‹ ŒuvresChapitre 159 sur 165 · LES ECHOS · texte numérisé non relu

LES ECHOS

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On pèche au ciel, et c'est un fait notoire Que les échos sont tous des esprits purs, Pour leurs péchés tombés en purgatoire, Dans nos vallons, dans nos bois, dans nos murs; Tant qu'ici-bas dure leur pénitence, Tout cri, tout mot, est répété par eux. C'est leur supplice ; il est cruel en France. Les échos sont trop malheureux.

Plusieurs d'entre eux, délivrés de nos fanges. Pauvres forçats par d'autres remplacés, Rentrés au ciel, à leurs frères les anges Parlaient ainsi de leurs tourments passés : Dans ses salons, ses cafés, ses écoles, Pour nous Paris est surtout bien affreux : A tous les vents il y pleut des paroles. Les échos soat trop malheureux.

L'un d'eux ajoute : A l'Institut, mes frères, J'eus pour prison des murs retentissants. Doctes concours, spectacles littéraires, M'enflaient sans fin de mots vides de sens. Uéglant science, art, vers, morale, histoire. Là, que de nains, au cerveau plat et creux,

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Prenaient ma voi\ pour lioinpcHc de gloirel Les échos sont trop inallïcureux.

Moi, dit l'écho du Pahiis de Justice, J'eus part forcée à d'absurdes arrêts.

Des becs retors et martyr et complice, Que de clients j'ai ruinés en frais!

Des gens du roi j'allongeais l'éloquence. Plus d'un haut rang ils étaient désireux, Plus leur faconde eflrayait l'innocence.

Les échos sont trop malheureux.

Un autre dit : Dans une basilique, Près de la chaire, hélas! je fus logé. Des sermonneurs ferai-je la critique Et de la foi de messieurs du clergé?

Tous en bâillant de Dieu chaniaient la gloire, Tous sur l'enfer brodaient pour les peureux; Et l'orgue seul au Très-Haut semblait croire. Les échos sont trop malheureux.

Palais-Bourbon, j'ai subi tes séances!

S'écrie enfin de tous le plus puni :

De la tribune, écueil des consciences, Un Mmuel serait encor banni.

Paix! disait-on, quand venait me surprendre Dans cent discours quelque mot généreux; Écho, paix donc! les rois vont nous entendre. Les échos sont trop malheureux.

A bas la loi qui de nous, pauvres anges, Fait les échos d'un peuple de bavards !

Clament en chœur les célestes phalanges : L'art de parler est le plus sot des arts. Nos remplaçants, dc\jà las du martyre, Se croient en butte aux esprits ténébreux; Tous ont crié : De l'enfer Dieu nous lire! Les échos soni trop malheureux.

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