A M. DE CHATEAUBRIAND
Air d'Octavie.
Chateaubriand, pourquoi fuir ta pairie.
Fuir son amour, notre encens et nos soins? N'entends-tu pas la France qui s'écrie : Mon beau ciel pleure une étoile de moins?
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Où (loue osl-il? so dit la IcMidro mûre. Maltu (l(»s vonis (jiip Diou seul fait changer, Pauvre aujourd'luii comme le vieil Homère, 11 frappe, liélas! au S(MiiI de l'i'l ranger.
Proscrit jadis, la naissante Amérique Nous le rendit après nos longs discords. Riche de gloire, et, Colomb poétique.
D'un nouveau monde étalant les trésors.
Le pèlerin de Grèce et d'Ion ie, Chantant plus tard le Cirque et l'Alhambra, Nous revit (ous dévots à son génie, Devant le Dieu que sa voix célébra.
De son pays, qui lui doit tant de lyres, Lorsque la sienne en pleurant s'exila, Il s'enquérait aux débris des empires Si des Français n'avaient point passé là.
C'était l'époque oii, fécondant l'histoire, La grande épée, l'effroi des nations.
Resplendissante au soleil de la gloire.
En fit sur nous rejaillir les rayons.
Ta voix résonne, et soudain ma jeunesse Brille à tes chants d'une noble rougeur ^.
1. Dans un des couplets qui précèdent celui-ci, je parle des lyres que la France doit à M. de Chateaubriand. Je ne crains pas que ce vers soit démeuli par la nouvelle école poétique, qui, née sous les ailes de l'aigle, s'est, avec raison, glorifiée souvent d'une telle origine. L'influence de
J'offre aujourd'hui, pour prix de mon ivresse, Un peu d'eau pure au pauvre voyageur.
Chateaubriand, pourquoi fuir ta patrie.
Fuir son amour, notre encens et nos soins? N'entends-tu pas la France qui s'écrie : Mon beau ciel pleure une étoile de moins ?
Des anciens rois quand revint la famille, Lui, de leur sceptre appui religieux.
Crut aux Bourbons faire adopter pour fille La Liberté, qui se passe d'aïeux.
Son élo(|uence à ces rois fit l'aumône : Prodigue fée, en ces enchantements,
l'auteur du Génie du Christianisme s'est fait ressentir également à l'étranger, et il y aurait peut-être justice à reconnaître que le chantre de Child-Harold est de la famille de René.
Après ce que je viens de rappeler du grand mouvement qu'il a donné à la poésie moderne, il importe peu à M. do Chateaubriand que je répète ici ce que j'ai dit dans ma Préface de l'influence particulière de ses ouvrages sur les études de ma jeunesse. Je crois plus à propos de faire ressouvenir qu'en 1829, M. de Chateaubriand, m'ayant honoré de marques d'intérêt et d'estime, en fut vivement réprimandé par les organes du pouvoir auquel la France était livrée. Je rougis d'avoir si faiblement acquitté ma dette envers le plus grand écrivain du siècle, surtout quand je pense qu'il a consacré quelques pages à immortaliser mes chansons. C'est un plaidoyer en leur faveur que la postérité lira sans doute; mais l'avocat le plus éloquent ne saurait gagner toutes les causes. Paisse du moins la trop grande générosité de M. de Chateaubriand ne lui donner jamais de clients plus ingrats que le chansonnier qu'il a bien voulu placer sous la protection de son génie!