‹ ŒuvresChapitre 92 sur 165 · LES LUTINS DE MONTLIIÉRL · texte numérisé non relu

LES LUTINS DE MONTLIIÉRL

Air : Ce soir-là sous son ombrage.

A pied, la nuit, en voyage, Je m'étais mis à l'abri Contre le vent et l'orage.

Dans la tour de Montlhéri.

Je chantais, lorsqu'un long rire D'épouvante m'a glacé ;

Puis tout haut j'entends dire :

Notre règne est passé.

Des fullets brillent dans l'ombre,

Et la voix que j'entendais

Se mêle aux cris d'un grand nombre

De lutins, de farfadets.

Au bruit d'une aigre trompette

Le sabbat a commencé.

Plus haut la voix répète :

Notre règne est passé.

« Non, dit la voix, plus de fêtes!

Ksprits, vite délogeons.

La liaison, par ses conquêtes, Nous bannit des vieux donjons.

Le monde a changé d'oracles; Nos prodiges ont cessé.

L'homme fait des miracles;

Notre règne est passé.

« Nous donnâmes à la Grèce Ces dieux créés pour les sens.

Dont l'éternelle jeunesse Vivait de fleurs et d'encens.

Dans la Gaule ericor sauvage Pour nous le sang fut versé.

Hélas! même au village

Notre règne est passé.

M On nous vit, sous vos trophées.

Paladins et troubadours, Enchaîner aux pieds des fées Les rois, les saints, les Amours.

La magie à notre empire

OP, BBRANOF.R. 191

Souinil II' cjol courrouco.

Dos sorciors j'entends rire; Noire règne est piissé.

« La raison nous exorcise; l^'sprits, fuyons sans rolour. t> La voix se (ait... 0 surprisel J'ai cru voir crouler la tour.

De leur retraite chérie Tous ont fui d'un vol pressé.

Au loin la voix s'écrie :

Noire règne est passé.

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