‹ ŒuvresChapitre 1 sur 58 · SUR LE CARDINAL GIRAUD · texte numérisé non relu

SUR LE CARDINAL GIRAUD

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Par labbé GAP EL LE.

En plaçant celte notice en tête des Œuvres du Cardinal GiRALD, notre intention n'es^t pas de chercher à faire apprécier ses saints écrits ; ils ont déjà parcouru le monde catholique tout entier; ils ont été lus par tous les amis de la bonne littérature comme par tous les chrétiens; ils assignent à leur auteur un rang distingué parmi nos meilleurs écrivains, et la postérité, qui ratifiera le jugement de notre siècle , les placera entre les Sermons de Massillon et le Génie du Christianisme de Chateaubriand. Ils renferment l'histoire de fépiscopat du pieux et savant Cardinal. En en parcourant les pages, on voit toutes les œuvres que lui a suggérées sa foi et qu'a entreprises son zèle , comme on apprécie la profondeur de son esprit et les nobles qualités de son cœur. Nous voulons seulement satisfaire une curiosité bien légitime du lecteur.

Un homme qui savoure les douceurs de l;i conversation d'un ami, ne. se contente pas d'admirer en celui-ci la beauté de l'àme, la hauteur des sentiments, de connaître quelques circonstances de sa vie : il désire connaître son existence dans ses principàOx détails , dans les diverses

Il NOTICE BIOGRxVPHIQUE

phases qu'elle eut à subir. Un livre qu'on lit avec plaisir est un ami que l'on écoule : le lecteur de cet ouvrage pourrait donc nous demander quelle a été la naissance , la jeunesse , en un mot quels ont été les commencements du prélat dont la carrière a été si brillante. Nous répondons en racontant l'abrégé de son histoire.

F^e Cardinal Pierre Giraud naquit à Montferrand , le H août 1791 , de parents peu favorisés de la fortune, mais qui, par leurs vertus, tenaient le piomiei' rang dans la société de cette petite ville d'Auvergne. Quelques années après sa naissance, dans ces jours où tous les Français étaient soldats, son père, qui avait exercé les fonctions de juge de paix , partit pour le service militaire , laissant son épouse qui lui avait donné quatre enfants , dont Pierie était l'aîné. Bientôt après , il fut privé de sa mère, et il passa, après la mort de celle-ci , entre les mains d'une tante paternelle , qui habitait Riom , et sous la tutelle de laquelle il puisa les principes de la plus solide piété. 11 commençait ses études, à l'âge où beaucoup d'enfants ont à peine l'usage de la raison ; il les terminait quand ordinairement les autres les commencent. Après avoir doublé, avec les plus beaux succès , ses classes de seconde et de rhétorique au lycée de Clermont , qu'il fréquentait en qualité d'externe, à quinze ans, il entrait au séminaire épiscopal de cette ville, pour y suivre le cours de philosophie.

Son père, qui, à cette époque, occupait à Montferrand la place de commissaire de police , aurait désiré qu'il tournât ses vues d'un autre côté que vers le sacerdoce; il l'engageait à aller étudier le droit pour entrer dans le barreau ; mais les goûts du jeune séminariste étaient lixés. Cependant comme son âge semblait lui défendre de se lancer dans les graves études de la théologie, il se rendit à la maîtrise de

SUR LE CARDINAL GIRAUD. m

la cathédrale d'Amiens, où l'appelait, pour donner des leçons de grec et de latin aux élèves les plus avancés , M. l'abbé de Sambuci , ancien père de la Foi, qui en était le directeur. C'est dans cette maison qu'il reijut la tonsure cléricale. Bientôt l'abbé de Sambuci, soupçonné par la [)olitique impériale d'être un conspirateur, est saisi par les gendarmes et emmené à la Force ; les jeunes professeurs sont obligés de se disperser, et l'abbé Giraud entre au séminaire de Sainl-Sulpice, à l'âge de vingt-un ans.

Sa piété, son aflabilité , sa douceur, sa gaieté, son esprit lui acquirent l'estime de ses maîtres et l'amitié de ses condisciples. Sa société était recherchée de tous ceux qui , comme lui, aimaient à se former à l'art de bien dire; entr'eux ils avaient établi une sorte d'académie scientilique où l'on discutait le mérite littéraire des auteurs les plus renommés; l'abbé Giraud était comme l'âme de cts petites réunions. Chargé des catéchismes que dirigent les séminaristes dans la paroisse Saint-Sulpice , il s'acquitta de cette tâche avec talent et avec succès ; il faisait les délices des enfants confiés à ses soins.

Ordonné prêtre, vers la lin de iSio , il se disposait à entrer dans la congrégation des missionnaire s de France; mais l'évêque de Clermont le réclama, et le nomma professeur de seconde à son petit séminaire. Dans cette maison, à laquelle, avec l'agrément de l'évêque, il donna un nouveau règlement , il montra tant de sagesse et de talents , que ses collègues le prièrent de diriger luimême leurs études ecclésiastiques et oratoires. Quoique le jeune professeur, aux leçons qu'il donnait aux élèves du séminaire, ajoutât encore des conférences et des instructions religieuses , là ne pouvait se borner son zèle apostolique. Les curés de Clermont connaissaient les succès

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