE.

même lemps du iiiDiiicnl (riiierlie, car (ni a

et les conclusions ne sont pas rigoureusement exactes. Toutefois, on peut accepter ces résultats comme une première approximation.

Envisageons les choses à un autre point de vue; ce qu'on désire, somme toule, obtenir, c'est de mettre le moins de temps possible à faire une lecture; lorsque le fil est suffisamment fin, le mouvement de l'aiguille est presque apériodique, mais ce mouvement peut devenir tellement lent que l'on ne se trouve plus dans des conditions pratiques. Cherchons quel est le temps t nécessaire pour que l'élongation maximum soit réduite au moins au centième de sa \aleur j)rimitive, et cela quel que soit le nombre n des oscillations qu'il a fallu pour obtenir ce résultat.

On a

t = nT.

d'où

d'où

« := Y '^y nép. 100,

l A T 7.1.mr'-

T , lE mr- ,

? = Y '"§ nep. 100 = !og nep. 100.

On voit que t ne dépend pas du diamètre du fil; on a, au contraire, tout avantage à prendre une aiguille de très faible mouient d'inertie. Cet avantage est tel qu'il faut chercher à restreindre les dimensions de l'aiguille, non seulement en épaisseur, mais aussi en surface. Si Ton diminue les dimensions de l'aiguille, il devient nécessaire de prendre un (il de moindre diamètre, afin de conserver la même sensibilité; n(jus sommes donc encore ramené à prendre un fil très fin et une aiguille très petite.

Nous avons efTectué ces calculs pour bien montrer les difFérentes conditions du |)roblèine; un système qui donne de bons r(''sultats

NOUVEAUX ÉLRCTROMÈTRES A QUADRANTS APKUIODrQUES. 5"!

avec un fil et une aiguille déterminés peut donner des résultats tout dilîerenls si l'on change cette aiguille ou ce fil.

Ce serait ici la place de donner quelques renseignements sur le facteur A et surtout de voir comuient les courants de Foucault peuvent servir à l'amortissement.

Malheureusement, la uature de ces courants est encore peu connue et le calcul ne s'adapte que difficilement à ces phénomènes. Aussi allons-nous nous borner à donner quelques indications sans entrer dans des détails.

Si l'on néglige Finfluence qui provient de la résistance de Tair, le facteur A provient uniquement de l'induction dm- au mouvement. Weber a montré, en elfet, que l'induction est proportionnelle à la vitesse.

Dans le cas d'un cadre placé dans un champ magnétique uniforme, d'intensité F et parallèle aux lignes de force, le facteur A a pour expression

S étant la surface du cadre et R la résistance.

Dans le cas qui nous occupe ici, la même formule n'a plus lieu, mais on peut toujours supposer que le facteur A est proportionnel au carré de l'intensité du champ magnétique.

Description de l'électromètre apériodique.

Après ces préliminaires, nous procédons à la description du nouvel électromètre de M. Curie ( ' ).

Ces électromètres sont unifilaires; le fil de suspension est en platine et a un diamètre de j^ de millimètre; c'est le fil le plus fin qu'on trouve dans le commerce connue fil tréfilé directement. On trouve du fil à la Wollaston jusqu'à -^ de millimètre, mais ce fil ne peut pas convenir pour cet usage.

L'aiguille {/ï§'. 3) est en aluminium laminé très mince; l'épais-

( ' ) Ces électromèti'es sont construits par M. Bourbouze, qui en avait déjà exposé un modèle à l'Exposition de lÉlectricilé, à l'Observatoire, à Pâques, en

OEIVRES DE P. CURIE.

seur est d'en\ iroii -jij de millimètre; à celle aiguille est attaché un petit miioir très léger, duii poids qui \arie de la'"^ à 20'"». On trouve des petits miroirs ( ' ) qui donnent d'assez bonnes images et dont le poids n'excède |3as le poids indiqué.

Fig. 3.

Les secteurs sont supportés par des supports d'ébonite ; on a trouvé, en effet, que, convenablement desséchée, l'ébonite isole bien mieux que le verre; pour obtenir un bon isolement avec le verre, il faut une atmosphère beaucoup plus sèche qu'avec l'ébonite.

Ces secteurs sont en acier aimanté, et l'on peut se demander ici comment il faut les aimanter pour obtenir le plus fort amortissement.

Nous avons vu par ce (|ui précède qu'on ne peut pas traiter ce

l'ii

uj\

problème d'une manière générale, et nous crovons qu'en ces sortes de questions l'expérience est le meilleur guide.

