‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 10 sur 189 · LIVRE DEUXIÈME. iiy · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME. iiy

Le père vénérable de la jeune inspirée, qu'on croit avoir été un héros lycien , se rendit auprès de Talaon. "L'éclat de vos vertus, lui dit-il, a séduit le « cœur de ma fille Vola , et je crois qu'elle sera pour " vous la récompense d'une vie exempte de tout " reproche , si vous voulez l'accepter pour compa- •< jOfne de votre solitude. » Etonné d'un tel discours, Talaon voulut voir Vola. Il la trouva belle comme la fille la plus belle d'un Titan. Pour l'éprouver, il lui montra ses cheveux blanchis par 1 âge. « Nym- « phe sans égale, lui dit-il, pourquoi veux-tu sacri- " fier à un vieillard les heures fortunées de ta bril- « lante jeunesse?» Vola, souriant avec une grâce inexprimable, répondit: «Je ne sais qui tu es, " mais je sais que tu es grand : ta renommée , obs- « cure pour tous, éclatante pour moi ; ta renonnnée « est comme un manteau magnifique dont je vou- «drais me revêtir. J'envie ta gloire ignorée, noble « vieillard , et tes entretiens feront toute ma joie. « Ainsi donc si tu ne me trouves pas indigne de toi, «je serai ton épouse bien-aimée. C'est moi, je le « sens, c'est moi que les destins nouveaux ont dai- « gné choisir pour une œuvre toute nouvelle. Quand «je serais chargée seulement d'acquitter envers toi «les dieux que tu as honorés, les hommes à qui « tu as consacré les travaux de ta forte intelligence; « quand je devrais faire seulement que la fin de ta

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une telle laveur du ciel me suffit. Va, ne s<jis " point effrayé de ma jeunesse: mon père m'a appris les pensées sérieuses, il m'a accoutumé à •' {joTiter les /jraves discours. Ma main n est pas « iniiahile aux travaux de mou sexe, et la poésie .' m'a révélé rpjeltjues uns de ses .secrets. Oui , lor.s- (juetu me le j)ermettras, lorsrpie ton esprit, lassé " de hautes méditJitions, demand(,*ia rpieUpiC repos, "je viendrai m assecjii- à tes pieds, et je l'avirai loii " ame par de charmants concerts. » "^l'elles furent les paroles de Vola ; et dès ce jour elle devint l'heureuse épouse de 'l'alaon.

« Les dieux .sourirent à cette union ; un an s'était à peine écoulé, qu'une nymphe merveilleuse, destinée à d'immortels .souvenirs, na(|uit dans la maison du safje. Elle fut nommée Eurydice, c'est-à-dire, dans la lanrjue maternelle, la fille d(; la vision, paiceque N'ola jeconnut l'enfant (jui s était offert à elle dans un sonrje divin. "

Ici Thamyris, saisi d'un enthousiasme poétique, susj^end son récit, et prenant sa lyre il se met à chanter « un roi détrôné et fufjitif qui, exilé de ses " antiques domaines, a [)u créer une autre sorte de " royauté, a pu lemplacer j)ar d'autres clients ses « clients exterminés. Le chaos est apaisé. Les élé-

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