‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 59 sur 160 · A MES AMIS · texte numérisé non relu

A MES AMIS

Air : La pipe de tabac.

Nous verrons le temps qui nous presse Semer les rides sur nos fronts; Quoi qu'il nous reste de jeunesse, Oui, mes amis, nous vieillirons.

Mais à chaque pas voir renaître Plus de fleurs qu'on n'en peut cueillir; Faire un doux emploi de son être, Mes amis, ce n'est pas vieillir.

En vain nous égayons la vie Par le Champagne et les chansons; A table, oià le cœur nous convie.

On nous dit que nous vieillissons.

Mais jusqu'à sa dernière aurore En buvant frais s'épanouir;

Même en tremblant chanter encore, Mes amis, ce n'est pas vieillir.

Brûlons-nous pour une coquette Un encens d'abord accueilli; Bientôt peut-ôtre elle répète Que nous n'avons que trop vieilli.

Mais vivre en tout d'économie.

Moins prodiguer et mieux jouir; D'une amante faire une amie, Mes amis, ce n'est pas vieillir.

Si longtemps que l'on entretienne Le cours heureux dos passions.

Puisqu'il faut qu'enfin l'âge vienne, Qu'ensemble au moins nous vieillissions!

Chasser du coin qui nous rassemble Les maux prôls à nous assaillir; Arriver au but tous ensenible, Mes amis, ce n'est pas vieillir.

LES BILLETS D'ENTERREMExNT.

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