‹ ŒuvresChapitre 52 sur 165 · LES ESCLAVES GAULOIS · texte numérisé non relu

LES ESCLAVES GAULOIS

CHANSON A D 11 E S S É E A MANUEL. Air : Un soldat, par un coup funeste.

D'anciens Gaulois, pauvres esclaves, Un soir qu'autour d'eux tout dormait, Levaient la dîme sur les caves Du maître qui les opprimait.

Leur gaieté s'éveille:

« Ah! dit l'un d'eux, nous faisons des jaloux. L'esclave est roi quand le maître sommeille. Enivrons-nous ! (4 fois.)

« Amis, ce vin par notre maître Fut confisqué sur des Gaulois Bannis du sol qui les vit naître.

Le jour mèine où mouraient nos lois.

Sur nos fers qu'il rouille,

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I.(> ({Mn})^ écrit VÀi^o d'un vin si doux. Dos mallKMinnix j)arlai;(^oiis la dépouille. Knivrons-nous!

« Savoz-vous où i;it riuiinblo })iorro Des guerriers morts de noire temps? La plus d'épouses en prière; Là plus de fleurs, même au printemps.

La lyre attendrie Ne redit plus leurs noms eiïacés tous.

Nargue du sot qui meurt pour la patrie ! Enivrons-nous!

« La Liberté conspire encore Avec des restes de vertu ; lîlle nous dit: Voici l'aurore; Peuple, toujours dormiras-tu?

Déité qu'on vante, Recrute ailleurs des martyrs et des fous. L'or te corrompt, la gloire t'épouvante. Enivrons-nous!

<( Oui, toute espérance est iDannie; Ne comptons plus les maux soufferts.

Le marteau de la tyrannie Sur les autels rive nos fers.

« Au monde en tutelle.

Dieux tout-puissants, quel exemple offrez-vous ! Au char des rois un prêtre vous attelle. » Enivrons-nous!

« Rions des dieux, sifflons les sages, Flattons nos maîtres absolus;

Donnons-leur nos fils pour otages:

On vit (le honte, on n'en meurt plus.

Le plaisir nous venge; Sur nous du sort il fait glisser les coups. Traînons gaiement nos chaînes dans la fange! Enivrons-nous ! »

Le maître entend leurs chants d'ivresse; Il cric à des valets : « Courez !

Qu'un fouet dissipe l'allégresse De ces Gaulois dégénérés. »

Du tyran qui gronde Prêts à subir la sentence à genoux.

Pauvres Gaulois, sous qui trembla le monde, Enivrons-nous !

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