‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 11 sur 189 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

" iiients, sortis de la confusion, deviennent dociles < à riiarinonie. Les limites de la propriété et des «< héritages, marquées seulement dans le ciel, vont " se dessiner sur la terre. Les facultés humaines '< entrent en partage de lempire universel. Le vieux «Titan, qui na plus à livrer une guerre terrihle «aux forces maintenant domptées de la nature, «« pourra égaler encore les héros de Tâge qui com- .. mcnce. M les Lapithes, ni les Centaures, ni les «Telchines, ni les Cyclopes, ni les hardis naviga- « teurs qui montèrent avec lui le navire Argo, ne "le surpassèrent. Gloire au père d'Eurydice, de « celle qui fut le vrai sourire de la bonté céleste. Virae magnanimes du Latium, vous vous en alar- « mericz en vain, Eurydice est le gage d\ine vertu «nouvelle, qui doit se développer successivement; « cette vertu nouvelle est l'équité opposée à la force. ' L'isonomie, autre nom deféquité, pénétrera gra- « duellement au sein de toute ville, quel que soit ' son fondateur, quelle soit Vola, Oppidum ou « Asti. Dès que la lutte des éléments a été finie, la « lutte des facultés humaines a dû commencer. »>

Après ce coup d'œil de l'inspiration jeté sui' lavenir, Thamyris reprit son récit en ces mots :

« 11 eût été difficile de trouver une beauté plus acconn)lie qu'Eurydice, lorscju'ello fut parvenue

OIU'IIKE.

à sou (juiii/ièiiic ])riiiteiin).s. Elle était la joie; de son \ini\ ])(Me et de sa mère vertueuse; ils j)la(j'aieut 1 un et 1 autre sur elle leurs plus douces espérances, uioins à cause de sa forme extérieure, (ju'à cause (le ses (rénéreux seutiuieuts. Ils n'i|jnoraieut cependant pas que la beauté est une chose toute morale, et (|ue c'est là son attrait le plus puissant, la raison de son véritable empire sur les cœurs. Il n'en a pas toujours été ainsi. Les dieux, vénérable Kvandre , qui voulaient la perpétuité de notre race , destinée à se perfectionner elle-même, donnèrent d abord à l'homme des sens {grossiers , suffisants pour accomplir ce dessein de la Providence divine. Oui, il ne faut pas craindre de l'avouer, avant la naissance du monde civil, avant le règne des lois, nos ancêtres dispersés au hasard sur la surface de la terre non cultivée durent être presque réduits à la vile condition des animaux, condition malheureuse où ils ne pouvaient pas rester long -temps. Le moment est donc venu d'initier la race humaine au sentiment de la beauté et de la pudeur, initiation admirable à la(|uellc Euiydice doit bientôt contribuer. Eurydice en effet sera pour la Pélasgie barbare la prophétesse intacte de l'amour chaste et religieux. On ne sait quel avenir de prodiges était déjà sur le front ingénu de la jeune fille: ses songes lui révélaient une autre terre et d'autres cieux.

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