‹ ŒuvresChapitre 27 sur 58 · PS. CXLVII · texte numérisé non relu

PS. CXLVII

« Parvuli petieruntpanem, et non erat qui frangeret eis, thre.n. iv.,4.

nombre ne pouvait suffire , malgré les efforts d'un zèle infatigable , à la multitude des besoins ; qu'il n'était pas rare de voir des sauvages de bonne volonté attendre une grande partie de leur vie l'homme de Dieu qui doit les baptiser et les instruire , et de fervents chrétiens rendre le dernier soupir dans leurs cabanes avec le regret d'avoir en vain demandé un ministre du (jrand Esprit qui leur parlât du Ciel , et les aidât à mourir. Mais avez-vous pris garde à la joie qui se manifeste dans toute la tribu , quand on annonce l'arrivée d'une robe noire , car c'est ainsi qu'ils nomment leurs Missionnaires; à l'empressement que mettent à les recevoir les infidèles eux-mêmes; aux transports de reconnaissance que toutes ces peuplades émues font monter vers l'auteur de tout bien ? Ces récits nous émeuvent , les larmes en viennent aux yeux d'attendrissement. Je ne sais pourtant d'oii vient que je m'attriste en les lisant, et que je me sens saisi d'un frémissement involontaire. Ah! c'est que dans ces scènes naïves où se peignent si bien les sentiments et les émotions d'un peuple neuf qui n'a point abusé de la grâce , je crois voir le jugement des vieux peuples chrétiens, endurcis aux bienfaits par l'habitude d'en jouir, et familiarisés avec les miracles d'amour , les grâces de choix et les témoignages de prédilection ,

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dont le Seigneur s'est plu à les favoriser ! Non est qui redirct et daret gloriam Deo, uisi hic alienigena.

Mais Aoici, n. t. c. r., ce qui doit singulièrement vous encourager à la reconnaissance et vous rendre fidèles au devoir de l'action de grâces. Ce Samaritain , qui revient sur ses pas pour glorifier Dieu , n'avait demandé à J.- C. comme ses compagnons d'infortune, que la guérison de sa lèpre; mais dans le sentiment qui le ramène aux pieds de son bienfaiteur , le Sauveur a remarqué un mérite de fidélité qu'il ne laissera pas sans récompense ; il a daigné déjà accorder à sa prière le miracle qui l'a guéri , et il donne de plus à sa reconnaissance la foi qui justifie , la grâce qui sanctifie , et le salut qui glorifie. Levez-vous, lui dit-il, allez, votre foi vous a sauvé. Surcje et vade, /ides tua te salvum fecit. Ainsi, N. T. c. f. , de même qu'un abîme appelle un abîme ', et qu'un péché tire à sa suite un autre péché , une grâce appelle une nouvelle grâce , si nous sommes fidèles à la première. Priez donc, N. T. c. F., et quand vous aurez obtenu, venez au pied des saints autels remercier le Dieu bon qui vous a exaucés selon les désirs de votre cœur. Vous ne lui aurez demandé peut-être qu'un avantage temporel ,

> Abyssus abyssum invocat. PS. xli. 8.

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un soulagement dans vos maux , un adoucissement à vos peines; mais quand il vous verra sensibles et reconnaissants, il vous accordera par surcroît les biens spirituels , la foi qui est encore en vous faible et mal assurée , la grâce qui vous fera triompher de cette passion plus impérieuse que jusqu'ici vous n'avez pu maîtriser, et la persévérance dans la justice qui couronne tous les autres dons : Vade , fîdes tua te salvum fecit. Priez, et qnand vous aurez prié avec succès , priez encore ; car votre Dieu n'est pas un bienfaiteur ordinaire , et c'est le payer de tontes ses grâces que de lui en demander de nouvelles. Priez dans les larmes comme dans la joie ; rendez grâces de l'affliction qui vous éprouve , de l'adversité qui vous épure , comme de l'espérance qui vous soutient et de la grâce qui vous console; priez et joignez à la prière la pénitence , la componction , l'aumône , la pratique de toutes les œuvres saintes qui nous sont recommandées dans ces jours d'expiation : alors vous verrez venir le salut de Dieu, et votre cœur se réjouira; et, saluant le retour des solennités de la Pâque , vous chanterez avec transport le cantique de la résurrection et l'hymne de la délivrance.

INSTRUCTION PASTORALE

A LOCCASION

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