‹ ŒuvresChapitre 128 sur 165 · CHANSON-PROSPECTUS · texte numérisé non relu

CHANSON-PROSPECTUS

POUK LliS CKUVKES DE CK CHANSONNIER.

Air : Dis-moi, soldat, dis-moi, t'en souviens-tu?

Le pauvre Emile a passé comme une ombre, Ombre joyeuse et chère aux bons vivants. Ses gais refrains vont également en nombre, Fleurs d'acacia qu'éparpillent les vents. Debraux, dix ans, régna sur la goguette. Mit l'orgue en train et les chœurs des faubourgs, Et roulant, roi, de guinguette en guinguette. Du pauvre peuple il chanta les amours.

1. Emile Debraux est mort au commencement de 1831, à l'âge de trente-trois ans. Peu de chansonniers ont pu se vanter d'une popularité égale à la sienne, qui, certes, était bien méritée. Les chansons de la Colonne; Soldat, t'en souviens-tu; Fan fan la Tulipe; Mon p' lit Miinile, etc., ont eu un succès prodigieux, non-seulement dans les guinguettes et les ateliers, mais aussi dans les salons libéraux.

L'existence de Debraux n'en resta pas moins obscure ; il ne savait ni se faire valoir ni solliciter. Pendant la Restauration, il se laissa poursuivre, juger, condamner, emprisonner sans se plaindre, et je ne sais si une seule feuille publique lui adressa deux mots de consolation. Souvent il fut

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