(' ) Ces pelils miroirs sonl constiuils par M. ^^'(■rl('in.

NOUVKAIJX KI.ICCTHOMÈTRES A QlADRVNTs APHRIODIQURS. 5~i

M. Curie aiinanle les secteurs comme la figure ci-contre l'in- (li(liie [Jig. 4)- Avec le dispositif adopté, on obtient (avec un fil de gijj-de millimètre) sinon le mouvement absolument apériodicpic. du moins un amortissement tout à fait suffisant dans la pratique.

La figure 5 montre Taspect gtméral de l'appareil : l'enveloppe est en cui\re; on peut cnle\er complètement cette enveloppe, ce cpu permet de régler lélectromètre très facilement.

Comme la capacité de laiguille est très faible, on peut se servir

a\ec avantage de cet appareil pour des expériences sur la capacité des corps.

Nous allons dire maintenant quelques mots sur la manière d'installer l'instrument.

On enlève la cage et, à l'aide de vis calantes, on place l'appareil dans une position bien horizontale; l'aiguille doit être alors parfaitement centrée par rapport aux secteurs. Puis on tourne l'appareil de telle façon que le miroir se trouve en face de l'échelle, soit transparente, soit opaque; lorsque l'image est au zéro, il faut que l'aiguille se trouve dans une position symétrique par rapport aux secteurt.

Pour régler l'instrument, on commence par mettre les secteurs en communication avec la terre, et l'on charge l'aiguille à l'aide d une pile d'une vingtaine de petits éléments dont le pôle libre est en communication avec la terre.

Il faut que, dans ces conditions, l'image ne bouge pas; ordinairement, on constate un certain déplacement; on voit, en outre, que ce déplacement ne change pas de sens lorsqu'on intervertit les pôles de la pile de charge. On peut tourner alors légèrement le bouton qui se trouve en bas de la cage; ce bouton, qu'on ne voit pas sur la figure, correspond à l'une des paires de secteurs. Ce mouvement fait déplacer une des paires des secteurs et, si cela ne suffit pas pour obtenir un bon réglage, on approche ou on éloigne à la main un des secteurs, ce qui diminue l'action sur l'aiguille. Il faut écarter le secteur sur lequel l'aiguille se meut ou rapprocher le secteur opposé.

Ayant ainsi obtenu l'immobilité de l'aiguille, quelle que soit sa charge, on peut considérer l'électromètre comme étant bien réglé.

Si l'on charge alors une des paires de secteurs parle pôle positif d'une pile, d'un élément Daniell par exemple, et l'autre paire des secteurs par le pôle négatif, on constate une déviation qui doit être d'environ lo*^'", l'échelle étant placée à environ i"". En intervertissant soit les pôles de la pile de charge, soit les pôles de la pile d'essai, il faut que la déviation se produise en sens contraire, mais qu'elle reste égale en valeur absolue.

Remarque relative au miroir. — A propos de ces petits

NOUVEAUX KLliCTUOMÈTRES A QUADRANTS APÉRIODIQUES. Sy')

miroirs légers, M. Curie m'a communicjtié robservation suivante :

« l.a distance focale dépend de l'Iiumidité qui règne dans la cage. Celle distance augmente avec l'humidité; on a ainsi un moyen très simjile pour constater l'état de sécheresse de l'air de la cage : si l'image est trouble, on est sûr que l'air est encore humide. »

Ce |)héuoinène, que M. Curie a étudié avec soin, est très constant.

Nous citerons par exemple le cas d'un petit miroir dont le rayon de courîuire variait de ■jo'"' à i oo'"' lors((u'on passait d'une atmosphère saturée d'humidité à une atmos[)hère parfaitement sèche.

La variation de courbure est voisine d'être proportionnelle à la variation d'état hygrométrique. Lorsqu'on [dessèche assez rapidement le miroir, le rayon de courbure augmente rapidement et dépasse la valeur correspondant à la position d'équilibre sous le nouvel état hygrométrique, puis il revient lentement à sa valeur normale.

C est du côté de l'argenture que le petit miroir est inlluencé; en plaçant le miroir dans un tube, de telle façon qu'il divise celuici comme une cloison en deux chambres distinctes qui peuvent être sé|)arément desséchées ou humidifiées, on remarque que c'est seulement du côté de l'argenture que les variations d'état hygrométrique produisent de l'etlèt. Lorsqu'on argenté le miroir, tout est humide; en se desséchant, l'argenture se contracte et le rayon de courbure augmente : tel est probablement le mécanisme du phénomène. Quand le miroir a longtemps séjourné dans l'air très humide, il suffit souvent de le dessécher brusquement pour voir l'argenture se craqueler, puis se séparer en écailles.

