‹ ŒuvresChapitre 9 sur 165 · POUR LA PUBLICATION DE MON RECUEIL · texte numérisé non relu

POUR LA PUBLICATION DE MON RECUEIL

Air : Halte-là.

Quittez la lyre, ô ma muse !

Et déchiffrez ce mandat.

Vous voyez qu'on vous accuse De plusieurs crimes d'État.

Pour un interrogatoire Au Palais comparaissons.

Dli Ui;i{ ANCi KR. r.t

IMus (le (•liaiisoiis pour la gloiro !

Pour rr.iiioiir plus de chansons!

Suivez-moi I

C'osL la loi.

Suivi'z-nioi, de par le roi.

Nous marchons, et je découvre L'asile des souverains.

Muse, la Fronde en ce Louvre Vit pénétrer ses refrains ^.

Au Qui vive ? d'ordonnance Alors, prompte à s'avancer, La chanson répondait : France i Les gardes laissaient passer.

Suivez-moi!

C'est la loi.

Suivez-moi, de par le roi.

La justice nous appelle De l'autre côté de l'eau.

Voici la Sainte-Chapelle Oiî l'on pria pourBoileau 2.

S'il renaissait, ce grand maître, Le clergé, remis en train, En prison ferait peut-être Fourrer l'auteur du Lutrin.

1. Jamais plus de chausons ne furent lancées de part et d'autre qu'à l'époque de la Fronde ; et Blet et Marigny, chansonniers du temps, ne furent l'objet d'aucune poursuite.

2. On sait que Boileau fut enterré dans l'église située sous la Sainte-Chapelle, où l'on voyait le fameux lutrin qui inspira l'un des ouvrages les plus parfaits de notre langue.

Suivez-moi !

C'est la loi.

Suivez-moi, de par le roi.

Là, (levant ce péristyle, Un tribunal impuissant Au bûcher livra VÉmile'^^- Phénix toujours renaissant.

Muse, de vos chansonnettes Aujourd'hui l'on va tâcher De faire des allumettes Pour ranimer ce bûcher.

Suivez-moi !

C'est la loi.

Suivez-moi, de par le roi.

Muse, voici la grand'sallc...

Hé quoi ! vous fuyez devant Des gens en robe un peu sale, Par vous piqués trop souvent!

Revenez donc, pauvre sotte.

Voir prendre à vos ennemis, Pour peser une marotte, Les balances de ïhémJs.

Suivez-moi !

C'est la loi.

Suivez-moi, de par le roi.

Elle fuit, et chez le juge

1 On sait également que, par arrêt du parlement, l'Emile fut brûlé par la main du bourreau, et son auteur décrété de prise de corps.

DE liKRANGEIl. 21

J'oiilro, ci puis enfin je sors.

Mais devinez quel refuge Ma muse avait i)ris alors:

GaiomcMU avec la i:;risene D'un [)rôsidenl, bon liumain, l]ette folle, à la buvette, Répétait, le verre en main:

Suivez-moi!

C'est la loi.

Suivez-moi, de par le roi.

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