‹ ŒuvresChapitre 161 sur 165 · Voltaire, né en février 1694, était d'apparence si frôld · texte numérisé non relu

Voltaire, né en février 1694, était d'apparence si frôld

:r.2 CHANSONS NOUVELI.HS

C'est un garçon qu'on baptise, Fils d'un Irésorior du roi.

Le curé court en personne Dire au bedeau : Sonne! sonne!

Dig don! dig don!

Que n'avons-nous un bourdon .

Dig don ! dig don! , Bis.

Dig don! /

Le curé parle au vicaire :

Ce baptême nous fera Redorer croix, reliquaire.

Ostensoirs, et cœtera.

Même il se peut que j'accro lie De l'argent pour une cloche.

Dig don! dig don!

Que n'avons-nous un bourdon!

Dig don ! dig don!

Dig don!

Ah! crie un chantre, j'espère Que, nous livrant son cellier.

Cet enfant comme son pèi'e Un jour sera marguillier.

Qu'à son nom l'honneur s'attache D'un gros marguillier sans tache.

Dig don ! dig don!

Oue n'avons-nous un bourdon!

qu'on se contenta do l'ondoyer on famille. Son baptême n'eut lieu qu'en novembre de la même année, à Saint-André-des- Arts. Son père, notaire d'abord, devint trésorier de la cour des comptes.

Di; lu', uANf;HR. -m

Dig (lonl (lig don!

Diii (Ion!

A la marraine nn beau pri^lro Dit tout l)as : Los jolis yeux!

Madair.c, vous devez ôtre Un ange envoyé des cieux.

L'enfant qu'un ange patronne Est un saint que Dieu nous donne

Dig don! dig don !

Que n'avons-nous un bourdon!

Dig don! dig don!

Dig don!

De sa mère, ajoute un diacre, Ce fils aura tout l'esprit.

Qu'à la chaire il se consacre :

Il vengera Jésus-Christ.

Qui sait, à sa voix peut-être Plus d'un bûcher doit renaître.

Dig don ! dig don!

Que n'avons-nous un bourdon!

Dis; don! dis: don!

Dig don !

Mais du ciel tombe un fantôme!

C'est Rabelais, grand moqueur, Qui leur dit : Dans ce vieux tome J'ai chanté jadis au chœur.

Sur cet enfant qu'on baptise Dieu veut que je prophétise, Dig don! dig don!

374 CHANSONS NOUVELLFÎS

Oiie n'avcz-vous un bounljn!

don! dig ^ Di'' don!

Dig don! dig don!

Nous nommons François-Marie Ce garçon, dit le parrain.

Le fantôme se récrie :

De tels noms ne lui vont brin.

La Gloire, à son baptistère, Lui donnera nom Voltaire.

Dig don! dig don !

Que n'avez-vous un bourdon!

Dig don! dig don!

Dig don!

Dans ce marmot, tête énorme, Germe un puissant écrivain Qui doit, en fait de réforme, Passer Luther et Calvin.

S-'ots préjugés, il vous sape.

Gare à vous, monsieur du pape

Dig don! dig don!

Que n'avez-vous un bourdon !

Dig don! dig don*J Dig don!

Ce Rabelais, qu'on l'arrête !

Dit le curé s'écliaufTant.

Pour nous un dîner s'apprête Chez le père de l'enfant!

De cadeaux il nous accable :

Baptisons fût-ce le diable!

1 1 !•: H 1 ; li A N G i<; r. biô

Dig (Ion! (lig donl Quo n'iivons-iious un bourdon!

Diir (Ion! dig don!

Dig don!

Le fanlôme, qui s'envole, Crie aux prêtres : Avant peu, Voltaire, encore à l'école, En jouant y met le feu.

Ce feu chez vous va s'étendre :

Aux cloches il faut vous pendre.

Dig don! dig don!

Que n'avez-vous un bourdon! \

Dig don! dig don! [ Bis.

Dig donl

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