LES ENFANTS
Chantez plutôt notre reconnaissance; Des enfants n'ont pas tant d'esprit.
l'écrivain.
On peut chez lui célébrer la richesse, Qui trop souvent corrompit les humains.
Fruit du travail, tout l'argent do sa caisse Sans les salir a passé dans ses mains. Parfois chez nous la probité prospère; Aux grands talents parfois le ciel sourit.
les enfants.
Parlez plutôt de notre pauvre père :
Des enfants n'ont pas tant d'esprit.
l'écrivain.
Je veux surtout le peindre à la tribune. A la raison sa voix donna l'essor.
Il défendit la publique fortune, Lorsqu'aux proscrits il prodiguait son or. 11 nous montra la patrie expirante Sur des trésors que le pouvoir tarit.
les enfants.
Peignez plutôt notre mère souffrante :
Des enfants n'ont pas tant d'esprit.
l'iÎC RIVAI N.
Jo veux aussi peindre la calomnie :
Point de vertus que respectent ses traits. Mais par le soufïle une glace ternie Plus pure aux yeux brille l'instant d'après. En vain des sots il connut l'inconstance, Du citoyen la palme refleurit.
LES E N F A rs T s .
Dites plutôt qu'il est notre espérance : Des enfants n'ont pas tant d'esprit.
l'écrivain.
Pauvres enfants, je vois ce qu'il faut dire : De vos parents Jacque est l'unique appui. Les biens si chers auxquels un père aspire, Vous priez Dieu de les verser sur lui. Pour lui porter ces vœux d'une âme pure, Vous attendiez que sa porte s'ouvrît.
Plus grands que vous passent par la serrure Des enfants n'ont pas tant d'esprit.