‹ ŒuvresChapitre 38 sur 58 · AVRIL · texte numérisé non relu

AVRIL

A la veille de reprendre le cours de nos \isites pastorales, nous venons, n. t. c. f., pour répondre aux propres sentiments de notre cœur, autant que pour nous conformer à l'usage de l'Eglise , réclamer l'assistance de vos prières dans l'intérêt de cette œuvre évangélique. Comme, dans le nombre des ministères que nous avons à exercer auprès de vous , il en est peu d'aussi importants que celui de la visite , il n'en est pas non plus qui demande de votre part im concours plus unanime de vœux et de supplications. La prière de tout un peuple ,

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levant en mènie temps les mains et les yeux vers le ciel , tombant à la fois aux pieds des saints autels j)our conjurer le Seigneur de bénir les pas de son ministre, et de lui préparer les voies dans les cœurs, cette prière est puissante : elle monte comme une immense voix au trône du Très -Haut, elle perce comme un grand cri les voûtes éternelles , elle remplit des éclats de ses accents toute l'étendue des divins tabernacles, et elle en redescend triomphante , emportant avec elle les grâces , les bénédictions , et, s'il en est besoin, les prodiges. Il est inoui , dans l'histoire de la Religion , (pie les saints gémissements d'une multitude suppliante aient été rejetés de la face de Dieu ; l'efficacité de la prière commune est une de ces grandes lois de l'ordre moral à laquelle la Providence n'a jamais dérogé. Aussi, n. t. c. f., est-ce à l'union de vos suffrages que nous aimons à rapporter les consolations que le Seigneur a daigné répandre sin* nos précédentes visites ; et voilà pourquoi nous n'avons pas voulu en entreprendre de nouvelles sans recourir à ce puissant moyen d'intéresser le Ciel à leur succès.

Nous avons dit, n. t. c. f., que la visite pastorale était un de nos plus importants ministères; ministère non moins important pour nous que pour

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vous-mèinos. Le premier devoir du pasteur est de ])aître le troupeau , de le nourrir de la saine doctrine , (le l'abreuver aux sources pures de la foi ; mais , ])our le paître , il faut le connaître ; et pour le connaître , comme tous ne peuvent venir à nous , il est besoin que nous allions à toutes ces églises dispersées, ({ue nous leur fassions entendre notre voix , ffue nous les rassemblions dans l'unité d'un même bercail , que nous nous enquérions de leurs nécessités spirituelles, que nous leur dispensions les trésors de grâces que le Prince des Pasteurs a remis dans nos mains. Sans cette inspection de cbaque église , sans cette vigilance exercée sur les diverses paroisses d'un grand diocèse, comment remplir le devoir (Vévêque , dont le nom répond à celui de surveillant, parce qu'en effet il est placé dans l'Eglise de J.-C. comme un œil toujours ouvert et qui veille sans cesse , pour être aussitôt averti , si quelque péril menaçait la sûreté de cette maison de Dieu , ou si quelque désordre en déshonorait la sainteté? Comment remplir les obligations du bon Pasteur, prodiguer au troupeau ces soins si tendres et si délicats que l'Esprit-Saint s'est plu à énumérer au 34* chapitre d'Ezéchiel ; comment soutenir ce qui est faible et souffrant , et guérir ce qui est malade, et appliquer un doux

upparcil à ce qui est blessé, et rappeler à la vie ce qui va mourir, et aller à la recherche de ce qui est perdu , si la sollicitude pastorale ne se multiplie et ne se rend présente et sensible partout où son action doit s'exercer?

La visite , déjà si nécessaire {)Our la dispensalion des grâces et des bénédictions attachées au ministère apostolique , ne l'est pas moins pour la direction et la conduite des affaires. On a dit de deux sciences , qui marchent sur des lignes en quelque sorte parallèles , la science des époques , et celle qui a pour objet la description de la terre , qu'elles sont comme les deux yeux de l'histoire. On peut dire avec la même justesse que la connaissance du personnel et celle des localités sont les deux yeux d'une sage administration. Privée de ces guides , qui assurent et éclairent sa marche , elle hésite , elle n'avance , pour ainsi parler, qu'en tâtonnant, comme au milieu des ténèbres, et court le risque de s'égarer à chaque pas. Aussi , à mesure que nous faisons quelques progrès dans cette double connaissance des lieux et des populations qui les habitent , et que nous prenons langue , s'il est permis de s'exprimer ainsi , sur les divers points du vaste territoire dont les intérêts spirituels nous sont confiés ; si d'un côté nous voyons notre tâche s'agran-

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dii', (le r.uilre, l'obsriiritL' dont elle s'enveloppait se tlissi])e ; ee tableau de notre charge pastorale , et , si l'on vent , cette carte de nos devoirs , incessamment déroulée sons nos veux , se pénètre de lumière ; à chaque visite nouvelle , les points demeurés obscurs se colorent d'un ravon qui nous permet de les distinguer avec clarté , et si l'instruction que nous acquérons par cette étude pratique et locale de notre diocèse , nous coûte la perte de quelques heureuses illusions , nous y gagnons l'avantage inestimable de traiter ^os affaires, et de discuter vos intérêts en toute connaissance de cause. Appelée tour-à-tour, et quelquefois au même moment, aux extrémités les plus opposées du diocèse, notre pensée ne s'étonne plus , ne se trouble plus : elle se transporte sans effort dans tous les lieux où sa présence est réclamée ; elle y retrouve le souvenir de vos personnes , la perspective de vos clochers , de vos églises , de vos presbytères , et jusqu'à l'aspect des sites qui varient et caractérisent la physionomie de chaque paroisse. Cette impression , une fois reçue dans notre esprit et dans notre cœur, y laisse une trace si profonde et si durable, qu'aucun des souvenirs de nos précédentes visites ne s'en est effacé ; que l'ordre et la succession de nos stations et de nos marches n'ont pas cessé de

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nous être présents, rt qu'il nous serait facile d'en rappeler tous les faits , toutes les circonstances un peu notables , presque avec autant de précision que s'ils venaient de se passer sous nos yeux.

C'est vous dire que nous ne vous avons point oubliés, quoique nous nous tournions aujourd'hui vers une autre région de notre diocèse , chères et intéressantes paroisses qui avez été l'objet de notre dernière visite! Nous voudrions que les limites de cette courte allocution nous permissent de proclamer vos noms, et de vous proposer à la religieuse émulation de vos sœurs, les autres églises; il en est un grand nombre que nous aimerions à citer, s'il nous était possible de les citer toutes. Nous dirons seulement que les vallons comme les plaines nous ont offert d'abondantes consolations , que les campagnes ont rivalisé de zèle avec les cités : parmi ces dernières , il en est une surtout qui s'est acquis un droit particulier à notre estime et à notre affection , en nous offrant le touchant tableau de la charité, de l'unanimité de sentiments qui liait les premiers fidèles ; en réjouissant notre cœur, dans ces temps de tristes discordes, par le spectacle d'une agrégation d'hommes et de chrétiens , la meilleure , la plus unie , la plus fraternelle , et nous pouvons ajouter la plus heureuse , le peu de bonheur permis I. u

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