LIVRE HUITIÈME
qu'une portion de notre existence, une manifestation de rhomme dans le temps. Chaque homme, en arrivant dans la vie future, y arrivera avec les perfectionnements auxquels il aura été conduit par les épreuves. Il prendra dans cette vie nouvelle son point de départ du point même où il sera arrivé, s'il a su mettre à profit les épreuves. Le genre humain a des destinées générales qu il doit accomplir. Chaque être intelligent et moral, comme être individuel, a des destinées différentes qu'il doit aussi accomplir. Lorsque les destinées générales seront accomplies, les destinées individuelles, rendues à leur indépendance, continueront de subsister, et finiront toutes par être heureuses et bonnes. La diversité des esprits, dans le monde actuel, est une image et une analogie de la diversité qui régnera dans le monde futur. Le genre humain se perfectionne successivement, et perfectionne les individus. L'homme est ainsi destiné à se compléter lui-même par les facultés sympathiques qui sont en lui.
« La voix de l'obélisque cria de nouveau , elle ne cria que deux mots: «Solidarité! Réversibilité! » Ces deux mots firent frémir les néophytes; les vieillards lestèrent calmes, comme si aucune parole ne se fût fait entendre.
" Ti'ancicn des vieillards se leva , et dit : « Que les
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•( iiO()|)li>( (t's ha\aill('ii( à si; l'i'iidit; iiicilliMiis, j)lii.s "éclaires, plus comph^ts dans leur nature d'êtres » intollijf^ents et moraux. T.eurs or{yanes terrestres " périront ou seront dis|)ersés dans loccan de la «matière; et leur anie immortelle, une fois indéi< pendante des organes, sera traitée selon (pi'elle «sera ti'ouvée plus ou moins pure. Toutefois, et '< ceci est un mystère que nous n'explicjuons point, " pour aider le f>enre humain à se délivrer de l'an- " tique anathème, il a été j)artagé en deux classes «< identiques, quoique appelées à des fonctions dif- " férentes, la classe des initiateurs, et celle des ini- « tiablès. Que deux vieillards se lèvent, pour s'in- « terropfer et se répondre mutuellement. »
" Deux vieillards se Iqvèrent, et voici le dialofjue «ju'ils eurent entre eux.
" Comment s'est formée la parole de l'homme? »
• L'homme est né avec la parole, car il a toujours « pensé, et il a toujours communiqué sa pensée. "
" Comment s'est fondée la société? »
- Celui qui a fiiit l'homme la fait être social et « collectif. C'est jwur cela qu'il lui a donne une enu fonce nécessiteuse et une vieillesse infirme. "
«Qui a inventé l'agriculture, les premiers in- '< strunients du labourage? »
'< Des êtres suscités par les dieux immortels. >'
"Qui^a, le j)rcMiier, apj)rivoisé les animaux doit mestiques ? >'
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^^ M Celui qui a fait l'instinct de tous les animaux « fit celui du tiPTc pour fuir la présence de rhomme, ' et celui de l'âne ou du dromadaire pour le servir. »
« Ici les interlocuteurs changèrent de rôle, et le dialogue recommença.
« Les hiérarchies sociales sont-elles dans la na- « ture ? »
«f Dieu a voulu que les hommes fussent éprouvés « selon leurs facultés. "
« Y a-t-il plusieurs essences humaines? "
« Il n'y a que des degrés dans l'initiation. «
« Quelle est l'origine de l'esclavage? »
'(INIalheur à qui croirait que l'esclavage résulte « d'un droit! "
" Et les castes , que sont-elles ? »
" Des degrés de l'initiation. »
" Les animaux , que sont-ils dans leurs rapports ' avec l'homme? "
" Des organes ajoutés à ceux de l'homme. »
" Quelques uns ne disent-ils pas que l'esclave est " la même chose à l'égard de son maître? »
« Malheur à ceux-là ! »
>< Tous les vieillards avaient parlé. Le sage Ethiopien seul avait gardé le silence. Il se leva potir prononcer l'anathème du monde, qui doit finir par une grande conflafjration. Il s'assit après avoir prononcé les paroles sinistres de l'anathème.
L;i \oi\ i]o r(il)(''lis(|iu' se lif ciicoie ciitciKlic : «Ainsi le iiKiutlo auraiJ conmiciicc par raiiallièmc! « il Hiiirail j)ar rnnadièiiR'î »
« L'ancien des vieillards se leva nne dernière lois, et dit : « (^n'inij)orte f|ue le monde matériel périsse! i< le monde intellectnel ne périra point. » Pnisil di( comme il avait dtja dit : < Loue/ Dieu, car c'est Dieu « qui a créé l'homme, (fui la créé avec des facultés «perfectibles, avec une intelli^rence sym|)atliique «< et susceptible d'avancement. " Puis il dit encore : « Néophytes, il est bon que ceci vous soit enseigné; « rhonmie a besoin de tout apprendre, et les ani- « maux savent tout ce qu'ils doivent savoir. Voilà « pourquoi Fhonmiese perfectionne, et les animaux " ne se perfectionnent point. Les hommes ne font " qu'un par le passé et l'avenir. Tous servent à « chacun , et chacun sert à tous. Néophytes , travailler " à son propre avancement, c'est travailler à l'avan- « cernent du genre humain tout entier. C'est ainsi "que nous avons, par nos pères, vécu dans les " temps antérieurs à nous; c'est ainsi que, par nos " enfants , nous vivrons dans les temps ((ui doivent «suivre. La mort et l'immortalité se trouvent sous " chacun de nos pas , à chacune de nos pensées. «Néophytes, l'honuiie sera certainement, un jour, « complet dans sa noble nature d'être intelligent et «moral; il Fut, selon d'anciennes traditions, créé