‹ ŒuvresChapitre 160 sur 165 · LETTRE A B. ^VILHEM · texte numérisé non relu

LETTRE A B. ^VILHEM

A VTKf R DE I,A NOlVEtJ.L MI'tIIODE DE l'eNSEIGNEMEM MISIC.M.

Après la dernière séance de l'Orphcon de IS-IL AïK :

Mon vieil ami, ta gloire est grande :

Grâce à tes merveilleux efTorts, Des travailleurs la voix s'amende Et se plie aux savants accords.

D'une féo ns-tu la baguolte.

Pour rendre ainsi l'art familier? 11 purifiera la guinguette; Il sanctifiera l'atelier.

Wilhem, toi de qui la jeunesse Rêva Gréiry, Gluck et Mozart, Courage! à la foule en détresse Ouvre tous les trésors de l'art.

Communiquer à des sens vides

1)K Bl'.U AN(i l'IR. .'U'.»

L(>s plus nobles (Miiolions,

(l'ost (aire (mi des L!;ral);ils Imniiiles

Du soUmI (MiliiM- los rayons.

l.a niusi(|U(', source fécondo, K[)an(lant ses (lois jus(]u'en bas, Nous verrons ivres de son onde Artisans, laboureurs, soldais.

Ce concerl, puisses-tu l'étendre A tout un monde divisé!

Les cœurs sont bien près de s'entendre Quand les voix ont fraternisé.

Notre littérature est folle :

Fais-la rougir par les travaux.

De meurtres elle tient école

Et pousse à des Werther nouveaux.

On l'entend, d'excès assouvie,

En vers, en prose, s'essouffler

A décourager de la vie

Ceux qu'elle -en devrait consoler.

Des classes qu'à peine on éclaire Relevant les mœurs et les goùls, Par toi, devenu populaire, L'art va leur faire un ciel plus doux. Les notes, sylphides puissantes, .

Rendront moins lourd soc et marteau, Et feront des mains meiwrantes Tomber riiomicide couteau.

Quand tu pouvais sur notre scène Tenter un plus brillant laurier,

:nO CHANSONS NOUVELLES

Tu choisis d'alléger la chaîne Du pauvre enfant de l'ouvrier.

A tes leçons, large >-emence, La foule accourt et lu les vois, Captivant jusqu'à la démence ^, Vers le ciel diriger sa voix.

D'une œuvre et si longue et si rud.»

Auras-tu le prix mérité?

Va, ne crains [)as l'ingratitude,

lit ris-loi de la pauvreté.*

Sur la tombe, tu peax m'en croire.

Ceux dont tu charmes les douleurs

Offriront un jour à ta gloire

Des chants, des larmes et des fleurs -.

1. Les docteurs Trélat et Lcuret ont fait l'emploi le plus heureux, à la Salpêtrière et à liicêtre, de la méthode Wilhem. Les pauvres aliénés des deux sexes en ont retiré une distraction puissante, et ont pu chanter à l'église des morceaux de musique qui offraient d'assez grandes difficultés d'exécution.

2. Peu de mois après avoir adressé ces couplets à son vieil ami, l'auteur avait la douleur de voir s'accomplir lu prédiction qui les termine. "Wilhem mourut à soixante ans, pauvre, à bout de force, mais rêvant toujours à l'extension de sa méthode, fruit do vingt-deux ans de travaux; les autorités municipales et départementales, les maîtres qu'il avait formés, et la foule de ses élèves de tout âge, accompagnaient sa dépouille au cimetière, où lui furent rendus les honneurs qu'il avait le p'us enviés.

l)H HHRAN(iI':R. «71

Lb:s ru.KO.Ns de la dourse.

Pigeons, vous (iiio la imise an(i(nic Attelait au cliar des Amoui\«j, Où voloz-vous? Las! en Bernique Des rentes vous portez le cours!

Ainsi, (le tout faisant ressource.

Nobles tarés, sots parvenus, Transforment en courtiers de Bourse Les doux messagers de Vénus

De tendresse et de poésie, Quoi! l'homme en vain fut allaité.

L'or allume une frénésie Qui flétrit jusqu'à la beauté!

Pour nous punir, oiseaux fidèles, Fuyez nos cupides vautours; Aux cieux remportez sur vos ailes La poésie et les amours.

BAPTEME DE VOLTAIRE '.

AïK : Les Cloches du monastère.

La foule encombre l'église ; Les prêtres sont en émoi,

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