Le vernissage de l'argenture semble augmenter encore les variations de courbure dues à l'humidité.

M. Samuel m'a communiqué que le même fait a été observé au bureau des mesures de la maison Bréguet. On a constaté notamment que, très souvent après une nuit fraîche, les images données par les miroirs des galvanomètres sont troubles; elles reprennent toute leur netteté lorsque 1 humidité s'est dissipée.

Celte influence, qui constituait un inconvénient au point de vue

576 OEUVKES DE P. CURIE.

des mesures, a été écartée par un montage convenable des miroirs.

En dehors des constantes de l'appareil et des mesures ordinaires, on peut efïectuer avec l'électromètre certaines d<Herminations qui nous ont été indiquées par M. Curie et que nous croyons intéressant de publier ici.

Comme pour ces déterminations on se sert des propriétés électriques du quartz, nous allons d'abord entrer dans quelques détails relativement à ces propriétés.

Quarlz piézo-électiique. — ( Foi/- ce volume, p. 554.)

Constantes de P électromètre. — On peut d'abord déteimincr les constantes de l'appareil.

L'expérience fournit la durée d'une oscillation T et le décrément logarithmique, en supposant, bien entendu, que le mouvement est oscillatoire; ce qui donne :

" ~ 2 Ti^- """ t' " Y^^^ ~ T2

Ainsi, pour déterminer les trois quantités 'Emr-, A et t, on a deux équations. 11 faut donc déterminer directement une de ces quantités.

Moment d'inertie. — On choisira pour cela le moment d'inertie qu'on peut calculer d'après la forme géométrique de l'aiguille, ou bien Ton fera osciller l'aiguille additionnée de deux toutes petites masses, ce qui fournit une nouvelle relation entre les trois quantités et ce qui permet de les déterminer séparément.

Ces différentes mesures sont assez délicates, mais leur exécution ne présente aucune difficulté sérieuse.

Pour ces déterminations, on exprime toutes les mesures en unités absolues C.G. S. Quant aux dimensions, on a

T = ML^T '2, ^mr- = ML2, A = ML^Ï-i.

Détermination de x, couple de torsion pour une déviation égale à \ . — Connaissant le moment d'inertie de l'aiguille à

NOUVEAUX ÉLECTROMÈTRES A QUADRANTS APÉRIODIQLES. 577

Faide d'une des méthodes indiquées, on mesure en outre le décrément logarithmique X et la durée T de la période.

Avec ces trois données, on peut calculer le couple de torsion t correspondant à une valeur égale à i (arc 07°).

Détermination d'un potentiel en iialeur absolue. — Le couple peut à sou tour servir à déterminer un potentiel en valeur absolue.

La formule qui donne la déviation est

dans laquelle :

y est capacité de l'unité d'angle de l'aiguille; V, et Vo potentiels des secteurs; V3 potentiel de l'aiguille.

Si V2= V3 = o, on a

= Iv;.

Détermination de y {capacité de L'unité d'angle de V aiguille). — y peut se calculer géométriquement. On a, en effet,

formule dans laquelle /• est le rayon de l'aiguille, e la distance des secteurs.

Il vaut mieux déterminer y expérimentalement : on peut se servir pour cela d'un quartz piézo-électrique qui jouit de la propriété de donner par traction une quantité d'électricité rigoureusement proportionnelle à la grandeur de l'effort. On se sert de poids pour produire la traction.

Pour procéder à cette détermination, on opère comme il suit :

i" On charge l'aiguille avec une pile donnant un potentiel V

inconnu; les secteurs n"' 2 sont à la terre et les secteurs n" 1,

isolés, communiquent avec le quartz piézo-électrique. Le potentiel

des secteurs n" 1 est alors dillérent de o, mais on le ramène à la

578 ŒIVRKS l>K P. CIRIE.

valeur o à l'aide d 1111 pouls /> sui- le quartz; laiguille revient alors

au zéro.

2" On reconnnence 1 opération, après avoir dérangé l'aiguille

d'un angle 6', en tournant le bouton du haut de l'électroinètre ;

soit />' le poids compensateur sur le (piarlz; j/ — p correspond à

une quantité d'électricité yVO'.

