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LES RAYONS DE BECQUEREL 35 I

que la distance AD entre le corps radiant et le condensateur est plus petite. Pour des distances faibles, les rayons qui peuvent être déviés ne constituent plus qu'une très faible fraction du rayonnement total.

Voici pour un échantillon de carbonate de baryum radifère les résultats obtenus :

Dans la première ligne figure la distance AD en centimètres. En supposant égal à loo le courant obtenu sans champ magnétique pour chaque distance, les nombres de la deuxième ligne indiquent le courant qui subsiste quand le champ agit. Ces nombres peuvent être considérés comme donnant le pourcentage de rayons non déviables.

Distance 7,1 6,9 6,5 6,0 5,i 3,4

Pour 100 de rayon? non déviés, o o 11 33 56 74

Les rayons déviables sont les plus pénétrants.

Lorsque Ton tamise le faisceau au travers d'une lame absorbante (aluminium ou papier noir), les rayons qui passent sont tous déviables par le champ, de telle sorte qu'à l'aide de l'écran et du champ magnétique, tout le rayonnement est supprimé dans le condensateur. Une lame d'aluminium de -^ de millimètre d'épaisseur suffit pour supprimer tous les rayons non déviables, quand la substance est assez loin du condensateur; pour des distances plus petites (o™, o34 et o"',o5i), deux feuilles d'aluminium au ■— me sont nécessaires pour obtenir ce résultat.

J'ai fait des mesures semblables sur quatre substances radifères ( chlorures ou carbonates) d'activité très dilTérente; le rapport des activités des produits extrêmes était au moins ooo. Cependant, les résultats ont été très analogues. Il est fort remarquable que la distance à laquelle s'étendent dans l'air les rayons non déviables se soit montrée à peu près la même pour ces quatre produits; elle est voisine de ©"^oô^. Cependant, pour le produit le moins actif (encore 200 fois plus actif cjue l'uranium), cette distance était peut-être un peu plus faible, et la proportion de rayons pénétrants déviables à l'aimant était plus forte que pour les autres.

Ou peut remarquer que, pour tous les échantillons, les rayons

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pénétrants déviables à l'aimant ne sont qu'une faible partie du rayonnement total; ils n'interviennent que pour une faible part dans les mesures où l'on utilise le rayonnement intégral pour produire la conductibilité de l'air.

Les composés de polonium que j'ai étudiés n'émettent que des rayons non déviables, comme l'avait déjà trouvé M. Becquerel. Quand on fait varier la distance AD du polonium au condensateur, on n'observe d'abord aucun courant tant que la distance est assez grande; quand on rapproche le polonium, on observe que pour une certaine distance, qui était de o'",o4 pour l'échantillon étudié, le rayonnement se fait très brusquement sentir avec une très grande intensité ; le courant augmente ensuite régulièrement si l'on continue à rapprocher le polonium, mais le champ magnétique ne produit aucun effet. Il semble que le rayonnement non déviable du polonium soit délimité dans l'espace et dépasse à peine dans l'air une sorte de gaine entourant la substance sur l'épaisseur de quelques centimètres.

Dans le rayonnement du radium, les rayons non déviables par le champ paraissent entièrement analogues aux rayons du polonium. Comme eux ils sont peu pénétrants, comme eux ils occupent dans l'air une région délimitée autour de la substance.

Le ])olonium de M. Giesel émet des rayons déviables par le champ magnétique. Il se peut cependant que ce produit ne soit pas essentiellement diiférent du nôtre. 11 est possible que le polonium récemment préparé émette des rayons dé viables et f|ue ces rayons soient les premiers à disparaître quand l'activité du produit diminue.

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