LIVRE NEUVIÈME
comme une participation indicible à je ne sais quelle transformation qui s'opérait par-tout en ce moment. Les oiseaux du ciel, les animaux de la terre, les arbres des forêts, les herbes des champs, les météores légers de l'air, tout s'animait à mes yeux de la même pensée, la pensée d'une immense réjjénération , d'une vaste palingénésie. Toute la chaîne de l'organisation , depuis la pierre brute jusqu'à la plus haute intelligence, était remuée à-lafois; et je me sentais entraîné par cette impulsion irrésistible. Le vieillard , qui était devenu semblable à une jeune divinité, m'enveloppait de son re- .gard doux et serein, expression pure d'une substance incorporelle. Il me dit : « Thamyris , s'il « t'était donné d'aller t'instruire dans le sanctuaire « de Lébethra, tu saurais plus de choses que n'au- « rait pu t'en apprendre Orphée, pendant que sa " vie mortelle avait besoin de se nourrir encore de " lame végétative des plantes, de lame obscure des " animaux. Je suis parvenu au terme où Ihomme " alfecte son vol vers les régions éthérées. C'est au « moment du départ que je puis dire: « Impuissance " et désuétude à ceux qui veulent retarder l'initia- « tion de la race mortelle! Ceux-là repasseront par « l'austère voie des épreuves! Adieu, Thamyris! Il " ne me reste plus ({u'à accomplir le mystère de ma » propie ré{féneration ; et il ne doit s'accouq)lir (pic
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» dans la .soliuitlc. Ainsi (juc le j)hciiix,je vais nie " irlircr à lV*cnrt |M)nr construire mon bûclici- de I' parlïinis. Knl ne peut ui'aidcr dans ce dernier « travail, dans cet enfanteuient sublime et doidou- " reux de Tanie immortelle. »
" 11 ajouta, et ce fut le dernier effort de sa voix allaihlie: «Oui, il sera un temps, un léj^slateur «viendra (jui donnera les véritables lois, les lois •' indépendantes des temps et des lieux, les lois qui «survivront aux empires. Ce {j^rand lé^ij^islateur ne « courra point le monde avec le van sur son épaule. " La société civile existera ; il n'aura à fonder ([ue « la société morale. Ce n'est point une propbétie que «tu entends, Tbamyris, c'est la contemplation « même de l'ordre éternel qui me fait parler. .Te ne « prédis pas, je vois... Tous les peuples ne sont plus « (ju'un peuple.
« O combien sont beaux les pieds de l'envoyé « céleste s'imprimant sur la vile poussière de notre «monde malheureux! ô combien sont beaux les « pieds du désiré des nations, qui ne dédaijjne ni « les carrefours des villes, ni les chemins des cam- « pagnes! ô combien sont beaux les pieds de celui « qui apporte la grande rançon! Hommes de toutes « les classes, n'en formez qu'une pour vous presser " sur les pas de celui qui est le salut de tous!... « Lyre, beauté, grâce, aujour, souffle de la vie.