Si le bouton d'en haut de l'électroniètre était uiuni d'une ora-

duation, il \audrait mieux ne faire qu une seule ojiération : au lieu de i" et 2", charger d'abord l'aiguille, tous les secteurs étant à la terre, puis isoler les secteurs, louiner le bouton de l'angle 8' et

ramener l'image avec le quartz à une distance correspondant à l'angle 0' de sa position primitive.

3" Il faut connaître, par une expérience spéciale, quel poids H

est nécessaire sur le quartz pour charger une capacité connue au potentiel V. On se sert pour cela de l'électroniètre fonctionnant comme électroscope. On peut prendre, pour c, un condensateur à plateau, avec anneau de garde, de capacité connue. On charge le plateau avec la pile au potentiel V, l'anneau de garde étant à la terre et la portion centrale du condensateur communiquant avec le quartz et l'électromètre ; on compense l'effet produit avec la charge II placée sur le quartz, en ramenant au potentiel o la partie centrale.

On a donc finalement

On |)eut ensuite calculer un potentiel V, en valeur absolue par la formule

0 = '-^Vf.

Détermination des constantes de l'appareil ('). Dans un électromètre, l'aluminium qui a servi à construire l'ai- (') Celte détermination a été effectuée par M. Curie.

NOUVEAUX ÉLECTROMÈTRES A QUADRANTS APERIODIQUES. 079

guille pesait 0^079; le rayon des secteurs est de 2*^'", 73, d'où l'on déduit pour le moment d'inertie 0,899 G. G. S., en supposant que l'aiguille est exactement un quart de cercle (on a : moment d'inertie =~pK'-, p étant le poids de l'aiguille et R le rayon dès secteurs). En évaluant approximativement le moment d'inertie du miroir et de la tige de verre qui le soutient, on trouve finalement

En faisant osciller l'aiguille, on trouve : décrément logarithmique,

et durée d'oscillation.

On peut maintenant calculer le couple de torsion x correspondant à un angle égal à i :

x= =^ — = o,ob'2 G.G.S.

Ainsi, quand on tord un fil d'un arc de 07", le couple de torsion incroyablement petit qui en résulte serait équilibré par ■— de dyne (environ j^ de milligramme), agissant au bout d'un bras du levier de i*"". Le fil a un diamètre de ~ de milliuièlre.

D'autre part, il fallait charger de 24^ un quartz piézo-électrique pour compenser la chai-ge condensée dans un angle de 0,176 (mesure circulaire), l'aiguille étant chargée au potentiel de 12 daniells. Le même quartz électrique chargeait une capacité connue de loS*"" au potentiel de i daniell pour une traction de i38s. Il est facile de déduire de là la capacité réciproque par unité d'angle (07") de l'aiguille et des secteurs; on trouve

Y = S""" (sphère d'un rayon de 5"").

Enfin, en chargeant seulement deux secteurs à la tension de i4 daniells, l'aiguille et les autres secteurs étant à la terre, on avait une déviation angulaire de 0,16. D'où l'on déduit pour l'angle donné par un seul daniell

58o œUVRES DE p. CURIE.

On a alors, pour le potentiel de i daniell évalué en unités électrostatiques C.G.S. ('),

V' = ^la = o,

oo325 (').

Sir William Thomson avait trouvé o,oo3^5; la concordance paraîtra suffisante si l'on songe que nous avons évalué assez grossièrement le moment d'inertie de l'aiguille.

Puis, pour déterminer avec exactitude le couple de torsion x, il aurait été préférable d'enlever les secteurs aimantés et de faire osciller l'aiguille librement; on aurait trouvé ainsi, pour le décrément logai^ithmique À, une valeur très faible.

On a trouvé, pour le couple de torsion du fil employé, la valeur

très faible

Cette valeur représente environ la traction exercée par un poids de HTT de milligramme à l'extrémité d'un bras de levier de i*^'" de long. L'échelle étant placée à i'" de distance, chaque millimètre correspond, ainsi qu'il est facile de s'en assurer par un calcul très simple, à la traction exercée par un poids de ^ ^ „ „„ de milligramme à l'extrémité d'un bras de levier de i*^"'. C'est l'ordre de grandeur des actions qui intervient dans ces phénomènes. On se rend ainsi compte de l'extrême sensibilité de cet appareil.

Sensibilité de rélectromètre. — On peut considérer, pour un électromètre, deux genres de sensibilité bien distincts : la sensibilité à une variation de potentiel et la sensibilité à une variation de charge.

