‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 104 sur 160 · LA PETITE FEE · texte numérisé non relu

LA PETITE FEE

Air : C'est le meilleur homme du monde.

Enfants, il était une fois Une fée appelée Urgande; Grands à peine de quatre doigts, Mais de bonté vraiment bien grande.

De sa baguette un ou deux coups Donnaient félicité parfaite.

Ah! bonne fée, enseignez-nous Où vous cachez votre baguette!

Dans une conque de saphir, De huit papillons attelée, Elle passait comme un zéphyr, Et la terre était consolée.

Les raisins mûrissaient plus doux ; Chaque moisson était complète. Ah! bonne fée, enseignez-nous Où vous cachez votre baguette!

C'était la marraine d'un roi

Dont elle créait les ministres;

Braves gens soumis à la loi,

Qui laissaient voir dans leurs registres.

Du bercail ils chassaient les loups

Sans abuser de la houlette.

Ah ! bonne fée, enseignez-nous Où vous cachez votre baguette!

Les juges, sous ce roi puissant, Étaient l'organe de la fée; Et par eux jamais l'innocent Ne voyait sa plainte étouffée.

Jamais pour l'erreur à genoux La clémence n'était muette.

Ah! bonne fée, enseignez-nous Où vous cachez votre baguette !

Pour que son filleul fût béni, Elle avait touché sa couronne; Il voyait tout son peuple uni, Prêt à mourir pour sa personne.

S'il venait des voisins jaloux, On les forçait à la retraite.

Ah! bonne fée, enseignez-nous Où vous cachez votre baguette!

Dans un beau palais de cristal, Hélas! Urgande est retirée.

En Amérique tout va mal ; Au plus fort l'Asie est livrée.

Nous éprouvons un sort plus doux ; Mais pourtant, si bien qu'on nous traite. Ah! bonne fée, enseignez-nous Où vous cachez votre baguette!

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