‹ ŒuvresChapitre 12 sur 58 · MORT DE PIE VIII · texte numérisé non relu

MORT DE PIE VIII

vions-nous prévoir qu'un des premiers soins qui nous attendaient sur le seuil même de notre nouveau ministère , serait de vous convoquer dans nos temples pour rendre des devoirs funèbres à celui que nous \o\ions avec tant d'espérances assis sur le trône élevé du Prince des Apôtres ?

Ces espérances, n. t. c. f. , qu'avait fait naître dans tous les cœurs catholiques l'avènement d'un Pontife aussi éminent en vertu qu'en doctrine , sont maintenant la mesure de nos regrets. Dieu n'a fait , pour ainsi dire , ([ue le montrer à son Eglise ; mais le souvenir de ses mérites vivra dans la mémoire du monde chrétien qu'il a édifié , durant son trop court pontificat , par la sagesse de son gouvernement et la bonne odeur de ses vertus apostoliques. Rome , qui l'a vu de plus près , se rappelle avec attendrissement la piété solide , la charité exemplaire , ce tempérament si difficile et si rare de la justice et de la bonté , et la patience inaltérable qui ont sanctifié une vie , dont les dernières années ne furent qu'une longue souffrance.

Prions donc , n. t. c. f. , le Dieu des miséricordes, de recevoir dans sa paix et dans sa lumière l'àme de son serviteur qui s'est endormi du sommeil des justes ; prions le Prince des Pasteurs d'accorder à son vicaire la couronne incor-

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rujjtihle de gloire ' , en échango de c»' triplo diadèmo , lequel , tout radieux qu'il est , n'en est pas moins fragile et périssable comme tous les antres ; profitons de cette circonstance douloureuse pour donner un éclatant témoignage de notre attachement au centre de l'unité , en assistant avec empressement aux solennités propitiatoires où nous appellent la loi , la piété , la reconnaissance , tous les devoirs d(»s membres envers leurs chefs, tous les sentiments des enfants envers un père. Pleurons avec l'Eglise le Pontife qu'elle a perdu ; mais que notre cœur ne se trouble point ^ , et que notre foi demeure ferme an milieu de ces vicissitudes qui l'éprouvent et la contristent ; nous entendrions mal la Religion , et nous ne saurions pas de quel esprit nous sommes % si , parce que les événements changent , ou parce que les hommes disparaissent , nous nous laissions préoccuper de prévoyances inquiètes sur le sort de l'Eglise ellemême ; ses destinées sont indépendantes et des événements et des hommes. N'oublions pas que , si , dans l'ordre même purement humain , tout ce qui croit à sa force est invincible , tout ce qui croit à sa durée a de l'avenir, cette haute conliance , cette imperturbable sécurité appartient surtout à l'Epouse

' 1. EP. PET. V. 4. ^ JOAN. XIV. 27. ' Lie. IX. 5ô.

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(le J. C. , qui a reçu les promesses de la vie présente eL de la vie future '.

A nos pieuses supplications pour le repos de rànio (le l'illustre défunt, joignons, n. t. c. f. , des prières ferventes pour obtenir du Seigneur qu'il se hâte d'accorder à son Eglise un Chef qui la console de la perte de celui qui est aujourd'hui l'objet de notre deuil et de nos regrets. Les membres du sacré Collège sont en ce moment réunis en conclave pour l'élection du nouveau Pontife ; nous ne doutons pas que l'esprit de Dieu , (fui préside aux délibérations de l'auguste Assemblée , ne dirige le choix sur le plus digne ; nous ne craignons pas que cette urne où seront déposés les suffrages du Ciel , et d'où doit sortir le nom de l'Elu du Seigneur, cette urne , pleine d'avenir , (|ui porte les destinées du monde chrétien , nous ne craignons pas , dis-je , qu'elle ressemble à ces scrutins trompeurs à qui le Roi-Prophète reproche qu'ziwe coupable défection en a perverti les réstdtats; defecerunt scrutantes scrutinio '^ ; et quand nous vous demandons vos prières , c'est moins un secours que nous sollicitons pour l'Eglise , ({u'un tribut que nous réclamons de votre piété , et un mérite que nous vous invitons à recueillir.

' 1. iisioru. iv-viii. * PS. LXiii. 7.

INSTRUCTION PASTORALE

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