C'est de la sensibilité du premier genre qu'on s'occupe ordinairement. On voit facilement que la sensibilité est proportionnelle

au facteur - (rapport de la capacité de l'unité d'angle de l'aiguille

au couple de torsion de l'unité d'angle du fil) et au potentiel de la pile de charge.

Avec un fil aussi fin que celui que l'on emploie dans ces électromètres, la sensibilité est considérable; elle dépend, d'ailleurs, de la pile de charge. Lorsque la pile de charge devient trop forte

(') Une unité électrostatique C.G.S. de dillérence de potentiel = 3oo volts.

NOUVEAUX ÉLECTROMÈTRES A QUADRANTS APÉRIODIQUES. 58 1

et que l'aiguille n'est pas parfaitement centrée, il peut j avoir attraction directe, avec production d'étincelles, entre l'aiguille et les secteurs. Dans ces conditions, l'électromètre ne fonctionne plus.

Avec une pile de charge de loo volts environ, on a une déviation d'au moins 40*"" lorsqu'on charge l'aiguille au potentiel de I volt. Comme pile de charge, nous n'avons pas pu aller bien au delà de 3oo volts pour la raison indiquée.

Lorsqu'on fait des mesures avec un quartz électrique, c'est la sensibilité du deuxième genre qui entre en cause.

La sensibilité à une variation de charge est aussi fonction de y (capacité de l'unité d'angle de l'aiguille) et de -z (couple de torsion de l'unité d'angle).

De plus, elle dépend de la capacité extérieure du corps sur lequel se trouve l'électricité ; elle dépend encore de la capacité totale de l'aiguille ou des secteurs; enfin, elle varie avec le potentiel de charge et passe par un maximum pour un potentiel déterminé.

Supposons que la pile de charge V soit à l'aiguille de l'électromètre, les secteurs n" 2 étant à la terre et les secteurs n" 1 au potentiel V et communiquant seulement avec un corps extérieur isolé de capacité G.

Soient :

S la capacité totale de la paire de secteurs n" 1 lorsque l'aiguille est immobile au zéro ;

( — A) la charge que prennent les secteurs lorsque, l'aiguille étant maintenue au zéro et les secteurs au potentiel o, on donne à l'aiguille le potentiel 1.

Au début, l'aiguille est en équilibre sous la déviation 6, et le conducteur, formé des secteurs n" \ et de la capacité C, contient une quantité d'électricité que nous représenterons par q.

On a, dans ces conditions, la relation

( ' ) Cliarge due au potentiel v si l'aiguille était au potentiel o dans sa position actuelle.

('-) Charge due au potentiel V de l'aiguille si le secteur était au potentiel o.

58'2 OEIVRES DK P. CIRIE.

Du reste, d'après Téquation fondamentale de lélcctromètre, 0:1 a

Il s'agit de calculer -j-> sensdjilité que l'on cherche. On trouve, en difFérentianl l'équation (i),

C?^ = ( S H- C + Oy) ^c -H ry f/e — Y V ofe, et, en différentianl l'équation (2),

d% ^—-^ (\ -^ -\ dv ^'U dv =—'^:^ {\ - v) dv.

On déduit de ces expressions

S + C + ye y^^^

Pour que la sensibilité -1- soit maximum, il faut que le dénominateur de cette fraction soit minimum. Comme ce dénominateur se compose de deux termes dont le produit est constant (puisque V est la seule variable), le minimum a lieu lorsque les deux facteurs sont égaux.

La sensibilité passe donc par un maximum pour

mais pratiquement on a toujours

V = o et 6 = 0,

NOUVEAUX ÉLECTROMÈTRES A QUADRANTS APÉRIODIQl ES. 583

doù

On peut toujours chercher expérimentalement le potentiel V, ([ui donne le maximum de sensibilité. Si l'on veut le calculer théoriquement, on doit déterminer C. y et t. Mais S ne peut être mesuré directement, car c'est la capacité des secteurs n" 1 lorsque l'aiguille est fixe, ce qui n'arrive jamais pratiquement lorsqu'on fait varier le potentiel des secteurs u" 1. Ce que l'on peut mesurer

avec le quartz, c'est la quantité k = -y-^ c'est la \ariation de

charge des secteurs n" 1 lorsque le potentiel et la dé\ iation sont variables.

A" est en quelque sorte la capacité à déviation variable des secteurs n" 1.

