‹ ŒuvresChapitre 120 sur 165 · LA FEMME DU BRACONNIER · texte numérisé non relu

LA FEMME DU BRACONNIER

AiH : Soir et matin sur la Tougère.

Un enfant dort à sa mamelle ; Elle en porte un autre à son dos. L'aîné, qu'elle traîne après elle, Gèle pieds nus dans ses sabots.

Hélas! des gardes qu'il courrouce.

Au loin, le père est prisonnier.

Dieu, veillez sur Jeanne la Housse; On a surpris le braconnier.

Je l'ai vue heureuse et parée ;

Elle causait, chantait, lisait;

Du magistcr fille adorée,

Par son bon cœur elle plaisait.

J'ai pressé sa main blanche et douce

En dansant sous le marronnier.

Dieu, veillez sur Jeanne la Rousse;

On a surpris le braconnier.

Un fermier riche et de son âge, Qu'elle espérait voir son époux, La quitta parce qu'au village On riait de ses cheveux roux;

Garnier frères Eiiteurs

D li H ft R A N G E R. 2fi0

Puis doux, puis trois : chacun repousse Jeanne, qui n'a pas un dénier.

Di(Mi, veille/, sur Jeiinne la Rousse; On a surpris le liraconnicr.

Mais un vau!i(>n (li( : « Housse ou blonde,

Moi, pour femmejc te choisis;

lùi vain les gardes font la ronde,

J'ai bon repaire et trois fusils.

l''aut-il bénir mon lit de mousse,

Du château payons l'aumônier. »

Dieu, veillez sur Jeanne la Housse;

Or) a surpris le braconnier.

Doux besoin d'être épouse et mère Fit céder Jeanne, qui, trois fois, Depuis, dans une joie amère, Accoucha seule au fond des bois.

Pauvres enfants ! chacun d'eux pousse Frais comme un boulon prinlanier.

Dieu, veillez sur Jeanne la Rousse ; On a surpris le braconnier.

Quel miracle un bon cœur opère!

Jeanne, fidèle à ses devoirs, Sourit encor; car de leur père Ses fils auront les ciieveux noirs Elle sourit, car si voix douce Hend l'espoir à son prisonnier.

Dieu, veillez sur Jeanne la Housse; On a surpris le braconnier.

ilO CHANSONS

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