DEO GRATIAS D'L^ EPICURIEN
Air : Tout le long de la rivière.
Dans ce siècle d'impiété.
L'on rit du Benedicite, iFaut-il qu'à peine il m'en souvienne!
Mais, pour que l'appétit revienne.
Je dis mes grâces lorsqu'enfin Je n'ai plus soif, je n'ai plus faim : Toujours l'espoir suit le plaisir qui passe. Que vous êtes bon , mon Dieu ! je vous rends grâce, 0 mon Dieu! mon Dieu ! je vous rends grâce.
Mon voisin, faible du cerveau,
Ne boit jamais son vin sans eau ; Rien qu'à voir mousser le Champagne, Déjà la migraine le gagne, Tandis que pur, et coup pour coup, Pour ma santé je bois beaucoup.
Vous savez seul comment tout cela passe. Quevousêtesbon, mon Dieu ! je vous rends grâce.
0 mon Dieu ! mon Dieu ! je vous rends grâce.
De soupçons jaloux assiégé, Dorval n'a ni bu ni mangé.
Cet époux sans philosophie, Par bonheur, de nous se défie.
Et tient sa femme, aux yeux si doux.
Sous triple porte à deux verrous :
Par la fenêtre il fait tout pour qu'on passe. Oue vous êtes bon. mon Dieu! je vous rends grâce, 0 mon Dieu! mon Dieu! je vous rends grâce.
Certain soir, monsieur célébra
Une déesse d'Opéra.
Pour prix d'un grain d'encens profane.
Vite au régime on le condamne ;
Sans accident, moi j'ai fêté
Huit danseuses de la Gaîté.
Pour un miracle on veut que cela passe. Quevous êtes bon, mon Dieu! je vous rends grâce, 0 mon Dieu ! mon Dieu ! je vous rends grâce.
Mais quel convive, assis là-bas, N'ose rire et ne chante pas?
Chut! me dit-on, c'est un vrai sage
Qui dans les cours a fait naufrage.
Quoi! chez nous cet homme rêveur
Des rois regrette la faveur!
Plus sage, moi, je sais comme on s'en passe, vous êtes bon, mon Dieu! je vous rends grâce, 0 mon Dieu! mon Dieu! je vous rends grâce.
A table trouvant tout au mieux,
.Je crois qu'un ordre exprès des deux
Tient en haleine la sagesse,
Des fous ménage la faiblesse,
Et fait de leur vie un repas,
Dont le dessert ne finit pas.
Oui, c'est ainsi que jeunesse se passe. Que vous êtes bon, monDieu! je vous rends grâce, 0 mon Dieu ! mon Dieu ! je vous rends grâce.