‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 69 sur 160 · ON SEX FICHE · texte numérisé non relu

ON SEX FICHE

Air : Le fleuve d'oubli.

De traverse en traverse, Tout va dans l'univers De travers.

Toute femme est perverse, Tout traiteur exigeant

Pour l'argent.

A tout jeu le sort nous triche; Mais enfin est-on gris,

Biribi.

On s'en fiche ! [Ter.)

Désespoir d'un ivrogne.

Vient un marchand maudit

Qui vous dit Qu'en Champagne, en Bourgogne, Les coteaux sont grêlés

Et gelés.

A tout jeu le sort nous triche; Mais enfin est-on gris,

Biribi,

On s'en fiche!

Oubliez une dette,

Chez vous entre un huissier

Bien grossier, Qui vend table et couchette, Et trouve encor de quoi

Pour le roi.

A tout jeu le sort nous triche; Mais enfin est-on gris,^

Biribi.

On s'en fiche!

Aucun plaisir n'est stable :

Pour boire est-on assis

Cinq ou six, Avant vous sous la table Tombent deux, trois amis

Endormis.

A tout jeu le sort nous triche; Mais enfui est-on gris,

Biribi.

On s'en fiche!

C'est trop d'une maîtresse :

Que je fus malheureux

Avec deux !

Que j'eus peu de sagesse D'en avoir jusqu'à trois

A la fois !

A tout jeu le sort nous triche ; Mais enfin est-on gris,

Biribi,

On s'en fiche !

De ma misanthropie Pardonnez les accès

Et l'excès; Car je crains la pépie, El je ne vois qu'abus

Et vins bus.

A tout jeu le sort nous triche ; Mais enfin est-on gris,

Biribi,

On s'en fiche ! [Ter.)

JEANîs'ETTE.

Fi des coquettes maniérées!

Fi des bégueules du irrand ton!

Je préfère à ces mijaurées Jla Jeannette, ma Jeanneton.

Jeune, irentiile, et bien faite, Elle est fraîche et rondelette ; Son œil noir est pétillant.

Prudes, vous dites sans cesse Qu'elle a le sein trop saillant :

C'est pour ma main qui le presse Un défaut bien attrayant.

Fi des coquettes maniérées!

Fi des bégueules du grand ton !

Je préfère à ces mijaurées Ma Jeannette, ma Jeanneton.

Tout son charme est dans la grâce;

Jamais rien ne l'embarrasse;

Elle est bonne et toujours rit.

Elle dit mainte sottise,

A parler jamais n'apprit;

Et cependant, quoi qu'on dise,

Ma Jeannette a de l'esprit.

Fi des coquettes maniérées!

Fi des bégueules du erand ton!

DE BERAXGER.

Je préfère à ces mijaurées Ma Jeannette, ma Jeanneton.

A table dans une fête, Cette espiègle me tient tète Pour les propos libertins.

Elle a la voix juste et pure, Sait le? plus joyeux refrains; Ouand je l'en prie, elle jure; Elle boit de tous les vins.

Fi des coquettes maniérées!

Fi des bégueules du grand ton !

Je préfère à ces mijaurées Ma Jeannette, ma Jeanneton.

Belle d'amour et de joie, Jamais d'une riche soie Son corsige n'est paré.

Sous une toile proprette Son triomphe est assuré; Et, sans nuire à sa toilette, Je la chiffonne à mon gré.

Fi des coquettes maniérées !

Fi des bégueules du grand ton !

Je préfère à ces mijaurées Ma Jeannette, ma Jeanneton.

La nuit tout me favorise; Point de voile qui me nuise,

Point d'inutiles soupirs.

Des deux mains et de la bouche

Elle attise les désirs,

Et rompit vingt fois sa couche

Dans l'ardeur de nos plaisirs.

Fi des coquettes maniérées!

Fi des bégueules du grand ton!

Je préfère à ces mijaurées Ma Jeannette, ma Jeanneton.

Page 1