II
L'Espérance essuyer nos pleurs :
Lisette, apporte et du vin et des fleurs. Narguant des lois sévères, Troubadours et trouvères Au nez des rois vidaient gaiement leurs verres.
Toi, doux rimeur que la beauté Mène par la lisière.
Unis parfois le lierre Aux roses de la Volupté.
Coupe remplie Par la F'olie Met en gaieté femme tendre et jolie.
La colombe d'Anacréon, Dans la coupe de ce barbon, Buvait d'un vin père de la chanson.
Narguant des lois sévères, Troubadours et trouvères Au nez des rois vidaient gaiement leurs verres.
Toi qui fais de religion Parade à chaque rime, Qui sur la double cime Fais grimper la procession, Ta muse en masque Est lourde et flasque; Mais qu'un tendron te tire par la basque, Tu lui souris; et le bon vin Pour toi ne vieillit pas en vain.
Beau joueur d'orgue au service divin.
Narguant des lois sévères, Troubadours et trouvères Au nez des rois vidaient gaiement leurs verres.
Dic m: R A N G F, li. 111
Toi (lui prends Hoilciui itMur jtsaulier. Du joui; je te (li'lic.
Yeu\-lii, |)ic's (le Tluilio, Do Regnard (Mro riicrilicr?
De colto inuse Parfois abuse»; Enivre-la; Molière esl Ion excuse.
Klle na(iuil sur un (oinieau :
Pour lui rendre un éclat nouveau, Puise la joie au fond de son berceau.
Narguant des lois sévères, Troubadours et trouvères Au nez des rois vidaient gaiement leurs verres.
Du romantisme jeune appui, Descends de tes nuages ; Tes torrents, tes orages.
Ceignent ton front d'un pâle ennui.
Mon camarade, Tiens, bois rasade; C'est un juiep pour ton cerveau malade. Entre naître et mourir, hélas!
Puisqu'on ne fait que quelques pas, On peut aller de travers ici-bas.
Narguant des lois sévères.
Troubadours et trouvères Au nez des rois vidaient gaiement leurs verres.
Oui, trouvères et troubadours
Sablaient force Champagne,
Mais je bats la campagne : L'ode et le vin font de ces tours.
112 CIIANS(JNS
Le ciel nous dule D'uno marotte Tour à tour grave, et quinteuse, et falote. Le soleil s'est levé joyeux, Le front barbouillé de vin vieux.
Ah! tout poëte est le jouet dos dieux. Narguant des lois sévères, Troubadours et trouvères Au nez des rois vidaient gaiement leurs verrez