LES MISSIONNAIRES
Air : Lo cœur à la danse, etc.
Satan dit un jour à ses pairs :
On en veut à nos hordes ; C'est en éclairant l'univers
Qu'on éteint les discordes.
Par brevet d'invention J'ordonne une mission.
En vendant des prières, Vite soLifllons, soufflons, morbleu!
Éteignons les lumières | *'^'
Et rallumons le feu.
Exploitons, en diables cafards,
Hameau, ville et banlieue.
D'Ignace imitons les renards,
Cachons bien notre queue.
Au nom du Père et du Fils, Gagnons sur les crucifix.
■-i'J CHAXSONS
En vendant des prières, Vite soufflons, soufflons, morbleu !
Éteignons les lumières Et rallumons le feu.
Que de miracles on va voir Si le ciel ne s'en mêle !
Sur des biens qu'on voudrait ravoir
Faisons tomber la grêle.
Publions que Jésus-Christ Par la poste nous écrit ^.
En vendant des prières, Vite soufflons, soufflons, morbleu !
Éteignons les lumières Et rallumons le feu.
Chassons les autres baladins ;
Divisons les familles.
En jetant la pierre aux mondains,
Perdons femmes et filles.
Que tout le sexe enflammé iS'ous chante un Asperges me.
En vendant des prières.
Vite soufflons, soufflons, morbleu !
Éteignons les lumières Et rallumons le feu.
Par Ravaillac et Jean Châtel, Plaçons dans chaque prône.
1. A cette époque, on répandait dans les campagnes un; prétendue lettre de Jésus-Christ.
Non point le trône sur l'autel,
Mais l'autel sur le trône.
Comme aux bons temps féodaux, Que les rois soient nos bedeaux.
En vendant des prières, Vite soufflons, soufflons, morbleu!
Éteignons les lumières
Et rallumons le feu.
L'Intolérance, front levé.
Reprendra son allure; Les protestants n'ont point trouvé
D'onguent pour la brûlure.
Les philosophes aussi Déjà sentent le roussi.
En vendant des prières, Vite soufflons, soufflons, morbleu!
Éteignons les lumières
Et rallumons le feu.
Le diable, après ce mandement,
Vient convertir la France.
Guerre au nouvel enseitrnement.
Et gloire à l'ignorance !
Le jour fuit et les cagots Dansent autour des fagots.
En vendant des prières.
Vite soufflons, soufflons, morbleu! ,
) ois.
Éteignons les lumières Et rallumons le feu.
LE BON MEiNAGE.
Air de la Légère.
Commissaire!
Commissaire!
Colin bat sa ménagère.
Commissaire, Laissez faire; Pour Tamour C'est un beau jour.
Commissaire du quartier, Cela point ne vous regarde; Point n'est besoin de la garde Qu'appelle en vain le portier.
Oui, Colin bat sa Colette; Mais ainsi, tous les lundis, L'amour, aux cris qu'elle jette, S'éveille dans leur taudis.
Commissaire!
Commissaire!
Colin bat sa ménagère.
Commissaire, Laissez faire; Pour l'amour C'est un beau jour.
DE BERANGER. i
Colin est un gros garçon
Qui chante dès qu'il s'éveille;
Colette, ronde et vermeille,
A- la gaité du pinson.
Chez eux la haine est sans force;
Car tous deux, de leur plein gré,
Pour se passer du divorce
Se sont passés du curé.
Commissaire !
Commissaire !
Colin bat sa ménagère.
Commissaire, Laissez faire ; Pour l'amour C'est un beau jour.
Bras dessus et bras dessous, Chaque soir à la guinguette S'en vont Colin et Colette Sabler du vin à six sous.
C'est pour trinquer sous l'ombrage Oîi, sans témoin, fut passé Leur contrat de mariage.
Sur un banc qu'ils ont cassé.
Commissaire !
Commissaire!
Colin bat sa ménagère.
Commissaire, Laissez faire ; Pour l'amour C'est un beau jour.
Parfois pour d'autres attraits Colin se met en dépense; Mais Colette a pris l'avance, Et s'en venge encore après.
On aura fait quelque conte, Et, de dépit transportés, Peut-être ils règlent le compte De leurs infidélités.
Commissaire !
Commissaire!
Colin bat sa ménagère.
Commissaire, Laissez faire ; Pour l'amour C'est un beau jour.
Commissaire du quartier, Cela point ne vous regarde; Point n'est besoin de la garde Qu'appelle en vain le portier.
Déjà sans doute on s'embra-sse.
Et dans son lit, à loisir, Demain Colette, un peu lasse, Ne s'en prendra qu'au plaisir.
Commissaire!
Commissaire!
Colin bat sa ménagère.
Commissaire, Laissez faire ; Pour l'amour C'est un beau jour.