‹ ŒuvresChapitre 129 sur 165 · II · texte numérisé non relu

II

Toujours enfant, gai jusqu'à faire envie, Mn étourdi vers le plaisir poussé; Pouffant (le rire à voir couler sa vie Comme le vin d'un tonneau défoncé ; Sifflant le sot sous les croix qu'il découvre, Ou sur son char le grand mal affermi; Sans s'informer par oij l'on monte au Louvre. Du pauvre peuple il est reste l'ami.

Mais, dites-vous, il avait donc des rentes? Eh! non, messieurs; il logeait au grenier. Le temps, au bruit des fêtes enivrantes, Râpait, râpait l'habit du chansonnier. Venait l'hiver: le bois manquait à l'âtre; La vitre, au nord, étincelait de fleurs; Il grelottait, mais sa muse folâtre Du pauvre peuple allait sécher les pleurs.

De l'œil des rois on a compté les larmes ; Les yeux du peuple en ont trop pour cela :

réduit à faire des copies et à barbouiller des rôles pour nourrir sa femme et ses trois enfants.

Les sociétés chantantes, dites goguettes, le recherchèrent toutes, et je crois qu'il n'en négligea aucune. Si, dans ces réunions, Debraux se laissa aller à son penchant pour la vie insouciante et joyeuse, il faut dire que par des soins utiles elles adoucirent ses derniers moments, rendus si pénibles par une maladie lente et douloureuse.

Sa pauvre famille n'a obtenu que d'incertains et faibles secours dans la répartition faite par le comité des récompenses nationales. Pourtant les chansons de Debraux, en contribuant à exalter le patriotisme du peuple, ont concouru au triomphe de Juillet, qu'à son lit de mort il a salué d'une voix défaillante.

DU IJ HUA NU nu. i'.n

La Franco alors ploiirnil l'ôclal. des arm(^s VA los i^raiulours dont \c cours l'ôbranla. Ta voix, Emile, évoquant notre histoire, Du cabaret cnnoblil les éclios ; ('/était l'asile où se cachait la G;loire: Le pauvre peuple aime tant les héros !

Hien Jeune, hélas! il descend dans la i'osse. Je l'ai conduit où, vieux, j'irai demain. Chantant au loin, des buveurs à voix fausse Aux noirs pensers m'arrachaient en chemin. Celaient ses chants que disait leur ivresse, Chants que leurs fils sauront bien rajeunir. De son passage est-il un roi qui laisse Au pauvre peuple un si doux souvenir?

De sa famille allégez l'indigence,; Riches et grands, achetez ce recueil.

A jant d'esprit passez la négligence:

Ah ! du talent le besoin est l'écueil. Ne soyez point ingrats pour nos musettes; Songez aux maux que nous adoucissons.

Pour s'en lenir au lot que vous lui faites. Le pauvre peuple a besoin de chansons.

LE PROVKHBE.

Air

Épris jadis d'une princesse, Alain vit son cœur rejeté; Simple écuyer, né sans noblesse, Comme un vilain il fut traité.

La princesse avait une dame, Dame d'honneur, fleur au déclin; Alain lui transporte sa flamme ; Il est traité comme un vilain.

La dame avait une suivante Qui tenait à la qualité, En vain de lui plaire il se vante ; Gomme un vilain il est traité.

La suivante avait sa soubrette:

Celle-ci cède au pauvre Al in.

Surprise, tant bien il la traite, Qu'on l'ait traité comme un vilain.

La suivante, qu'un mot éclaire, Court après Alain bien goûté ; La dame à son tour veut lui plaire, Comme un baron il est traité; La princesse, enfin, moins superbe.

Ouvre au galant ses draps de lin.

Depuis lors, adieu le proverbe Oui dit : Traité comme un vilain.

Di': iniUANnKu. 2d-i

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