T.IVRE HUITIÈME
'< TotUetbis loue/ Dieu, car c'est Dieu qui a créé «rhornme, qui l'a créé avec des facultés perfecti- "bles, avec une intelli{;ence sympathique et sus- " ceptible d'avancement. Que deux autres vieillards « se lèvent. » A ces mots il s'assit.
« Deux autres vieillards se levèrent, et dirent alternativement le destin et la liberté. L'un peignit avec tristesse la lutte de la volonté humaine contre la fatalité des choses. La volonté doit résister même à lobstacle qu'elle juge insurmontable. Elle combat •avec la certitude d'être vaincue. L'homme est esclave,, mais il n'accepte pas l'esclavage. C'est là le plus bel attribut de l'homme. L'autre vieillard affirma que sans la liberté il n'y aurait point de moralité dans l'homme; que ses actions seraient sans attribution de mérite ou de démérite.
« L'ancien des vieillards se leva pour dire que la vérité était dans les deux discours , et il ajouta : " Néophytes, faites-vous libres, et pratiquez la vertu. « Les dieux savent s'affranchir du destin. L'homme « en cela peut se faire semblable aux dieux. Que « deux autres vieillards se lèvent. " Il dit, et il s'assied.
«< Deux autres vieillards se levèrent. L'un exposa dans un langage monotone et sublime le système de la déchéance de l'homme. Misère de Ihumauité, cruelle nécessité de la maladie, de la vieillesse et de
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1.1 iiii'il. ((iiKiiiiiité de la doiiloiir, llc'aiix de la nature, de »|ii('llcs couleurs vous fûlcs points! TouJes les traditions se rattachent à de Funestes calastrojdies : les souvenirs de ces catastrophes sont la raison (le la terreur inlinie et ])r()lbnde ((ui lepose dans les j'clif^ions; ils sont la cause des terrihles superstitions...
«Une voix inconnue sortit de l'obélisque, et cria :« Nécessité de l'exjiiation , nécessité du sucri- « fice, nécessité de la réparation de la nature hu- « maine. »
« A cette voix les vieillards restèrent calmes^ et en silence : tous les troubles de lame parurent sur le visage des néophytes.
« Le vieillard , qui venait de parler, s'était assis; l'autre vieillard, resté debout, commença. Ce n'était point la pensée divine qu'il voulait révéler, c'était la pensée d'Orphée, pensée qui fut sans doute inspirée au poëte divin, comme toutes celles qui entrent dans lame des grands poètes. Il tient, en s'accompagnant de la lyre, un discours dont il serait impossible de rendre l'expression.
« C'était une admirable exposition du système de perfectionnement de l'être intelligent et moral. La vie que nous menons sur la terre, cette vie renfermée entre une miissance apparente et une mort également apparente, cette vie n'est dans la réalité