On tire de ces équations (i ) et (a ), où l'on fait 0 = 0, 0 ;= o et r = o,

nv -

Ainsi, la capacité à déviation variable dépend du potentiel de laiguille.

On peut ensuite calculer S :

Lorsqu'on se trouve dans le cas du maximum de sensibilité, celle-ci, déduite de la formule (3 ). devient, en éliminant ^ ,

Dans ce cas encore, on a

A- = 2 S ^ C ou

et, d'autre part, pour v = o.

dq^i'è — (Z)dv - Vy ^0 = ( s -^ C) rft^ -- (-2^ S'A dv,

dq = ('è -^ C ) dv ^ {^ -\- C) dv = -li?) -\- C ) dv .

584 (BUVRES DE P. CURIE.

C'est-à-dire que la moitié de l'électricité fournie est employée à compenser l'électricité condensée mise en liberté par le déplacement de l'aiguille. L'autre moitié sert à élever le potentiel de dv.

Capacité à déviation variable des secteurs. — La capacité vraie des secteurs n'intervient jamais dans les expériences; ce qui

intervient, c'est la capacité à déviation variable k =■ -j--

Comme première approximation, on a

dv X

On voit que cette sensibilité dépend du potentiel de l'aiguille; il faut donc bien se garder de la considérer comme une capacité ordinaire, invariable d'un jour à l'autre, puisque la pile de charge peut varier.

(Jomme deuxième approximation, on a

dv T

Cette capacité varie donc légèrement aussi avec la déviation et le potentiel des secteurs.

Dans ce qui précède, nous avons supposé que la pile de charge était à l'aiguille. Si, au contraire, la pile de charge était aux secteurs, on pourrait faire des remarques tout à fait analogues sur la capacité à déviation variable de l'aiguille ( ' ).

(') Curie a fait subii- dans la suite certains perfectionnements à ses éleclromèlres.

Dans le modèle représenté par la figure 6 et qui est construit par la Société centrale de Produits chimiques, les quadrants sont en laiton ; l'amortissement de l'aiguille est simplement effectué par le frottement de l'air entre les secteurs et il est suffisant (décrément de 6 à 7); l'emploi des aimants avait, entre autres inconvénients, celui de créer des actions directrices dues au léger magnétisme de l'aiguille.

Une clef de réglage C permet d'agir, sans ouvrir la cage, sur un des secteurs en rapprochant ou en éloignant légèrement de l'aiguille la paroi supérieure d'un des quadrants. Ce mode de réglage, qui permet de corriger les légers défauts de symétrie de l'appareil, est plus efficace et plus régulier dans son action que le déplacement horizontal dont est pourvu l'appareil primitif décrit dans le texte. {Cf. p. 574.)

Une fois le réglage effectué, on enlève la clef C.

NOtVEAUX ÉLECTROMÈTRES A QUADRANTS APÉRIODIQUES. 585

On voit en B un dispositif qui permet d'immobiliser l'aiguille pour le transport de rinsUument.

La sensibilité de cet appareil, avec un fil de 5o'=°' de longueur, ^ de millimètre

Fis. 6.

de diamètre, une aiguille de 6'" de long chargée au potentiel de 5o volts, est de So'" environ par volt sur une échelle placée à i".

Curie a fait aussi établir par le même constructeur un électromètre à fil de quartz plus sensible que le précédent. C'est celui qui est représenté par la figure 7. Le fil de quartz étant isolant, on opère avec une charge constante de l'aiguille, charge qui ne se perd qu'avec une extrême lenteur. Pour charger l'aiguille, on met celle-ci en communication avec une batterie de charge en amenant un instant au contact d'un fil fin, fixé à l'extrémité inférieure de l'axe de l'aiguille, une coupe de fer F remplie de mercure et reliée à cette batterie. On voit sur la figure le mécanisme qui permet de faire celte manœuvre de l'extérieur de la cage.

La sensibilité de cet appareil est très grande. Par exemple, avec un fil de S'-" de longueur, de 7!^ à Si* environ de diamètre, on a obtenu une sensibilité de 2» par volt environ sur une échelle placée à i", l'aiguille ayant été chargée par 60 volts.

SBÔ CEUVBES DE P. Cl'RIE.

Dans ces appareils, l'isolement a été amélioré en remplaçant l'ébonite par

de l'am^z-oWe (clécliets d'amhrc agi;loniérés) (jui est nniins li yurométriqiie.

( Aole des éditeurs. )

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